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ANTIQUITÉ AFRICAINE, PEUPLE BASSA ET MODERNITÉ

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Un de nos camarades nous faisait savoir un jour que la meilleure façon de cacher une information à un Africain, c´était de la consigner dans un livre ; alors l´Africain ne la retrouverait pas, car il  n´affectionnerait pas beaucoup la lecture. Combien d´Africaines et d´Africains savent-ils et sont-ils convaincus aujourd´hui que l´Afrique dispose d´une histoire antique et ancienne digne d´être analysée pour dégager les continuités et les discontinuités des processus historiques africains,  le but étant de les évaluer aux fins de retenir les solutions que nos ancêtres apportaient aux défis existentiels auxquels ils étaient confrontés ?

Combien d´Africain(e)s  savent-ils que la plupart des peuples de l´Afrique subsaharienne sont originaires de l´Empire antique du bassin nilotique, qui comprenait l´Égypte pharaonique antique et la Nubie /l´Ethiopie ancienne – le Soudan actuel --  et une partie de l´Éthiopie contemporaine? En effet, ce ne sont que les pygmées qui peuvent être considérés comme les véritables autochtones de la forêt, car ils la connaissent et la maîtrisent sur le bout de leurs doigts. N´a-t-on pas plutôt lu certains textes publiés par des universitaires africains ou d´ailleurs contester, en dépit des preuves accablantes -- dont le deuxième livre et la première partie du troisième livre des « Histoires » du Grec Hérodote – de la thèse d´une Égypte pharaonique antique fondée, peuplée, habitée et bâtie par les Noirs, ancêtres des Subsahariens d´Afrique ? Ne considère-t-on pas aujourd´hui tout partisan de cette thèse comme un Afro-centriste ? Hérodote, l´historien, géographe et ethnologue grec de l´antiquité, serait-il donc un Afro-centriste, lui qui avait soutenu cette thèse dans l´antiquité, bien avant le Sénégalais Cheikh Anta Diop ?

Nous avons personnellement entendu -- sur les ondes d´une station de radio française -- un journaliste de cette station arguer que la thèse de Cheikh Anta Diop serait difficilement défendable ou justifiable. Cependant, ce que la plupart des pourfendeurs de cette thèse ignorent, c´est que ce n´est même pas le savant sénégalais qui en est le père; c´est plutôt l´historien et l´historiographe grec Hérodote qui est le véritable père de cette thèse.

Le Romain Cicéron considérait Hérodote comme le père de l´historiographie. Dans son ouvrage intitulé Poétique,  le philosophe, savant et érudit Aristote est d´avis qu´ Hérodote est l´historien et l´historiographe par excellence. En fait, il le déclare en comparant l´Écrivain en général à l´ Historien aux fins de mettre en évidence les différences de leurs œuvres ; tandis que l´Écrivain affabule, l´Historien ne relate que ce qui a réellement eu lieu ; le contenu des textes de l´historien se rapporte aux faits. L´historien n´invente rien ; à ce titre, l´autre déclarait : « L´historien est le journaliste du passé comme le journaliste est l´historien du présent. »

C´est sur cette base qu´Hérodote -- qui vécut dans l´antiquité, qui parcourut des territoires en Afrique, en Asie et en Europe et y fit des recherches – rédigea ses neuf livres d´Histoire ancienne. L´historien, l´ethnographe et le géographe  grec y expose même ses méthodes de recherche; le Grec recourt à l´observation, aux entretiens avec les natifs du pays, au recoupement et à l´analyse. Ces méthodes et/ou stratégies de recherche sont encore utilisées de nos jours en sciences sociales et humaines. Dans le deuxième livre consacré à l´Égypte antique, il nous apprend que les habitants de ce pays avait la peau noire et les cheveux crépus – exactement comme les Subsahariens de nos jours. Une partie du troisième livre continue à traiter de l´Égypte ancienne, de l´Éthiopie ancienne et de l´Inde. C´est en lisant le troisième livre que le lecteur se rend compte que les Éthiopiens et certaines populations indiennes étaient des Noirs comme les Égyptiens.

