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L’HISTOIRE DES ORIGINES DU PEUPLE BASSA DU CAMEROUN

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 L’histoire du Cameroun commence  par  les bassa  .  Ils  sont les autochtones du Triangle national .  La base primaire des bassa était Douala et  c’est  à  Douala  que vient le nom Cameroun  .  Les explorateurs qui donnèrent le Nom à notre pays furent des  portugais  au XVIII  ème  siècle .  Ils trouvèrent une sorte de molusques sur  les eaux du Wouri  que les Camerounais appellent Mbog Tock  qui signifie casseur de cuillères  le peuple Douala venu du Congo cannaissait déjà le molusque au nom de MBéa toè ;   avec la meme signification .

Quand les portugais acostèrent au port de Douala .  Ils posèrent la question aux Doualas  qui habitaient les berges du Wouri  (   comment s’appelle cette sorte de crevette ? ) .  Les Doualas n’ont pas sû  donner le vrai nom du molusque .  Alors ,  les portugais trouvèrent le nom qui leur convenait  (  Rio dos Camaroes )  qui voulait dire à partir de ce jour votre pays s’appelera  ( Rivière de crevettes )  chaque vague d’immigrés Occidentaux   qui mettait pieds sur le sol du Cameroun utilisa la meme appellation mais  avec un diphtongue différent .

 Les Allemands ( Kamarun )

les Anglais  ( Cameroon )

les  Français (  Cameroun )

TOUT  LE CAMEROUN  POURRAIT   ETRE APPELE  BASSA  CAR  LE PEUPLE  LE  PLUS ANCIEN  DU CAMEROUN  EST LE PEUPLE BASSA .

La Confrérie du Mbog-Parlement autour du Patriarche Mbombog MBOUCK Guillaume (au centre ). L’etendard du cameroun confirme le soutien du peuple Bassa a l’Etat. Le Mbog n’est pas a l’oppose des valeurs

Les Bassa sont un peuple Bantu autochtone du Cameroun, qui s’étend jusque en Afrique de l’Ouest, où il constitue plusieurs foyers. Sa dislocation est née non seulement des mouvements migratoires qui sont à l’origine de l’éparpillement de certaines grandes tribus, mais aussi du fait de la colonisation.

Les foyers suivant ont à ce jour été recensés :

Les Bassa d’Ouesso et les Bassa la Mpasu, qui vivent au Congo Brazzaville (actuelle République du Congo) et le Zaïre(actuelle République Démocratique du Congo).

Les Bassa- Ngê que l’on retrouve du côté du confluent de la Bénoué et du Niger. D’autres souches y sont présentes telles les BASSA-NKOMO et les BASSA-KADUNA.

La souche qui a ses ramifications en Sierra-Léone, au Sénégal et au Togo est connue sous le nom de Bassa-Ri.

La souche camerounaise, qui est disséminée au Sud du Cameroun est sans doute le plus nombreux, environ un million, sur les quinze millions d’âmes que compte le pays. Au Cameroun, les Bassa se situent entre 3°45 et le 11°45 de l’est de Greenwich. On les retrouve également entre le 3°05 et le 5° de latitude nord.

Le peuple Bassa du Cameroun est composé de trois sous-groupes : BABIMBI, LIKOL et BIKOK.

Les Babimbi n’ont pas entrepris la traversée du fleuve Sanaga. Leur site naturel est situé non loin de la grotte mythique de appelée NGOG LITUBA (la pierre ouverte), vestige spirituel et sanctuaire naturel du peuple Bassa.

Les Likol qu’on appelle encore No-nlon(C’est-à-dire ceux qui sont en amont) sont localisés dans le département du Nyong – Et – Kellé, bastion arrière de la lutte pour l’indépendance du Cameroun.

Les Bikok sont situés en deçà du fleuve Sanaga, entre les Babimbi et les Likol.

