litenlibassa.com

 
 

 
 
 
 
You are here:
 
 

MBOG BASSA ou ETAT BASSA XVè-XIXè siecles: Dispositions constitutionnelles

Envoyer Imprimer PDF
AddThis Social Bookmark Button

              Etablie et promulguée au concile de Lituba à la fin du XVè siècle, la constitution qui régit la vie politique des Bassa, a connu plusieurs aménagements et ajustements au cours des siècles. Toutefois, sa lecture approfondie nous révèle certains aspects qui mériteraient un minimum d analyses. On peut entre autres évoquer le rapport que les autorités politiques entretiennent avec le sacré (problème de laïcité) ;

en d 'autres termes quelle est la ligne de démarcation entre le religieux et le affaires publiques ? Quelles sont les probabilités d accession à ces postes de responsabilités pour les citoyens (problème démocratie républicaine) ? Est ce un Etat républicain ou un système aristocratique ? une démocratie ou une théocratie ?

                                          ...Liberté d expression...Assemblée

          La démocratie se caractérise par la séparation des pouvoirs, le contrôle de ces pouvoirs, et la liberté d expression. On sait que le MBOK était articulé autour des institutions telles MATOUK(législatif), NGUE(exécutif), UM(judiciaire) etc... Et les assemblées telles BOMA MBOK, LIKODA li MBOK,BOMA MBAI étaient le lieu par excellence du débat contradictoire, témoignant de la vitalité démocratique du MBOK BASSA .Josef KOHLER Professeur de Droit à l Université de Berlin et pionnier de l Anthropologie juridique , déclarait :      

          « Les Basa connaissent l’institution du chef. Le chef jouit d’une voix prépondérante dans les assemblées des notables et les jugements rendus. Il peut commuer une peine capitale en une peine moindre. Ce rang et les privilèges qu’il entraîne lui demeurent acquis en temps de paix comme en temps de guerre Il n’a pas le droit de mort sur ses sujets. Les membres de la collectivité placés sous son autorité ne sont pas des « sujets » dans le sens où nous l’entendons ; il n’a aucun droit sur leurs biens ni sur leurs femmes » 

                              ...Succession...Transmission...Election

          La démocratie ne se limite à la liberté de parole, il y a une notion de mérite qu' il faut examiner. Le mérite dans ce cadre concerne les modalités et les formalités requises quant à l'accession à des hautes fonctions

          Parfois succession, souvent élection,l'accession à des responsabilités chez les Bassa obéit à trois logiques.

          Le MBOK « Bibang » : C'est l accession quasi-héréditaire, le successeur doit présenter les reliques ,les armoiries et les insignes(bibang) liés à la fonction . Même si le successeur est choisi en fonction de ses qualités intrinsèques, les candidatures sont limitées au sein de l entourage proche du dignitaires disparu. Toutefois, on requiert l'approbation de la collectivité

          Le MBOK « Kété dap » :autrement dit le MBOK attribué à partir d' une initiative populaire. C' est toute la collectivité qui présente le futur dignitaire au collège de la confrérie, qui doit l'initier et le consacrer. Il devient un dignitaire , uniquement par ses mérites. Dans ce cas, toute personne s 'étant distinguée par les actes de bravoure , de générosité et de solidarité animée par une moralité stricte,peut accéder aux hautes fonctions de l appareil de l' Etat .

          Le MBOK « Liwasi mijeba mi mbok »: qui signifie littéralement « déchirer une branche du MBOK ». C 'est une notabilité usurpée par sécession. Cette situation se présente quand la succession est conflictuelle. Alors un des protagoniste décide de créer une collectivité distincte et autonome.

           Ou Certains BASSA,otages d un ego-sur-dimensionné, réclame le MBOK et ceci sans aucune légitimité, engageant une partie de la collectivité dans cette aventure .C'est le mode d' accession le plus malsain et illégitime, malheureusement le plus fréquent de nos jours

            Ces trois procédures mettent en lumière deux exigences invariables :

                        -La Probité de l impétrant

                    -L'approbation de la collectivité.

          La désapprobation du peuple annule la cérémonie de LIBAMBAL MBOK- consécration plénière-. Et le poste reste vacant;ou alors si l'urgence l'impose((Guerre, Epidémies, Invasion,Catastrophe naturelle), on le transmet à une autre famille ou clan. Ce qui démontre, que les fonctions politiques appartiennent au peuple Bassa.