Les habitants de l´Egypte pharaonique étaient des Noirs aux cheveux crépus

Tout lecteur de cet article peut vérifier tout ce que nous venons d´affirmer en empruntant ou en se procurant les Histoires d´Hérodote. Cet ensemble de neuf livres a été traduit en plusieurs langues, dont le français, l´anglais, l´allemand, l´espagnol et l´italien, les cinq langues européennes que nous savons. Les lectrices et lecteurs de cet article peuvent vérifier toutes nos affirmations en consultant et/ou en lisant les deuxième et troisième livres des « Histoires » d´Hérodote.

Normalement, le peuplement de l´Egypte antique pharaonique ne devrait pas poser de problème quelconque en égyptologie ou en histoire ancienne, car Hérodote, qui rencontra les anciens Egyptiens et les sacrificateurs de la divinité Ptah lors de son voyage en Égypte dans l´antiquité, soutient, sans ambages, dans son deuxième livre que les habitants de l´Égypte  pharaonique étaient des Noirs aux cheveux crépus. Une récente version allemande traduit même ce passage par le vocable 'nègres', pour signifier que les habitants de l´Égypte antique pharaonique étaient des 'nègres'.

Les questions qui surgiraient tout de suite à l´esprit sont celles de savoir pourquoi les pharaons et les gens de l´Égypte antique sont souvent présentés comme des hommes et femmes à la peau très claire ? Pourquoi la question du peuplement et de la descendance des pharaons et des anciens Égyptiens est-elle souvent escamotée ou passée sous silence ? La réponse se conçoit aussi aisément : les réalisations des ancêtres des Subsahariens en Égypte antique continuent de fasciner le monde entier à tel point que cette admiration a donné lieu à l´établissement d´une matière dénommée « égyptologie ». Celle dernière est enseignée dans les universités à travers la planète. En outre, beaucoup de personnes -- des plus petites au plus grandes --, à travers la planète, sont atteintes d´« égyptomanie ». Dire clairement aux étudiants en égyptologie, aux visiteurs des musées ou aux amateurs de l´antiquité égyptienne que l´explosion culturelle en Égypte pharaonique fut l´œuvre des ancêtres des Subsahariens actuels, c´est dénoncer la supercherie intellectuelle, tout comme celle des artefacts et autres images qui présentent souvent les anciens Égyptiens comme des leucodermes ou humains à la peau claire, alors qu´Hérodote, qui rencontra personnellement les anciens Égyptiens, rapporte que ces derniers avaient une peau nettement noire et des cheveux crépus.

Même les égyptologues et historiens qui signèrent des articles de l´ouvrage collectif L´Uomo egiziano – en français L´Homme égyptien --, dont la publication fut dirigée par l´Italien Sergio Donadoni, n´abordent pas les questions du peuplement de l´Égypte ancienne et du portrait physique de l´Homme égyptien de l´antiquité, alors que certaines contributions dans ce livre louent le travail qu´effectua Hérodote. Ce dernier brosse le portrait physique de l´Homme égyptien de l´antiquité, jusqu´à indiquer la couleur de sa peau et la forme de sa chevelure.  

Les anciens Égyptiens appelaient Menes (en langue grecque) Mis

Par ailleurs, nous nous rappelons ce que nous disait un de nos anciens camarades il y a de cela plusieurs années. Cet ancien camarade d´études s´appelle Michael Breiling ; ce dernier  naquit en 1966 à Coblence-sur-le-Rhein (Koblenz am Rhein en allemand), en Allemagne. Il avait étudié égyptologie, entre autres. Nous lui posâmes un jour la question de savoir s´il savait que les pharaons et les populations de l´Égypte pharaonique antique avaient été des Noirs, comme ceux de l´Afrique subsaharienne contemporaine. Il nous répondit calmement qu´il le savait très bien et que cette thèse était vraie. Il ajouta qu´elle est seulement vigoureusement combattue, même dans les milieux académiques. Il nous raconta qu´il avait voulu défendre cette thèse lors d´une conférence à Bonn, en Allemagne ; mais le modérateur de la conférence se gendarma et se fâcha contre lui et fit tout pour le museler et l´empêcher de défendre publiquement, en tant qu´égyptologue, cette thèse. Ayant constaté que le modérateur refusait de lui donner la parole -- de peur de lui accorder l´occasion de révéler à l´assistance que  l´Égypte pharaonique fut, en réalité,  peuplée et bâtie par les ancêtres des Noirs d´Afrique--, il décida de  se résigner au silence. Pour ce modérateur, c´était pratiquement une question de vie ou de mort ; il ne fallait surtout pas laisser triompher la vérité, de peur de permettre aux participants de se rendre compte qu´ils sont trompés presque quotidiennement au sujet du portrait physique de l´Homme de l´Égypte ancienne. Laisser la vérité se propager à ce sujet, c´est, pour beaucoup, ouvrir la boîte de Pandore.

