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L’accès au sein du Mbog par Mbombog Nkoth Bisseck

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Tout membre de la société, y compris les étrangers, est considéré comme membre du Mbog. La distribution du pouvoir social qui s’effectue sous l’égide de l’institution du Mbog repose essentiellement sur l’ordre des mérites individuels des différents impétrants, tels qu’ils sont identifiés par la société. Parmi les critères d’accès aux distinctions honorifiques qu’offre le Mbog, il faut considérer le critère des capacités intrinsèques de l’impétrant et celui de sa compétence culturelle comme des exigences de fond.

Les autres critères, qui sont tout aussi importants, servent surtout à opérer une sélection objective entre différents concurrents remplissant également les conditions de bases requises. C’est à ce second niveau qu’interviennent les considérations relatives au respect de l’ordre de la primogéniture, au privilège de l’âge ou à la loi de l’hérédité. L’ensemble de ces mérites et de ces exigences sont contradictoirement examinés à l’occasion du jugement au cours duquel les prétendants font valoir leurs droits d’accès au Mbog : [I kaa Mbog]
Les critères que doit satisfaire le Mbombog peuvent être classés en quatre catégories :


- Le critère de légitimité sociale : La compétence humaine et sociale étant au moins en partie héritée biologiquement ou culturellement des ascendants de tout homme, au moins un des prédécesseurs du postulant doit avoir appartenu à l’Ordre sacré du Mbog et avoir exercé sa charge dans les conditions requises.


- Le critère des capacités intrinsèques : Le postulant doit être physiquement capable de se déplacer pour assister à des réunions dans des localités distantes, pouvoir supporter de longues séances de travail, etc. Sur le plan intellectuel, il doit avoir une compréhension facile, un raisonnement clair, des capacités d’écoute et de synthèse. Il doit incarner l’éthique générale admise par la société, être doté d’une grande patience et d’une large mansuétude. Sur le plan économique, il doit pouvoir mobiliser des moyens d’action matériels suffisants pour faire face aux frais d’initiation, recevoir des convives, contribuer à la résolution des problèmes du groupe social et, en tout cas, ne pas dépendre de l’exploitation vénale de sa position.


- Le critère de la compétence culturelle : Le postulant doit posséder les bases de la sagesse traditionnelle, de l’éloquence, et connaître les règles de comportement civil et rituel élémentaires.


- L’approbation mystique : L’impétrant doit, avant de s’engager dans le processus qui aboutit à sa consécration, consulter les devins pour s’assurer que sa démarche est sans risques pour sa famille et lui. Il doit, avant de passer à la phase définitive de son sacre et tout le long de sa vie, analyser les causes de la survenance réitérée de difficultés ou l’occurrence d’événements graves le concernant ou touchant un membre de sa famille, voire le groupe social dont la protection lui incombe.


Le Mbog se transmet d’une personne à une autre dans un même clan, d’un membre d’un clan à celui d’un autre, etc. La valeur des droits d’accès au Mbog, comme pour toute contrepartie dans les échanges chez les Basaâ, est inversement proportionnelle au mérite du postulant, toutes proportions gardées.


- On peut ainsi hériter des attributs du Mbog détenus antérieurement par un parent, sur recommandation testamentaire expresse de celui-ci.


- On peut les faire passer par transmission « directe » ou mystique, d’un mort à un vivant, sans passer par la procédure d’héritage ou de régence.


- D’autres vont jusqu’à faire consacrer leur héritier de leur vivant. Cette procédure leur permet de parfaire sa formation et de se faire une idée claire de ses compétences avant de le laisser accéder aux grades supérieurs de la hiérarchie. Le successeur est alors une sorte de suppléant corégent qui n’accédera à la plénitude de sa charge qu’après la mort du titulaire.


- Ceux qui ne sont pas en position d’accès légitime direct au Mbog et aux insignes qui lui sont attachés peuvent, dans des conditions de notoriété, de responsabilité, de moralité et de fortune acceptables, les acquérir. Cette procédure reste cependant entachée d’une considération mitigée, sans doute en raison de la présomption de la faible expérience héréditaire que la société nourrit vis-à-vis du groupe qui, avec l’impétrant, est admis de cette façon dans l’institution.


Mbombog Nkoth Bisseck

Commentaires  

 
#1 07-11-2011 13:39
Me yéga MBOK
Lorsque que nous avons découvert les publications de ce grand économiste sur le MBOK, il était plus de ce monde.Dommage et triste, surtout qu il est parti très jeune.Mais tes écrits tant en économie qu en Organisation socio-politique des africains resteront une source de lumière pour nous et les générations qui nous suivront.Nous espérons que les bibang ont été bien transmis.Repose en Paix MBOMBOG.
I kété li nyang
Francis
Francis
I kété li nyang
 

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