          Cette souveraineté du peuple entraine le principe de la destitution démocratique:Si un dirigeant commet un crime, vol, inceste, adultère, quelque soit son niveau de responsabilités, le peuple souverain peut prendre les sanctions allant d'une simple amende à la destitution définitive. En Basaa on dit Liso MBOK

           C 'est avec une grande amertume que l on constate la prolifération des dignitaires dans le pays Bassa. Surtout qu'on connaît la symbolique du chiffre et son utilisation , dans les assemblées et la culture Bassa en général. Et pour une fois, on espère que la colonisation ne sera pas tenue responsable pour cette dégradation.

                              ...Grandes Institutions d' Etat

          Au principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs, correspond le principe de la séparation des capitales. En effet, le MBOK BASAA, afin d éviter des collisions fâcheuses entre les ses différentes institutions, a assigné chacune d'elles dans une localité ou province. Tout  en optant pour un autre principe constitutionnel :la primauté relative d'une famille sur une institution; qui induit à son tour le principe de la spécialisation opérationnelle.

          Au niveau du pouvoir militaire, KWAKWE1, le chef d 'état major général NTAP, était un membre de la famille MBELECK, sous-famille NDOG SUL et clan SONG NTAP à MOM. Aucune autre famille ne pouvait prétendre à ce rang. Sauf circonstances particulières mentionnées ci-dessus. Bien que tout le peuple BASAA était concerné par cette succession et devrait donner son approbation ,les candidatures provenaient exclusivement du clan SONG NTAP ou alors de la famille MBELECK. Ce qui réduit considérablement le choix et la compétition démocratiques.

          Au niveau de l'exécutif, NGUE, le Monophysite2, le supérieur religieux de l institution, SANG MALAN MA NGUE était toujours de la famille MPOO, sous-famille BASSO BA LIKOL(BISSO'O), clan ou ascendance MINYEMEG MI SIM. La transmission ou l élection se déroulant dans les mêmes conditions que pour le pouvoir militaire. Le chef opérationnel ,le grand stratège, étant soit un NDOG BISSOL, soit un YABII, ou un ADIE , qui sont aussi des sous-familles MPOO.

          En ce qui concerne le pouvoir Judiciaire, UM, le juge suprême portait le titre de BATUM, la famille sous-famille LOG NGOND en était le détenteur. L institution siégeant à ESEKA. Province céleste de HOLONG

          Le conseil féministe, économique, et social, KO'O,impérial,inquisiteur et inflexible sur la parité et l'égalité Homme-Femme, était dirigé par la magistrale KIYEMBEL, Doyenne des Vertueuses, assistée par les honorables KINDAK, Vertueuses cardinales, et les vénérables MADJO Vertueuses de grâce et de dévotion. Assurant auprès des jeunes filles, une initiation rigoureuse, afin e former des femmes dignes , autonomes,rebelles et autoritaires; mais des mères parfaites et des épouses fidèles et dévouées.

          Au niveau du Contrôle de l'Etat, (le contre-pouvoir), HIKOO, le Grand Censeur administratif,le Médiateur principal, appelé HIKO-OLI3, était issu de la famille NSAA, sous-famille NDOG BONG résidant dans la province céleste de NGOMBOLO

          Pour le législatif, MATOUK, Le premier des NKAAMBOK4 et des MBOMBOK, respectueusement appelé PEM- NJEE, le lion invincible, était issu de la famille NYOMB, sous-famille LOG NTOMB.L élection et la désignation se déroulant dans les mêmes conditions que les cinq premiers.

          La participation du peuple aux élections et aux débats,consacre la démocratie des Bassa. Mais la limitation des candidatures à certaines familles et la difficulté pour les autres familles d accéder à ces hautes responsabilités écornent, édulcorent quelque part le caractère républicain de cet Etat.

          Mais à coté de ces fonctions régaliennes, il y avait d 'autres responsabilités dans les institutions telles :SINGA,NJEL-NJEL etc... qui revenaient aux autres familles. le but étant de favoriser la participation de toutes les provinces et de toutes les familles à l'exercice du pouvoir. C est le principe de la répartition équilibrée des charges. Equilibre entre les familles, équilibre entre les provinces.

                               ...Théocratie ou Laïcité ?

          Le système socio-politique des SAA fait une distinction assez nette entre les BIKILA et les MABENDA.