En réalité, l´attitude de ce modérateur était aussi due au fait que de nombreux universitaires ne sont pas au fait de l´éthique de la science et de la discussion intellectuelle. L´éthique de la science et de la discussion intellectuelle s´articule autour des normes morales fondamentales comme la liberté d´expression, l´interdit du mensonge et de la déloyauté, l´égalité de tous les participants à la discussion, la loi du meilleur argument, l´abstraction, l´exclusion ou l´élimination des éléments extérieurs tels que le pouvoir et le statut social, la reddition automatique à l´argument le plus probant, en attendant son éventuel dépassement ou sa réfutation ultérieure. D´autres universitaires ont bel et bien  appris cette éthique, mais préfèrent la sacrifier pour faire avancer des causes injustes, frauduleuses et mensongères. Toute personne ayant étudié l´éthique de la science et de la technologie, tout comme l´éthique professionnelle des enseignants, sait que les écarts par rapport à l´éthique de la science ou par rapport à celle des enseignants, sont très fréquents dans les milieux académiques et/ou universitaires ; la plupart des étudiants préfèrent cependant ne pas les dénoncer publiquement par crainte de représailles auxquelles les fautifs ou les fraudeurs auraient recours. Parfois, il est ahurissant de rencontrer des universitaires, titulaires de chaires, ne disposant pas de connaissances basiques ou suffisantes en sciences de l´éducation, en pédagogie et en didactique.

En embrayant encore une fois sur Cheikh Anta Diop et sur la thèse d´Hérodote sur le peuplement de l´Égypte, nous dirions que le mérite du savant sénégalais consista à rattacher  les peuples et les cultures de l´Afrique subsaharienne contemporaine à leurs origines antiques situées dans le bassin nilotique. Il est possible, dans bien de cas, de faire remonter les origines de la plupart des peuples de l´Afrique subsaharienne soit à L´Égypte pharaonique antique, soit à la Nubie ou à l´Afrique de l´Est. Le bassin nilotique est cette région de l´Afrique arrosée par le Nil blanc, le Nil bleu et le Nil proprement dit. Le  Nil proprement dit commence à Khartoum au Soudan, où se joignent le Nil blanc et le Nil bleu, pour former un seul fleuve, le Nil, qui traverse le nord du Soudan et toute l´Égypte, jusqu´à se jeter dans la Méditerranée. Le Nil blanc et le Nil bleu, qui alimentent le Nil, ont leurs sources au lac Victoria en Ouganda et au lac Tana en Éthiopie.

A propos des peuples africains ayant leur berceau ancestral en Égypte antique,  on peut citer les Bassas du Cameroun ; ceux-ci savent que leurs aïeux étaient originaires d´Égypte. A cet effet, les vielles personnes en région bassaá parlent souvent d´«Egipto ».  Seulement, personne ne savait jusqu´ici de quelle région de l´Égypte antique ces ancêtres des Bassas partirent pour s´établir provisoirement en Nubie – Soudan actuel et pays de Couch --, plus tard aux bords du lac Tchad, avant de prendre la direction du Cameroun méridional. Le docteur (Dr.) Eugène Wonyu, qui fut ministre au Cameroun pendant un certain temps, avait réussi à trouver la trace des Bassas en Nubie. Dans son opuscule sur l´histoire des Bassas de l´Égypte pharaonique à nos jours, il reproduit une carte sur laquelle se trouve Memphis en Basse-Egypte. Seulement, il ne disposait pas à l´époque d´éléments lui permettant de remonter jusqu´à Memphis, au delta du Nil, en Basse-Egypte.

Ce sont nos connaissances en linguistique qui nous ont permis de situer le foyer originel des Bassas à Memphis, surtout en utilisant aussi la méthode de la comparaison des cultures, tout en tenant compte du fait que certains éléments des différents aspects d´une culture peuvent s´ estomper ou simplement disparaître au fil des millénaires et des siècles.