 

La généalogie des Bassa

Les Bassa sont unanimes sur leur appartenance à un seul ancêtre. Ils sont tous les fils de MBAN.

Le mot ” Bassa “, tire son singulier de ” Nsa “, c’est -à – dire : la rétribution, le partage. Une querelle entre les fils de Mban au sujet du partage d’un serpent ramené de chasse aurait donné au peuple le nom ” Bassa “, qui signifie : ” les ravisseurs “.

D’autre ancêtres tribaux sont désignés, ce sont pour l’ensemble,les membres du panthéon Bassa, les SOGOL, c’est – à – dire les ancêtres des générations suivantes.

 

Le nom ” babimbi ” ne signifie rien d’autre que l’appellation que certains membres du clan ont donné à ceux qui ne voulaient plus continuer la marche, après la traversée de la Sanaga en pirogue.

L’histoire raconte que le clan de divisa en deux parties, et ceux qui restèrent furent considérés comme des indolent, d’où le terme ” Bimbi ” qui signifie littéralement être allongé, étalé, couché.

Voilà la pierre qui résume l’histoire du peuple bassa  cette pierre est sacrée  et est   implantée chez  le peuple Bati de Babimbi .   Non loin du village  Log gwari et de Ndom centre ville . Tous les  bassa  respectent  le peuple Babimbi  entant  que gardien de la pierre et des  traditions  bassa .

Comme chaque culture naît d’une société, on pourrait dire que chaque société se développe en fonction de son environnement naturel dont elle est à la fois le produit et l’agent perpétuel de transformation.

Nous Africains, pleurons devant l’action destructrice de nos peuples. Toutefois, pleurer ne signifie par renoncer ou démissionner ! nous nous lamentons de l’agressivité des politiques, tant il est vrai que comparativement à l’organisation napoléonienne de la société, le Mbog est la preuve de la maîtrise des facteurs sociologiques depuis la nuit des temps. Le pouvoir du Mbombog est un pouvoir d’ordre et d’équilibre, pour que chaque individu dans la communauté se sente en sécurité dans ses personnes et ses biens. Le Mbombog délègue ses pouvoirs aux autres confréries auxquelles il appartient. L’organisation sociale est centrée sur la famille : la polygamie et l’enfant y sont reconnus comme valeur fondamentale.

La grotte mythique de Ngog Lituba. Un pelerinage du Patriarche et des Membres de la Confrérie pour une benediction particuliere du Cameroun.

Dans sa conduite quotidienne, le Mbombog consulte les oracles avant la prise de toute décision, avant tout voyage, même pour recevoir un hôte. Le Mbog symbolise l’univers, le cosmos

en ordre, pour obtenir le contenu le plus dense possible. Il résulte de ceci que la conception de l’institution du Mbog nécessite de parfaites connaissances positives et négatives de l’univers, le dualisme dont il est question dans certaines philosophies orientales. qui signifie :

 

Le Patriarche Mbombog MBOUCK Guillaume

ranger, disposer

De ce point de vue, il ressort que selon le Mbog, chaque être humain doit être en communication consciente avec les vivants membres de son groupe, médiate avec les morts et ancêtres du groupe. Il en résulte que la vie est un ensemble constant du visible et de l’invisible, de ce qui est en haut et de ce qui est en bas. Par cet équilibre des harmonies, le respect du sacré est garanti, et la nature s’en trouve préservé. L’homme commerce librement ave cette nature à laquelle il appartient, il ne la dégrade ni ne la transforme que pour le bien de la communauté.

Vu dans ce sens, le Mbog est une véritable religion de la nature, une nature naturante et une nature naturée, dont l’ordonnancement des choses est faite par la parole. Il nous semble inutile de préciser que dans le Mbog, la parole est plus importante que l’écrit. L’histoire des grands courants spirituels du monde nous révèle qu’aucun des maîtres de la pensée n’a laissé d’écrits. C’est donc une aberration de chosifier la culture africaine sous le prétexte qu’elle est orale. Les motivations d’une telle agression sont à chercher ailleurs.