          Les Bikila seraient un ensemble de tabous , un code qui relèverait de la vie spirituelle. Il concerne les interdits alimentaires, les règles de bienséances,les codes corporatistes. On pourrait le comparer approximativement au regime Halal des musulmans ou Casher du Judaisme. Alors que les Mabenda sont les lois de la cité: code civil, pénal, commercial etc...

          Mais quelles étaient les procédures légales retenues lorsque qu'un citoyen était reconnu coupable de transgression d'un Bikila d'un Mabenda ? Dans le premier cas il offensait Dieu- ELOLOMBI- et devrait y répondre de façon solitaire par les prières, le jeûne et d autres pratiques. Dans le cas des Mabenda, l' appareil judiciaire était saisi et les poursuites judiciaires étaient engagées. On y verrait une séparation entre le politique et le religieux .

          Pourtant, le premier des SAA, PEM-NJEE, le lion invincible, est considéré comme le premier intercesseur entre son peuple et Dieu -Nyambe .Si les conclaves et synodes périodiques, tenus à Song loulou et Lituba, avaient pour objectifs, l harmonisation et l'uniformisation des lois sur tout le territoire Bassa ; Il n en reste pas moins que le GWA-MBOK5, le sacré-collège qu'il dirigeait ,était une assemblée de NKAAMBOK, dont le rôle était d intercéder auprès de DIEU. Le PEM-NJEE apparaît donc comme le chef d une Eglise ; Pontifex maximus.

          Le cumul de ces fonctions, politiques et religieuses -principe constitutionnel- :

                    -Chef de l'Etat,Altesse éminentissime du peuple Bassa, chef de l'appareil législatif et Ethnarque législateur...d une part

                    -Pontifex maximus, Evêque plénipotentiaire des lieux saints :Ngog Lituba et Song loulou, Interlocuteur des constellations,Commandeur et Guide des croyants …d autre part

 interpelle sur la nature -théocratique ou démocratique-de cet Etat. Avec le cumul des fonctions politiques et religieuses, le Monothéisme Elolombiste apparaît donc comme une religion d' Etat. La laicité étant un concept récent, on se demande néanmoins si tous les Bassa étaient Nyambéiste(Elolombiste) ? N existait t-il d autres religions dans cet Etat? Et le cas échéant quel était le statut de ces adeptes des religions minoritaires ?

                              ...Culture...Recherche scientifique

          Le système politique des Bassa est très complexe,on constate un fonctionnement démocratique avec la liberté d expression symbolisée par les débats au niveau des assemblées(Boma Mbai, Likoda li Mbai, Likoda li Mbok etc...)

          Mais, L organisation et le fonctionnement de la Noble dynastie solaire des SAA, ne correspond à aucun modèle connu en occident.(théocratie, principauté, République...) . Sa conception, tout comme son perfectionnement sont les le génie d' une culture africaine. Raison pour laquelle, les africanistes n ont jamais pu faire une analyse rationnelle sur l organisation de cet Etat. Une autre explication à cette défaillance est sans doute liée au fait que, les autorités du MBOK BASSA, pour diverses raisons, avaient redouté la sur-exposition. Par conséquent , ne fournissaient que les informations parcellaires.

          Les chercheurs en Droit et en Sciences politiques trouveraient peut être dans le MBOK BASSA, d’innombrables thèmes de recherches. On pourra ainsi initier un modèle d organisation plus efficace, capable de rendre beaucoup plus dynamique, notre collectivité territoriale traditionnelle ; vieille de cinq siècles, mais qui ne construit ni dispensaires ni lycées.

 

I kété li nyang

Francis HONOLL

 

(1) Tous les différents pouvoirs seront étudiés ultérieurement

(2) Au sens étymologique Mono=Unique, physite=Nature et non au sens des débats de Chalcédoine.

(3) Selon le Pr Dika Akwa, c est ce titre du patriarche Bassa, Hiko-oli ,habitant la rive droite du fleuve Wouri,qui aurait été corrompu en Hickory pour donner Hickory-town( ancienne appellation de la ville de Bonabéri).D autres prétendent qu' une espèce d arbres appelé hickory en anglais était très présente dans le coin.