Toutefois, nous savons par exemple que c´est à Memphis que la divinité Ptah était adorée ; Ptah était considéré comme le Dieu créateur de tout ce qui existe. Or, les Bassas disent parfois encore aujourd´hui « Tah » quand ils invoquent Dieu. Hérodote souligne dans son deuxième livre, consacré à l´Égypte antique, que les sacrificateurs de Ptah lui avaient raconté l´histoire de l´Égypte depuis le premier souverain Mis ou Menes. Les anciens Égyptiens appelaient Menes (en langue grecque) Mis ; ce sont les Grecs qui lui ont donné le nom de Menes. Pour mieux comprendre ce phénomène, on pourrait prendre un exemple : les Allemands appellent Charlemagne « Karl der Große » ( Charles le Grand ) ; les Allemands appellent Aix-la-Chapelle « Aachen ». De même, les anciens Égyptiens appelaient leur capitale « Men Nefer », les Grecs ont donné le nom de « Memphis » à cette ville. Les anciens Égyptiens appelaient leur territoire « Kmt » ; « Égypte » dérive plutôt de l´ancien grec « Aigyptos ».

En Égypte ancienne, la plupart des divinités étaient locales

Ainsi, celui que l´historiographie hébraïque appelle Mitsraïm -- fils de Cham et frère de Couch le Nubien ou le Soudanais, de Canaan et de Pouth –, est généralement considéré comme le père-fondateur de l´Égypte. Les Arabes ne l´appellent pas  Mitsraïm, mais Misr ; c´est la raison pour laquelle les Arabes appellent encore l´Égypte aujourd´hui Misr, du nom du fils de Cham. Les ancien Égyptiens appelaient donc leur dirigeant Mis, tandis que les Grecs appelaient la même personne Menes. On retrouve encore, de nos jours, le nom Mis chez les Bassas du Cameroun. Mis, en bassaá, veut dire ' les yeux'. Encore une fois, Mis était probablement un des descendants de Misr ou Mitsraïm, fils de Cham.

Néanmoins, la langue bassaá est, de nos jours, une langue bantoue, au même titre que le lingala -- du Congo/Kinshasa et du Congo/Brazzaville – et le swahili de l´Afrique de l´Est. C´est ainsi que les vocables [enfant] ou [fils] en français veulent dire [m`a´ n] en bassaá du Cameroun, [mwána] en lingala, [mwana] en swahili. [Être humain] / [personne]  en français veulent dire [mut] en bassaá, [moto] en lingala et [mtu] en swahili. [La faim] en français veut dire [njal] en bassaá, [nzala] en lingala et [njaa] en swahili. Cependant, le bassaá du Cameroun est plus proche du lingala que du swahili; [maison] en français veut dire [ndap] en bassaá,  [ndáko] en lingala et [nyumba] en swahili. [Voiture] en français veut dire [litówa] pour le singulier et [matówa] pour le pluriel en bassaá, [mótuka] en lingala et [gari] en swahili. [Dieu] en français veut dire [Nyámbè] en bassaá, [Nzámbe] en lingala et [Mungu] en swahili.

Pour en revenir au cas de Mis ou Menes, nous préciserions que c´est lui qui aménagea, ordonna et sécurisa Memphis. Selon toute vraisemblance, Mis aurait été un descendant de Misr, encore appelé Mitsraïm. Mis sécurisa Memphis, selon ce que Hérodote avait appris des sacrificateurs Ptah de Memphis. C´est pour cela que l´on rencontre aussi le nom ou patronyme « Bokmis » en bassaá. « Bok » veut dire 'arranger, aménager, ordonner'. De plus, les patriarches bassas ont perpétué une certaine tradition de mémoires historiques des Bassas ; les patriarches bassas racontent souvent, aux Bassas, l´histoire et les migrations des Bassas, par exemple avant et à partir de la Grotte sacrée. C´est une tradition qu´ils héritèrent de leurs aïeux, les sacrificateurs Ptah de Men Nefer – Memphis en grec. Encore une fois, le Grec Hérodote affirme dans son deuxième livre qu´il apprit l´histoire des débuts de l´Égypte des sacrificateurs Ptah de Memphis. Les Bassas ont aussi conservé la tradition de l´organisation de leur société et de leur univers par le truchement et le système des patriarches ; à cet égard, ils partagent cette tradition avec les Juifs, qui séjournèrent aussi, comme les aïeux des Bassas, en Basse-Egypte, dans le delta du Nil. Nous savons que ce sont les douze fils et petits-fils de Jacob Israël qui furent considérés comme patriarches du peuple Juif. Les ancêtres des Bassas auraient-ils emprunté cette tradition des patriarches aux Juifs ? Les Bassas donnent encore le nom de 'Hilolómb' à Dieu ;  'Hilolómb' signifie «Ancien des jours ». Or, Dieu est aussi désigné par l´expression « Ancien des jours » dans l´historiographie hébraïque, notamment dans le « Premier Testament » -- l´Ancien Testament de la Bible.

