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L’évolution au sein du Mbog

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mbombog_nkothAprès une période probatoire de longueur variable pendant laquelle l’impétrant à la science religieuse et sociale du Mbog doit faire la preuve de son éveil spirituel et de sa maturité sociale, il est introduit dans un cycle d’initiation qui commence, à proprement parler, le jour de son intronisation, et ne se terminera que le jour de sa mort.

Ce cycle comporte cinq grandes étapes qui, en principe, lui confèrent des compétences et des habilitations dans un certain nombre de domaines. Mais, en réalité, et comme dans l’Égypte ancienne, les classes sacerdotales du Mbog sont « flottantes ». L’initiation du départ ouvre au Mbombog tous les aspects de la science du Mbog qu’il lui appartiendra d’approfondir selon ses propres dispositions et opportunités. Il pourra progresser en connaissance et dans la pratique de manière relativement indépendante des consécrations publiques auxquelles donne habituellement lieu le passage de « grades ». De telle façon qu’à la fin, l’importance de la fonction ou de la place d’un Mbombog dans la hiérarchie du Mbog ne coïncide qu’exceptionnellement avec sa classe.
Quels que soient le niveau d’initiation atteint et les pouvoirs particuliers que son évolution l’amène à acquérir, le Mbombog demeure comptable de son statut et de son comportement devant la société à laquelle il ne doit jamais cesser de se référer. Celle-ci peut, en effet, disposer de lui en cas de manquements graves réitérés, soit par le rite public du [i so Mbog] ou « nettoyer le Mbog », soit de façon mystique : [i j3 Mbombog].
Toutes ces particularités de l’institution du Mbog expliquent sa pérennité autant que sa capacité à s’imposer dans un monde moderne ouvert, en évolution permanente sur tous les plans, un monde acquis au respect des droits et libertés de la personne humaine, à l’égalité des chances pour tous, à la quête de la compétence et à la nécessité de la recherche de l’assentiment général. C’est ce qui justifie le retour en force actuel de la considération pour le Mbog, de la part des populations et des élites africaines modernes en quête d’une démocratie authentique, après avoir fait l’expérience des limites des régimes de gouvernement imposés par la colonisation. Celle-ci reconnaît avoir combattu le Mbog pour pouvoir destructurer et asservir la société africaine19 :
« (…) les populations libérées de leurs terreurs religieuses se montrèrent peu à peu de moins en moins maniables (/) C’est l’évolution normale chez tous les Noirs et le rapport pour l’année 1922 à la Société des Nations le constate en ces termes : “... l’action des missions, qui précède dans ces régions l’action administrative, s’est exercée au détriment de l’autorité des chefs. Ce résultat n’a pas été cherché, mais il a découlé normalement de la lutte contre le fétichisme et les abus de la société noire (...) À côté du chef, dans le village, la mission a placé le catéchiste dont l’autorité morale, est appuyée par l’autorité d’un Blanc et qui ne peut qu’enseigner le mépris du chef fétichiste, polygame, esclavagiste et immoral (/) Au fond nous sommes près du moment où, dans cette population de la forêt, nous n’aurons plus affaire qu’à une poussière d’individus.” »
« La diffusion des idées européennes dans l’ordre social conduisait à l’anarchie, comme dans l’ordre familial elle menait à l’individualisme. Le seul frein qu’avaient jadis connu les indigènes étaient (sic) la loi religieuse et ils prenaient conscience de sa vanité... Il importait donc essentiellement d’établir une hiérarchie nouvelle et de faire sentir que le pouvoir des Blancs remplaçait l’autorité abolie de N’Gué. »

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