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Le bel album de Marie Ngo Lissom

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Musique. Fait avec de petits moyens, «Mé bélé mé ba» joue, avec bonheur, la carte de l’authenticité et de l’émotion.

En voilà une qui a tenu promesse. A l’issue d’un spectacle au Centre culturel français de Douala le 19 octobre 2007, Marie Ngo Lissom jure qu’on entendra parler d’elle. Avec deux autres

jeunes chanteuses, elle assure alors les chœurs pour Danielle Eog, à l’affiche ce soir-là.

Aujourd’hui, Marie Ngo Lissom est, à son tour, en haut de l’affiche. Avec « Mé belé mé ba », un album visiblement fait avec de modestes moyens. Pour un résultat agréable à l’oreille et qui touche le cœur. Férue de jazz et de soul, l’ancienne choriste d’Odile Ngaska est de celles qui, comme Coco Mbassi, chantent leur spiritualité. Avec leurs tripes. Et ce cri vient du tréfonds d’elles-mêmes.

« Mé bélé mé ba » est composé d'une douzaine de chansons, chantées et psalmodiées, pour la plupart, dans une savoureuse langue bassa. Et au rythme des airs du terroir. Et c’est là peut-être la marque de fabrique de Ngo Lissom, qui fait redécouvrir la musicalité de sa langue maternelle. Avec, ça et là, ce phrasé saccadé et inimitable des conteuses en pays bassa. Avec « Kala ni mè », « Me nla bé nin ngi we », « Mé nsobôl bé ba kii bape » ou « Afrique », Marie Ngo Lissom emmène son monde dans des ballades dépouillées de tout artifice ou fioriture. Guitare, percussions, balafon, saxophone, synthé…

Largement teinté de bolo bolo, cadence du terroir dont la chanteuse vient, cet enregistrement révèle une authenticité rare dans la cacophonie des musiques dites urbaines. La fille Lisom aurait d’ailleurs l’embarras du choix dans une région où mahoun, bolibo, ikoo ou nding sont menacés de quasi disparition. Pour ce premier travail tout en acoustique, l’artiste est allée quérir des noms bien connus de la scène : Ebodé Joseph (co-arrangeur avec Marie), Alain Oyono, Jean Paul Litcheu, Hervé Maboma, Roger Dubois Minka, Petit Jean Ahanda, Tonyé François Timothée, Patrick Olouah-Angouan’d, Coco Tchouni, etc.

Parfaite vocaliste, Marie Ngo Lissom met en effet le paquet sur les voix. Non pas seulement avec les chœurs, forcément incontournables, mais aussi avec les registres dans lesquels elle s’aventure. Il faut en effet l’avoir écoutée sur scène pour savoir qu’il lui arrive de jouer avec sa voix comme d’un instrument ordinaire. Voilà qui donne à cet album, tantôt grave et tantôt léger, la force qui suscite l’émotion et touche la sensibilité des mélomanes quels qu’ils soient. Le très recommandé « Mé bélé mé ba », titre éponyme, en deux versions ici, porte bien son nom. Marie Ngo Lissom le traduit par « Divine intervention ». Et nous, par « Divine chanson ».

 

Stéphane Tchakam

 

Source : http://www.quotidienlejour.com/actualites/7436-le-bel-album-de-marie-ngo-lissom

 

 


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