UM – Dérivé du mot ” NYUM ” qui signifie Arc – en – ciel, Le UM relie les deux rives du fleuve qui sépare le monde d’en haut et le monde d’en bas. Cette confrérie se spécialise entre autre, dans les rites de la procréation et de la perpétuation de la race. Les Um ne doivent pas être vus pas les hommes et les femmes non initiés. Au sein du UM, les initiés ont le droit de veto.

NGE – C’est la confrérie des BaNGENGE. C’est le symbole de la force sur la matière. Elle est spécialisée dans la danse sacrée, l’organisation de cérémonies funèbres des grands initiés, le traitement des intoxications de toutes sortes et l’exécution des sentences de condamnation à mort. Le NGE a des chapelles, il est aussi spécialisé dans les rituels tendant à obtenir la justice immanente, c’est le NGE NJON, domaine essentiel du NJEK. D’où l’expression : ” les Dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre “.

NJEK – Cette confrérie des BA-NJENJEGA est spécialisée dans la mise en action de la justice immanente. Sa compétence s’étend aussi bien dans le monde visible que le monde visible. La conception à la base des actions de cette confrérie repose sur le principe que les choses qui ont été en contact restent liées. Cette justice immanente ne se sépare pas du NGAMBI.

NGAMBI – Il se charge de l’information. Il a accès aux vérités les plus secrètes, présentes ou futures, par les possibilités de communication avec les ancêtres et d’interprétation des symboles. C’est un dialogue avec le lumineux.

 

En Afrique, on retrouve cette consultation des oracles dans diverses cultures, mais, il est difficile de la retrouver mêlée directement à un être vivant. Au Burkina-Faso, c’est un chacal qui sert de véhicule de divination. Les initiés interprètent les empreintes qu’il a laissées sur du sable préalablement préparé à cet effet.

Chez les Bassa, le Ngambi a plusieurs formules. La plus importante qui associe un élément naturel vivant s’appelle le NGAMBI-SI, par lequel l’ancêtre réincarné dans une araignée mygale, entretient le la communication avec les vivants. Le code de communication employé s’appelle le Dihô di Ngambi, sortes de lamelles de bois taillées et désignées par des noms propres. Ngambi Dise constitué à partir des écailles de pangolin, notamment un pangolin tué par une panthère.Elles sont peintes en gris, en rouge et en blanc. Selon les informations obtenues dans le monde invisible, l’araignée disposera les lamelles en fonction des couleurs, puis, l’initié du Ngambi interprètera le lendemain, en fonction des signes obtenus. Ajoutons le Ngambi Likon obtenu à partir des mânes d’un jumeau, Ngambi maton, etc…

KOO – En Bassa, le mot Koo signifie ” escargot “. L’importance de la Confrérie du Koo réside sur l’androgynie de l’escargot. C’est une Confrérie unique réservée aux femmes, mais elle a une emprise sur l’ensemble de la communauté. Elle est détentrice de la danse sacrée.

 

D’autres Confréries existent :

Le MBAK pour la purification des régicides, parricides, homicides volontaires. Le LIKAA pour absoudre l’inceste, le BAKON, Confrérie spécialisée dans la communication avec les mânes des morts, membres du groupe( A ne pas confondre avec le spiritisme qui implique des procédés de communication avec les démons, les esprits élémentaires qu’on appelle KON. Toutes ces Confréries travaillent harmonieusement et secrètement à la sauvegarde du groupe, du clan ou de la communauté. Elles renforcent le pouvoir du Mbombog, et sont au regard de l’observateur averti, l’émanation des pouvoirs divins. Il faut souligner ici que le Mbog est une vie, en tant qu’un tout qui renferme l’univers(partie visible et partie invisible), et en même temps, un mode d’organisation de la vie en communauté, dans le strict respect des lois naturelles et humaines. Pris dans ce contexte, la fonction de Mbombog est comparative à celle de démiurge. Il ne modifie pas la loi ancestrale, mais il y veille et la garde. Il ne fait qu’orienter la tradition vers le bon sens, vers son accomplissement, au-delà du temps.