(4) Titre au dessus des MBOMBOK, dans l appareil législatif

(5) GWA-MBOK sacré collège, instance dans le pouvoir législatif , à ne pas confondre avec NGWA-MBOK(Jeudi ?).GWA=bois de construction utilisé comme piliers, souvent assimilé à la longévité, la pérennité,la solidité et la sérénité. pilier central qui soutient l édifice

 

Bibliographie

           -Le MBOK et ses ordres périphériques. MBOMBOK NKOTH BISSECK

           -La cosmovision universiste africaine. MBOMBOK NKOTH BISSECK

           -Génèse du peuple Bassa-Article            de MBOMBOG KEND DJON MINGUE-Litenlibassa.com-           2008

           -Fondements d un Etat de droit en Afrique précoloniale -MBOMBOK MBOG BASSONG-2006

           -La Monographie sur la nationalité Basa-Pr DIKA AKWA-1980

           -« Nature et formes de pouvoir dans les sociétés dites acéphales »- Résumé du colloque organisé à  Yaoundé Mars 1978 ; avec la participation des professeurs Titi Nwel, Bikoi Tam, Soundjock

           -Eléments du droit coutumier Bassa-1896-J.KOHLER-BERLIN

           -Rapport du Lieutenant VON STEIN-Expédition WURI- SANAGA-1908

           -Deutsch kolonial lexikon-1920

           -Naissance du Maquis dans le Sud-Cameroun- Pr Achille MBEMBE- Karthala 1996

           -Les Bassa du Cameroun-Cahiers d outre mer -N°10 Avril Juin 1950-Louis Marie POUKA

           -Le Nkaambok, l Ethnarque ou l Edilité apicale des Bassa- Mathieu victorien NTEP-Article litenlibassa.com - Avril 2011

           -Bassalogie du Docteur NOUK BASSOMB-Anthropologue Archéologue

           -Ngog lituba ou Le génie politique et idéologique de nos pères fondateurs-Article de Boniface PEM-  Litenlibaassa.com-2010

           -Ame du peuple- Osirien magazine- Etudes Kalmudiques(avec un K)-N°5 Octobre 2005

           -Sources orales

Commentaires  

 
#8 Francis HONOLL 16-12-2011 13:41
Me yéga MBOK
@SAKBAYEMI
Cher frère,je reste sur mon hypothèse de logique territoriale. Tu as pris l'exemple des Ndog Bong d  ESEKA qui ne pouvait pas prétendre être un MBOMBOK, mais vivant à Eseka(concept espace donc territoire) ils étaient bien sous les ordre d'un Mbombok autre que celui de leur clan. Comment étaient gérés les villages où il avait plusieurs lignages ? Et comment étaient les lignages qui étaient éparpillés sur tout le territoitre.
Ne regarde pas cher frère ce que l orgueil et l égoisme ont produit sur le MBOK. Où chaque clan produit son MBOmbok que dis je ses MBOMBOK.D ici 50 ans on dira qu il y a des clans qui avaient plusieurs MBOMBOK.J ai même entendu dire que certains clans étaient gérés par les UM UM. Parce que ce clans ne possédant pas de MBOK MATOUK ne voulait plus être « sous la coupe des autres ».Surtout que les cotonnades, les miroirs et les TAMBA importés produisaient déjà leur effet sur les citoyens.
Je te prends le cas de la province céleste de BIKOK qui regroupe plusieurs familles. combien de familles detenaient le MBOK ? Et il y avait un seul MBOMBOK HOND KENA qui fut LOG DIKIT BAKENG avant de devenir LOG BAKI (YEDE WELL) de la famille BASINKOL.A ne pas confondre avec la cheff supérieure du canton qui est aussi YEDE WELL
Les Bassa ont une succession d' assemblée qui partent de BOMA MBAI à GWA BOK.A la tête de chaque assemblée se trouve un MBOMBOK, qui lui même ne sera qu un participant pour l assemblée au dessus. Cette assemblée étant elle même coiffée par un MBOMBOK(critère age ou simple rotation). Ainsi de suite. (On part des conseils de quartier qui envoie chacun un représentant au conseil municipal qui envoie un représentant à la à communauté urbaine ainsi de suite...).
Là où la logique Lignagère l emportait c'était sur les NKAAMBOK qui représentaient chacun une famille(Basinko l, JOL, OU, BAKENG....). Mais quand on sait que les MBELECK (KWAKWE)et les MPOO(NGUE) ne produisaient de NKAAMBOK,et le titre était détenu exclusivement par les branches ainées des familles (Log NKOL, Log HEEGA etc...) restées dans la province céleste de BABIMBI à coté d un lieu saint ; on se demande là aussi quelle logique a prévalu. ? Peut être fallait séparer la Force et l Esprit.
L anecdote du major Dominik est juste le résultat des conflits de pouvoir qui existaient déjà entre les Bassa(Mbene et Mpoo) convertis par GRENFELL (successeur de Alfred SAKER ) , catéchistes Baptistes et les BAPEPE(Equivale nt des MBOMBOK dans cette région)
Enfin Territoriale ou lignagère, tu conviendras avec moi cher frère que la logique du MBOK n est plus celle que nos ancêtres ont connu.Nul n 'est contre l evolution. Le système MBOK se définissant lui même comme un système évolutif et libéral. Mais l évolution actuelle est elle positive pour une amélioration de nos conditions de vie ? Et même une réappropriation de notre culture ?
I kété li nyang
Francis
 
