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La norme considérée un moyen cognitif

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La singularité de la pensée africaine vient de ce que l’ordre, l’organisation, le concept pensé comme résultante de la dialectique ordre/désordre donnant naissance à un nouvel ordre, se doit de neutraliser le désordre aux fins de créer la valeur. Il arrive même que le désordre serve de stratégie à la restauration de l’ordre.

Il en est ainsi des rituels de rébellion (ou d’inversion) lorsque par exemple, la pénurie alimentaire suggère à une partie du groupe social de migrer vers d’autres terres.

            A ce moment précis, l’organisation des querelles intracommunautaires permet à une partie du groupe de s’en aller pour permettre la survie du groupe restant avec lequel les rapports d’alliance, voire d’allégeance, sont conservés. Le pouvoir y retrouve une certaine vigueur.

            Dans le temps et la durée de cette séparation, les fragments de clans éclatés, bon gré mal gré, finissent par perdre progressivement leurs liens “chauds”, leurs racines et attachements claniques initiaux.

            Ce faisant, ils nouent et consolident, par le biais de l’environnement et de la diffusion culturelle, de nouveaux acquis sécuritaires dans le nouvel espace conquis. Il grandit avec son rythme propre en nouant de nouvelles alliances sacrificielles et en conservant, selon le cas, les précédentes.

            Ainsi naissent de nouveaux clans, de nouvelles tribus et de nouvelles nations qui, tout en manifestant une certaine différence, conservent néanmoins une certaine identité qu’exprime la valeur, coordonnatrice des pensées et des actions.

            La valeur (le moyen) intervient dans ce cadre comme un formalisme cognitif, c’est-à-dire une modalité de saisie de la réalité par l’intelligence raisonnante où l’idée générale qui se dégage est celle de l’existence d’un ordre (processus) presque toujours sous-jacent au désordre apparent (processus). Dès lors, la non perception de l’ordre “caché” apparaît comme une illustration parfaite de notre ignorance.

            Il s’agit donc, pour le cerveau, d’en détecter le sens, la vérité ‘’cachée’’ qui peut être à la fois scientifique et initiatique, si nous considérons que l’accès à la vérité scientifique procède d’une autre forme d’initiation qui illustre le rapport au référent mental de la culture.

            De ce point de vue, l’homme et la vie deviennent des objets de connaissance sur ce que nous dit la Vérité générale de la nature, s’agissant notamment de leurs positions au sommet de la chaîne de création. Il y a dans cette approche, l’idée d’une ‘’intentionnalité’’, d’une finalité de l’univers que vise le pragmatisme de la pensée africaine.

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