 

Le mbombog revêt ainsi, les fonctions de gardien du peuple et des valeurs ancestrales. Il veille sur les sites naturels qui sont les vestiges de sa civilisation et de sa tradition.

Parmi les deux cent groupes ethniques que compte le Cameroun, la culture du Mbog reste détentrice du pouvoir sacré.

En effet, les conséquences de l’implantation du christianisme en Afrique ont été au plan spirituel, l’extermination des grands regroupements ethniques qui pratiquaient une religion naturelle. Dans la plupart des groupes ethniques, l’autorité traditionnelle a laissé place au prolongement de l’administration coloniale, avec l’apparition des chefferies traditionnelles, qui n’avaient cependant pas de réelle emprises sur les populations, car le peuple Bassa n’a jamais dissocié sa spiritualité de son organisation sociale. Le Mbombomg est donc à la fois le guide spirituel et le chef de la

Pendant longtemps, la présence occidentale a causé du tort aux peuples autochtones, qui ont dû renoncer pour la plupart, à leurs croyances anciennes, au profit du christianisme et de l’islam. Il nous souvient qu’il y a encore quelques années, il était interdit de célébrer le NGOINDO, culte fête traditionnelle du peuple Sawa, qui vit sur les bords du fleuve Wouri.

 

Sur le plan administratif, la colonisation a délimité les espaces géographiques en fonction des centres d’intérêt, et des richesses que ses initiateurs venaient exploiter au Cameroun. La traite négrière aura fortement contribué à isoler les peuples, qui des siècles plus tard, ont du mal à retrouver leur histoire et leurs origines.

 

Au Cameroun, le peuple Bassa a longtemps souffert et continue de souffrir de la politique coloniale et néo-coloniale, du fait de sa résistance farouche à la pénétration occidentale dans son espace de vie. En voulant préserver son biotope et son environnement, beaucoup furent exterminés, quelques uns déportés vers les sucrières brésiliennes. Mais l’irruption du colon au Cameroun n’a pas anéanti le Mbog. Une sagesse ancestrale dit :

” Le Mbog est comme la chute d’un chimpanzé : le Chimpanzé tombe et se relève, le Mog tombe et se relève “.

 

La spiritualité du Mbog est restée sauve malgré les turpitudes du peuple Bassa. Cela tient à la valeur fondamentale des initiations, et à la profonde notion du sacré, et partant du silence, qui entoure la pratique du Mbog. Une autre sagesse dit que :

” Nul ne doit sacrifier le Mbog au mouvement d’humeur ; à la colère face à ceux qui le profanent “.

 

Le Mbog reste intact ! C’est la grande révélation que les patriarches ont faite. En effet, aucune lettre n’a été ôtée de sa pratique, car même la puissance de l’argent n’a pas pu venir à bout de sa valeur essentielle. Un autre proverbe dit :

” Le Mbog ne s’échange pas contre les morceaux de vipère “, pour signifier que quelqu’un a beau être riche, puissant ou même aimable, il n’accéderait pourtant pas au Mbog s’il n’en jugé digne.

 

Le Mbog n’est pas écrit, comme c’est le cas pour la plupart des grandes religions mondiales. Le cœur est le lieu le plus sûr où l’on puisse enfouir un secret. Tout comme la Thorah, le livre de la Thorah n’est pas la Thorah ! Les écrits sur le Graal ne sont pas non plus le Graal ! Cette vérité est la garantie selon laquelle la pratique du Mbog restera à jamais inviolée. Son mode de véhicule c’est la parole.

 

LES FORMES DE PAROLE DANS LE MBOG

Le Mbog reconnaît cinq sortes de paroles :

 

– LA PAROLE DE FACE : C’est le premier savoir son rôle est d’apporter des explications simples.