 
#7 Sak Bayémi 16-12-2011 01:00
@ Francis Honoll.
Merci cher frère pour ta contribution. Mais je ne partage pas ton point de vue, surtout quand tu dis que "la vie politique des Bassa a toujours été rythmée par une logique territoriale. Le Découpage administratif et surtout les principes qui l'ont soutenu est une preuve". Tout simplement parce qu'un Mbombok est en réalité un chef de clan ou de lignage. Je n'ai jamais entendu parler d'un Mbombok chef d'une région. Le Mbombok règne sur des hommes et non sur un territoire. D'ailleurs, les charges du Mbok sont réparties entre les différents clans et lignages, et non entre des territoires. Je voudrais concrètement dire par là que je peux par exemple être un Ndog Bong vivant à Eséka, mais cela ne valide pas mon intronisation en tant que Mbombok d'Eséka (ou de Holong), mais je serai d'abord le Mbombok des Ndog Bong de Douala et de partout ailleurs, et des Basaa en général, même s'ils vivent sur d'autres continents.
Par ailleurs, il y a un fait historique qui le confirme et qui se répercute encore de nos jours: lorsque le major colonisateur allemand Hans Dominik arrive à Edéa vers 1894, il demande à rencontrer le Chef des lieux, et aucun Mbombok ne répond à son appel, tout simplement parce qu'aucun ne se reconnaissait dans la peau du Chef de territoire(il est vrai que ces Bambombok d'antan étaient des gens très fiers qui en agissant ainsi refusaient aussi de se soumettre aux invectives d'un étranger). D'où la création artificielle des Chefferies, qui ne rencontrent aucun succcès même de nos jours auprès des Basaa.
De toute évidence, il y avait autrefois un découpage administratif en pays Basaa, mais c'est un collège de chefs et non un individu qui régnait à la tête de l'ensemble du peuple basaa. D'ailleurs, la compétence d'un Mbombok Hônd Kéna s'étend sur l'ensemble des Basaa: seul celui-là tranche les affaires au-delà de son lignage d'origine.
 
 
#6 Francis HONOLL 12-12-2011 09:53
Me Yega MBOK
@sakbayémi
Cher frère je comprends ta logique qui établit une corrélation entre le nombre de MBOMBOG et l accroissement de la population et des lignages.Mais si les lignages s accroissent c'est peut le nombre de Kuki Boum , ou alors les Sang MBAI qui devrait s accroitre, mais certainement pas le nombre de MBOMBOG.MBOMBOG est un titre politique qui est plus lié à une logique territoriale qu à une logique lignagère comme certains l ont souvent soutenu .Le clan éparpillé sur plusieurs villages de notre territoires avait il un seul Mbombog ou plusieurs? et le village multi-lignager avait ils plusieurs MBOMBOG?Il me semble que la vie politique des Bassa a toujours été rytmée par une logique territoriale.Le Découpage administratif et surtout les principes qui l ont soutenu est une preuve.
I kété li nyang
Francis
 
 
#5 Sak Bayémi 11-12-2011 19:00
@ Francis Honoll.
Merci mon frère pour l'éclairage sur la prolifération des Bambombok. Mais, étant donné que les clans et familles se rallongent au fil du temps, n'est-ce pas normal que chaque lignage ait à sa tête son chef (Mbombok)? Dans ce cas, la prolifération ne serait-elle pas tout à fait naturelle? Il est vrai que tu as reconnu que le terme exact eût été "intronisation anarchique". Mais si on tient compte de la multiplication ou bien de l'extension des lignages, la multiplication des Bambombok n'est-elle pas tout aussi souhaitable? Ce qui n'impliquerait pas forcément l'anarchie...
 