Dans un des deux tomes de Nations nègres et culture, Cheikh Anta Diop fait remarquer que c´est en refusant de tenir en compte le témoignage de la Bible  sur le peuplement de l´Égypte ancienne, entre autres, qu´on aboutirait à la conclusion selon laquelle l´Égypte pharaonique ne fut pas peuplée et bâtie par la descendance de Cham, c´est-à-dire les Noirs. L´historiographie hébraïque rapporte que l´Égypte était le pays de Mizraïm/Misr et de son père Cham. De nos jours, nous avons encore des Bassas qui s´appellent « Kam » ; un de nos amis bassas s´appelle exactement « Kam » ; c´est son nom de famille.

En Égypte ancienne, la plupart des divinités étaient locales. Par exemple, Ptah était une divinité adorée seulement à Men-Nefer ( Memphis) ; la divinité Ha était adorée à Sent-Nefer, ville située à l´époque aussi dans le delta du Nil. Les Bassas scindèrent, au fil des siècles, le nom « Ptah » en deux : « P » a donné « Puá », qui veut dire « père » ; « Tah » est resté inchangé ou s´écrit de nos jours « Tâ », ce qui veut dire « Père », « Seigneur » ou « Seigneur Dieu ». Et on peut multiplier beaucoup d´autres exemples faisant ressortir les ressemblances entre les cultures de l´Afrique subsaharienne actuelle et celles de l´Égypte antique pharaonique ou du bassin nilotique. Ainsi, il est probable que les ancêtres des Bamouns du Cameroun fussent originaires de Thèbes en Haute-Egypte. En fait, c´est à Thèbes qu´était vénérée la divinité « Amon ». Seule une recherche approfondie, tâchant de valider ou d´invalider l´hypothèse selon laquelle les Bamouns seraient les gens de la divinité « Amon » -- « Ba-Moun » ou « B-Amoun », les gens, ceux de ou le peuple de « Amon » --, pourrait apporter une réponse claire et convaincante à cette question.

L´innovateur Imhotep  inventa par exemple l´architecture de pierre

Ceci signifie-t-il que la plupart des Africains sont essentiellement traditionalistes, passéistes et réfractaires à toute idée de modernité ?  La modernité est une idéologie, une vision du monde, une attitude, un mode de vie s´articulant autour des valeurs comme le rationalisme, l´individualisme, l´amour de la science, de la sagesse et du progrès. Contrairement à ce que pense le commun des mortels, les rapports entre « tradition » et « modernité » sont le plus souvent -- du moins selon ce que certains conçoivent en sociologie – ceux de coexistence dialectique, car il n´existe pas de société ayant totalement abandonné une de ces deux notions au profit de l´autre.

Pourtant, il nous est déjà arrivé d´entendre des étudiants et universitaires africains et d´ailleurs déclarer que les Lumières philosophiques n´auraient jamais jailli en Afrique. Nous ne voulons pas mettre l´accent sur le cas du philosophe et juriste Antoine Guillaume Amo Afer, qui étudia en Allemagne au début du 18ème siècle, qui y devint maître de conférences et qui publia son  Traité sur l´art de philosopher avec sobriété et précision. Ce dernier ne manquait jamais de rappeler qu´il était originaire de la région du golfe de Guinée, en Afrique. Maints étudiants et universitaires africains et d´ailleurs ignorent cependant que le philosophe Ptah-Hotep de l´Égypte pharaonique, un de nos illustres aïeux, philosopha plus de 2000 ans avant Thalès, Socrate, Platon et Aristote. Ptah-Hotep est le premier être humain à avoir légué à la postérité une œuvre philosophique écrite et bien conservée ; il s´agit des Maximes de Ptah-Hotep. Les maximes font partie du versant normatif de toute philosophie ; Emmanuel Kant évoque la pertinence de la maxime dans son impératif catégorique. En fait, l´activité philosophique ou de la pensée se compose d´une dimension critique et réflexive d´une part et d´un versant normatif de l´autre. C´est à Ptah-Hotep que le monde entier doit le proverbe suivant : « On ne finit jamais d´apprendre » -- en anglais : « You live and learn »

Le génie universel Imhotep, toujours de l´Égypte pharaonique, fait aussi partie de nos illustres aïeux ; l´innovateur Imhotep  inventa par exemple l´architecture de pierre.