 

– LA PAROLE DE CÔTÉ : C’est le deuxième savoir. Il approfondit les explications, attire l’attention sur quelques parties essentielles des rites.

 

– LA PAROLE DE DERRIÈRE : Ce troisième savoir est chargé de fournir des synthèses portant sur des vastes ensembles. Il s’applique à montrer la corrélation des choses.

 

– LA PAROLE CLAIRE : Comme l’a dit Marcel Griaule dans La Tradition orale (1952), elle ” concerne l’édifice du savoir dans la complexité ordonnée “.

 

En tant que niveau de connaissance, la parole chez les Bassa se véhicule par la langue ordinaire, mais aussi par les langues secrètes qui recèlent les textes sacrés et les modes de silence. Selon le Mbog, le microcosme humain fait de la parole un pouvoir créateur, une force transformatrice positivement et négativement. C’est en cela qu’on peut dire que le macrocosme et le microcosme, Dieu et l’homme, l’univers et la société, la globalité et la spécificité s’inscrivent en Afrique, dans un rapport d’ho morphisme.

 

FONCTION DES CONFRERIES

MBOG = Hommes-panthères et législateurs

NGE = Hommes-léopards et exécutants

UM = Hommes serpents d’eau et juges

KOO = Femmes-escargots

NGAM = Hommes-araigées et devins

Les Bassa depuis l’origine des temps, ont toujours cru en une divinité suprême. HILOLOMBI est la dénomination la plus ancienne du terme de Dieu. En même temps, c’est le terme le moins utilisé, parce que sacré et inconnu.

De mémoire d’homme, aucun Bassa n’a jamais porté ce nom. Hilolombi veut dire ” l’ancien des anciens “. Un mythe raconte qu’ ” autrefois, au commencement des siècles, Hilolombi habitait avec les hommes et leur donnait de sages conseils, en les aidant à marcher sur le chemin de la justice, du respect mutuel et de l’amour. Hélas, l’homme a bafoué sa divine présence en lui résistant, en lui désobéissant, en endurcissant toujours plus son cœur !

Au bout de sa patience, indigné et profondément déçu, Hilolombi a disparu, si bien que personne ne sait où il se trouve exactement.

Dans sa solitude, l’homme a été durement éprouvé. Privé de toute protection divine, il a mesuré les limites de son orgueil et de sa misère. Après avoir reconnu sa faiblesse dans tous les domaines, il s’est souvenu de son Dieu, de Hilolombi, qu’il avait méprisé. Dès lors il le cherche partout. ” (F. AMATO, Croyance Bassa P20-21)

A travers ce mythe s’organise toute la cosmogonie du peuple Bassa et partant, sa structuration sociale. Le peuple Bassa est resté fondamentalement lié à la nature et à ses croyances ancestrales. A côté de Hilolombi, se tiennent deux autres Dieux : BAYEMLIKOK et JOB.

Une épopée raconte et confirme l’existence de ces dieux. Elle est consignée dans le récit antique de ” Bon ba Hitong Lingom ” dans lequel on retrace la genèse, en ces termes :

” Le Soleil (Job en Bassa) déclina au ciel, oui il y un jour

Bihuga, fils de Ntet regarda

le soleil

Il toisa le soleil. “.

Un autre passage dit :

” Oui le soleil monta au ciel

Le soleil monta au ciel, le soleil s’arrêta

Sa mère suspendit la cuillère,

Elle détourna les yeux du soleil ” ;

Job est l’appellation ordinaire que les Bassa emploient pour désigner Dieu. Job veut dire ” soleil. ”

Le peuple Bassa a toujours su vivre en harmonie avec la nature. Le culte du Soleil qui est à la base du monothéisme, lui est familier.