 
#4 Francis HONOLL 07-12-2011 10:16
Me yega MBOK
@SAK BAYEMI
Orthographe Bassa
Je commencerai par reconnaître mes limites très marquées et handicapantes en ce qui concerne aussi bien l orthographe que la grammaire Bassa. Je lis le bassa sans accent bassa et ce n'est qu en ajoutant l accent que je comprends le sens des mots. et j espère que les les bassanautes ne me tiendront pas rigueur là dessus. Faute avouée à moitié pardonnée.

« Prolifération des dignitaires...colonisation non responsable »
Tu constateras cher frère que de nos joursla pyramide de la structure politique a été inversée. Le nombre des MBOMBOG était connu,il y avait un nombre max, et un nombre min (quorum).Chaque institution avait son chiffre symbolique et le nombres de participants aux différentes assemblées et conclaves etaient relatifs aux puissances et multiple successifs de ce chiffre . De nos jours il suffit d obtenir une promotion comme PDG, COLONEL, PROCUREUR,et on rassemble le peuple avec une vache , 5 sacs de riz , on est intronisé MBOMBOG. Et nul ne pourra nous faire croire que la colonisation en est la cause. Quel est le résultat ? un nombre élevé de dignitaire artificiel. J aurais dû parlé de multiplication artificielle des dignitaires,ou alors d'intronisation anarchique . Je suis pas le légataire universel( testamentaire) de nos aieux, mais je ne pense pas que c'est dans cet esprit ubuesque qu ils ont bati le MBOK. Beaucoup parmi nous confondent MBOMBOK, SANG MBAI, BATATI MBAI,KUKI BOUM, etc...Peut être que la semaine prochaine, moi aussi je vous dirai sur ce site que je suis MBOMBOG. Voilà la dégradation dont il est question dans l'article.
I kété li nyang
Francis
 
 
#3 Sak Bayémi 07-12-2011 08:40
Salut Francis Honoll.
Merci pour cet article qui nous éclaire un peu plus sur le Mbok Basaa et qui témoigne d'une recherche menée avec sérieux.
J'ai quand même une suggestion: à l'avenir, vraiment essaie d'écrire les mots Basaa avec une orthographe assez nette parce que cela contribuerait à coup sûr à nous mieux nous édifier et à ne pas induire les lecteurs en erreur.
C'est le cas de "Kété dap": on dit "ndap" et non "dap"; de même on dit "mambenda" et non "mabenda"; "Hilôlômbi" et non "Elolombi"... Mais ceci n'altère pas la qualité de ton travail dans le fond.
Une question tout de même: pourquoi tu affirmes: "C'est avec une grande amertume que l'on constate la prolifération des dignitaires dans le pays Bassa. Surtout qu'on connaît la symbolique du chiffre et son utilisation, dans les assemblées et la culture Bassa en général. Et pour une fois, on espère que la colonisation ne sera pas tenue responsable pour cette dégradation"? J'aimerais avoir plus d'éclaircissement s à ce sujet.
 
 
#2 Francis HONOLL 01-12-2011 18:05
Me yega MBOK
@Man nyang MBON MBOG NKAA
Mon frère il me semble que concile soit léquivalent de ETI-MBOK, ou Likoda li lMBOK mais je pencherai sur ETI-MBOK ou TI-MBOK
Quant aux provinces , il ya un article qui a été publié sur ce site et qui parlait justement de ces provinces MBOKA en Basaa et donnait les limites approximatives.Je ne sais dans quelle rubrique tu pourrais le retrouver
mais le titre est MBOG BASSA XVè-XIXè siecles : DECOUPAGE ADMINISTRATIF
i kété li nyang
Francis
 
 
#1 Mbon Mbog Nkaa 01-12-2011 17:05
Magnan Honnol, les mots comme "Concil" ou "provinces" comment les disait-on en bassa'a? En quoi correspondaient ces provinces (limitation geographik)

merci pr la recherche
 

Il est obligatoire d'être enregistré pour commenter cet article.
Les bassanautes sont invités à un comportement responsable. Des commentaires à caractère injurieux, xénophobe, diffamatoire ou incitant à la haine seront supprimés et leurs auteurs interdits d'intervention sur ce site. Nous invitons donc les uns et les autres au respect mutuel.