La philosophie moderne qui commença, du côté européen, en France et au Royaume-Uni, pour atteindre son apogée avec Emmanuel Kant au siècle des Lumières, fut animée virtuellement au même moment en Afrique, notamment en Éthiopie du 17ème siècle, par Jacob Zera et Heywat Waldä, qui rédigèrent des traités de philosophie. La nuance qui existe entre les cas européen et africain est que la philosophie moderne africaine avait atteint son apogée avec les Lumières africaines au 17ème siècle, toujours animées par Jacob Zera et son élève Heywat Waldä. Ce qui veut dire que les Lumières africaines se déroulèrent avant les Lumières européennes. La philosophie de Zera et de Waldä peut être appelée hatataïsme. Le hatataïsme n´est pas différent du rationalisme de Descartes et du criticisme d´Emmanuel Kant.

En somme, les Africains gagneraient beaucoup aujourd´hui à étudier leur histoire ancienne et leur passé, non pas pour s´y complaire, mais pour le passer au crible du bon sens afin de dégager les valeurs qui leur permettraient d´affronter avec confiance et témérité les dures réalités du monde du 21ème siècle. La modernité n´était pas étrangère à la pensée et à l´action des Africains de l´antiquité, des « temps modernes » ou du passé tout court.

Par Mathias Victorien Ntep

Francfort (Main), Allemagne


Commentaires  

 
#23 02-09-2010 09:42
Mayega a bilok bi ké je vous mettrais au parfun minute by minute sur l'avancement du projet et toutes autres informations.
beaucoup de plaisir à discutter et échanger avec vous a bilok bi ké.
mayega gandak
 
 
#22 01-09-2010 17:23
Salut, A Sang Mbai Issocka:
Je m´ entretenais meme l´ autre jour avec un ancien joueur de la Dynamo de Douala. Je vais lui en parler aussi, meme comme je sais qu´ il lit souvent "Litenlibassa.com". S´ il lit ton message avant que je ne lui en parle, ce ne sera plus une nouvelle pour lui.
 
 
#21 01-09-2010 17:17
C´ est bon, Magnan WAD. Je m´ entretenais meme l´ autre jour avec un ancien joueur de la Dynamo de Douala. Je vais lui en parler aussi, meme comme je sais qu´ il lit souvent "Litenlibassa.com". S´ il lit ton message avant que je ne lui en parle, ce ne sera plus une nouvelle pour lui.
 
 
#20 wad 01-09-2010 16:09
@issocka
voici mon mail : wwehiong@yahoo.com
suis partant pour le projet de site ou blog.
La carte de membre coûte combien ?

Citation en provenance du commentaire précédent de issocka hubert :
magnan Nmong j'ai en charge de faire un blog sur la dynamo de Douala.en fait le souci est de relancer les bana ba job, j'aimerais avoir les idées et les observations de tout un chacun sur la gestion d'un pareil projet
merci
 
 
+1 #19 01-09-2010 16:01
magnan Nmong j'ai en charge de faire un blog sur la dynamo de Douala.en fait le souci est de relancer les bana ba job, j'aimerais avoir les idées et les observations de tout un chacun sur la gestion d'un pareil projet
merci
 
 
#18 01-09-2010 14:37
@Issocka:
Si tu demandes le courriel de M. Ntep a l´ administrateur de ce site web, il te le passera. M. Ntep souhaite ,en fait, que l´ administrateur de ce site te communique le mail dont il est question.
Confirmation de M. Ntep
 
 
#17 31-08-2010 19:13
@Issocka, mr Ntep l auteur de cet article consulte trs souvent ce site il lira certainement votre demande..............
 
 
#16 31-08-2010 15:51
Magnan Hubert Claude, l´ administrateur de ce site web peut te faire parvenir le courriel / le mail de l´ auteur de cet article.
 