Généralement, les nouveaux-nés étaient présentés au soleil, lors d’un rite appelé le ” YAA ” ; rite au cours duquel une jeune fille vierge tient l’enfant par le dos, tandis qu’on lui verse une eau recueillie du creux d’un arbre, laquelle est mélangée à l’eau avec laquelle l’enfant a été lavé depuis sa naissance. On verse ce mélange sur le bord de la toiture de la case familiale. Le père prononce à haute voix le nom qu’il donne à son enfant, pendant que les gouttes d’eau tombent sur le dos du nouveau-né. L’assistance en fête, scande et répète les vertus divines, celles du soleil.

Autre appellation est celle de ” Bayemlikok ” renvoie à une masse écrasante, toute puissante, contre laquelle l’homme est impuissant .Bayemlikok est un personnage insondable, insaisissable face à la sagesse limitée et fragmentée de l’homme. Petitesse et sagesse sont deux aspects de l’homme à partir desquels on peut évoquer Dieu.

Longtemps considérés comme des peuples ayant une mentalité prélogique, les civilisations africaines sont pourtant riches de savoir. Un savoir universel qu’attestent de savantes études réalisées par des chercheurs. L’ignorance et l’obscurantisme qui ont caractérisé les motivations de conquête coloniale ont un impact négatif sur nos valeurs ancestrales.

L’expansion occidentale en Afrique a donné lieu à l’abandon progressif des cultes et du mode de penser africain au profit de l’école moderne, caractérisée par la prédominance cartésienne. Pendant longtemps, les relais de cette idéologie de ” peuple primitif ” se sont succédés : L’instituteur qui enseignait jadis aux générations antérieures que nos ancêtres étaient les ” gaullois “, qu’il était important de civiliser le nègre et de lui apprendre Dieu ! Le christianisme en avant, le colonisateur à sa suite. Cette méprise est née du fait que la civilisation africaine est basée sur l’oralité, et non sur l’écriture.

 

La fonction de la parole dans l’organisation sociale du peuple Bassa.

L’appartenance passe par une longue et rude initiation pour laquelle la connaissance du règne animal, végétal, minéral, des lois qui les régissent et la maîtrise de la parole, donc sa sublimation, entraînant la sublimation de l’impétrant.

L’acquisition, la conservation et la transmission des connaissances et de la puissance de cette parole restent encore de nos jours, l’apanage des descendants initiés et désignés pour la succession.

Le Mbombog se remarque par ses caractères morales et sa valeur intellectuelle intrinsèque, son statut de notable dans la société, son charisme personnel, sa profonde connaissance des lois qui régissent les deux faces de l’univers : le visible et l’invisible.

La spiritualité du peuple Bassa est donc contenue dans son ses symboles physiques ses contes et ses légendes. Le Mbombog est donc comme le disait Amadou Hampaté Ba, une ” bibliothèque vivante “. Les vérités universelles sont consignées fidèlement dans sa mémoire, à l’aide des procédés de conservation de la mémoire. Il en est d’ailleurs de même, pour tous les peuples de la forêt.

L’arbre du Mbog enfonce ses racines jusque dans le monde invisible, à travers les confréries qui en constituent l’ossature. Le problème fondamental de nos cultures est de pouvoir les revaloriser dans un monde gagné par d’autres courants de pensées qui déshumanisent l’homme, agressent la nature et vident l’âme des peuples de la forêt.

Le Mbog a pourtant gardé intacte sa connaissance du visible et de l’invisible, mais dans une société où la déforestation est poignante, nous risquons de perdre pour toujours, les secrets contenus dans la forêt africaine. Hélas, les générations futures n’auront-elles plus de repère. Que vaut alors un peuple qui ignore son histoire, à qui l’on apprend des choses qui ne lui seront véritablement jamais utiles. Nous devons aller dans la globalisation en tenant compte de la différence.

 

Source : https://hotepafrik.wordpress.com/2013/02/08/lhistoire-des-origines-du-peuple-bassa-du-cameroun/

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