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LEÇON DU 'MBOMBOG' LIKENG LI KWE DE MAYEBEK

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L´AVEUGLE ET LA FEMME MÉCHANTE

Narrateur :                    Likeng li Kwe ( Mbombog)

Lieu         :                   Mayebek ( Terroir BBM)

Contexte-Occasion:     Enterrement

Date – Heure :             27 décembre 1993 – vers 22 heures

Assistance     :             Environ 15 hommes, 8 femmes et enfants

Narrateur : Bonsoir à vous tous qui êtes assis ici aujourd´hui. J´aimerais vous raconter la petite histoire suivante : Dans un petit village, semblable au nôtre, vivait, depuis fort longtemps, un vieil homme aveugle. Cet homme aveugle n´avait personne sur qui s´appuyer. Chaque soir, il allait de maison en maison pour recevoir la nourriture des femmes du village. Chaque fois qu´on lui donnait quelque chose, il remerciait la personne généreuse avec ce dicton : « Si tu fais le bien, tu le fais pour toi-même ; si tu fais le mal, tu le fais toujours pour toi-même. » Dans le même village vivait aussi une femme méchante. Elle avait un fils. La femme méchante n´aimait pas le vieil homme. Elle empoisonna la chope contenant le vin de palme et la garda spécialement pour le vieil homme. Le soir venu, le vieil homme fit son apparition, comme d´habitude, devant la porte de la maison de cette femme. La femme méchante lui remit la cruche de vin et lui dit : « Vieil homme, j´ai commencé à préparer tard aujourd´hui. Mais je t´ai gardé un peu de vin de palme. Mon fils t´apportera quelque chose à manger demain. Le vieil homme prit la cruche de vin de palme et remercia la femme en lui adressant ses paroles habituelles : « Si tu fais le bien, tu le fais pour toi-même ; si tu fais le mal, tu le fais toujours pour toi-même. »

Le vieil homme ne savait évidemment pas que ce vin avait été empoisonné. Il rendit visite à d´autres femmes du village, obtint le couvert et regagna son gîte. Dès que le vieil homme arriva chez lui, il mangea d´abord de la nourriture qu´il avait reçue des autres femmes. Par la suite, il advint que, peu après, le fils de la femme méchante, en rentrant du champ, passa par la maison du vieil homme. Le jeune homme salua le vieux et s´apprêta aussitôt à prendre congé de lui quand ce dernier lui offrit à boire : « Mon fils, il  y a une cruche de vin de palme là au coin. Tu peux en boire une gorgée avant de continuer ton chemin. » Le pauvre enfant consomma le vin empoisonné par sa mère et garda le reste pour le vieux.

Juste après son arrivée à la demeure de sa mère, le garçon commença à sentir et à subir l´effet du poison. Sa mère lui demanda : « Mais n´a-tu encore rien mangé aujourd´hui ? » « Non », répondit le fils. « Je ne viens que de boire un peu de vin chez le vieux Makanda», ajouta-t-il. Quelques secondes après ces propos, il s´écroula et rendit l´âme devant sa mère.

Vous qui êtes rassemblés ici aujourd´hui, retenez cette histoire que nos ancêtres nous ont léguée. Elle nous enseigne la vérité que le vieil homme voulait transmettre par son dicton : Toute action que nous mènerons sur terre, qu´elle soit bonne ou mauvaise, entraînera toujours une rétribution juste et équitable.



Tirée de : Basaa – Fabeln : Aufzeichnungen aus der oralen Tradition Kameruns, publié(e)s par Yomb May, 1ère édition, © Athena ( Oberhausen) 2000, pages 13 et 14.


[Fable – historiette traduite de l´allemand par Mathias Victorien Ntep]


Commentaires  

 
#2 03-02-2011 08:52
En effet, une bonne lecon de la vie.
 
 
#1 03-02-2011 00:46
Une leçon de sagesse, pour certains c'est la loi de compensation ou encore la loi du karma.

Un bon conseil pour les fils de Ngok Lituba. Un conseil à méditer, une clef pour notre quotidien. Hii jam li gwéé nsaa longe to béba.
 

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