 
#15 30-08-2010 16:01
très bon article sur les origines des bassas. En fait tout doit être mis en oeuvre pour que les pétits bassas de demain vivent également cette histoire.
merci OSE
PS: bien voukoir me filer le mail du narrateur
 
 
#14 13-08-2010 22:28
Juste pour confirmer que le nom KAM existe chez les Bassas on le trove chez les Babimbi de Log Yede
 
 
#13 13-08-2010 18:49
A propos du nom KAM: chez les Ndog Béa, dans la lignée des Mômôs, il y a un certain KAM. Ce nom est bel et bien authentiquement Basaa.
 
 
+1 #12 11-08-2010 08:12
Merci pour ce superbe article.
 
 
#11 11-08-2010 01:32
un très bel article, raffiné tout comme l'a déjà fait le grand scientifique Mbombog Mbog Bassong dans son interview bien soutenue Le MBOG BASSA Aujourd'hui et Demain. Par ailleurs je necomprends pas ce que veut dire mon frère Yetna.leba. Si les bassas existaient avant les juifs cela ne veut pas dire qu'ils avaient le monopole de la connaissance. être aîné n'est pas synonyme de connaissance absolue dans tous les domaines.
 
 
#10 11-08-2010 01:27
un très bel article, raffiné tout comme l'a déjà fait le grand scientifique Mbombog Mbog Bassong dans son interview bien soutenue Le MBOG BASSA Aujourd'hui et Demain. Par ailleurs je necomprends pas ce que dire mon frère Yetna.leba. Si les bassas existaient avant les juifs cela ne veut pas dire qu'ils avaient le monopole de la connaissance. être aîné n'est pas synonyme de connaissance absolue dans tous les domaines.
 
 
+1 #9 09-08-2010 19:56
Chapeau manke Ntep!

Parlant de l'Egypte antik, j'ai visité ce week-end le musée de la bière à Munich, grande était ma joie d'Apprendre que les 1ers écrits sur le procesus de fabrication de lla bière date de près de 5000 ans en Egypte...et donc nègre. Nos ancêtre noirs ont dc en plus inventé la bière à base de pain, quelle fierté! Je comprend pourkoi nous en raffolons... c'est dans le sang quoi!
 
 
+1 #8 MbomboPau 09-08-2010 15:20
Hummm.. Je ne me suis jamais autant régalée durant et après un article sur LLB parlant de notre passé comme celui-ci. Wow.. M. Ntep, je crois savoir que derrière ceci, se cache une belle stratégie d'enseignement (SASE).. veuillez la partager svp car les cours d'histoire, vous savez comme moi, c'est boring lorsqu'on ne sait pas s y prendre.
Premier paragraphe very true.
Ma yéga !
 
 
#7 08-08-2010 23:00
C'est bien écrit et, je crois accessible à tous. Comme je le disais à Manmut sur l'étude de Mbog Bassong, l'histoire, la vraie, celle que désormais nous écrivons nous-mêmes, est en marche. Cela prendra le temps que ça prendra, mais elle ne sera plus falsifiée et détournée. Je pense que l'Africain a subi un traumatisme lié à l'histoire post-coloniale et colonial, de tous ces peuples qui se sont ligués contre KMT, plus encore la déportation, l'esclavage, la colonisation, etc, qui expliqueraient notre retard par rapport au monde moderne, ajouté à cela la division des populations Africaines, savamment entretenus aujourd'hui par les serviteurs du système, contre leurs propres frères, on mesure combien la route est longue et parsemée d'embuches pour une véritable émancipation. Pem, j'attends toujours tes hypothèses, que tu m'as promises, sur le démantellement, la déchéance, de l'empire Égyptien, et ses conséquences sur le reste de l'Afrique noire.
Fraternellement
 
 
#6 Manmut 08-08-2010 22:55
Belle article...mais j'aurais bien aimé savoir ce que pour vous modernité signifie dans ce contexte.
 
 
#5 wad 08-08-2010 22:46
@Nathy
Balè ini. Nsango Tep a tila longue ngadag. Yag me , me ngwes.

Citation en provenance du commentaire précédent de N.A.B :
Frére NTEP j ai adoré ce voyage dans l'Egypte en Français facile(agréable à lire) que tu viens de m'offrir. Je surlike
 
 
#4 N.A.B 08-08-2010 22:26
Frére NTEP j ai adoré ce voyage dans l'Egypte en Français facile(agréable à lire) que tu viens de m'offrir. Je surlike
 

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