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LI KAÑ LI MUDAA I LOÑ BASSA-MPO’O-BATI

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Comme l’a si bien dit le Pr Joseph MBOUÏ, « il n’y a pas de culture sans support linguistique ».

A ceci, j'ajouterais que tout Bassa ne peut être véritablement lui-même que par la parfaite maîtrise de sa langue définie par elle-même. Car, à vouloir comprendre sa langue par celle des autres ou inversement, on finit par demeurer étranger à toutes les cultures, y compris la nôtre.

C’est ainsi que le mot « LI KAÑ » qui relève la science bassa incomprise par « l’autre » a été traduit par « magie », sorcellerie etc.

Pendant que LA MAGIE est définie comme est une pratique destinée à intervenir de façon « SURNATURELLE » sur le cours des événements ou le comportement d'autrui en MAL ou en BIEN, les Bassa définissent LI KAN comme est une pratique destinée à intervenir de façon « NATURELLE » sur le cours des événements ou le comportement d'autrui en MAL ou en BIEN. Ce parce que dans LI KAÑ qui est une science propre au Bassa, toutes composantes se trouvent dans la nature et le rapport de l’Homme avec celle-ci.

La FEMME qui signifie en Bassa MUDAA dans son origine MUT YAA est un « ETRE DE VIE ». Cette vie qui est donnée à travers l’accouchement ou la maternité. La FEMME est donc le principal symbole de l’origine par qui la vie donnée (BIEN) peut être orientée à sa guise ou tout simplement détruite (MAL).

A travers le KO’O, son organe représentatif dans le MBOK ; la femme Bassa-Mpo’o-Bati détient les clés de cet étrange inconnu qu’est LI KAÑ ou MA KAÑ (au pluriel) dont le principal support est le NGOK : la pierre à écraser.

Premier garant du bien-être social et familial en particulier, « le pouvoir » ou encore la MAGIE/ LI KAÑ de la femme Bassa à travers le NGOK KOGÔL a fait de la cuisine Bassa l’un des plus anciens « laboratoire-pharmaceutiques » de la civilisation. On y mélange plusieurs composantes PHYSIQUES pour obtenir un élément CHIMIQUE permettant de guérir diverses PATHOLOGIES ; allant des moindres aux plus complexes.

Cette NGOK KOGÔL qui a de nos jours été réduite à une simple fonction de kogôl bilémbél a perdu toute sa valeur, ne jouant plus sa fonction centrale et emportant avec elles toutes les valeurs ancestrales qui s’y rapportent.

Dans les mots NGOK et KO’O, il ressort la variante OK qui permet donc à la femme de donner la vie, expression correspondant au rapport sexuel, l’accouplement et aussi le terme qui désigne le sexe de l’homme en Bassa.

OK correspond également à la position courbée que la femme Bassa adopte pour pêcher, ou pour maudire. Voilà pourquoi il est dit plus haut que seule la femme a le pouvoir de détruire la vie qu’elle donne.

La vie symbolisée par l’Ankh « ☥ » la croix ansée se dit ANG ou ONG ou encore OÑ (LA CROIX en Bassa). Nous remarquerons que la variante OK demeure puisque les lettres K et G peuvent se substituer dans plusieurs mots. Nous pouvons donc écrire MBOK ou MBOG, OK ou OG (sexe de l’homme ou maudire ou pêcher le poisson pour la femme) etc.

L’un des nombreux témoignages du LI KAÑ de la femme consisterait donc à comprendre l’origine, le sens et la profondeur du KOGA (KO-GA), NKONO (N-KO-NO) qui se produit dans ce processus qui aboutit à KAÑ NKONO ou LI KAÑ NKOKO, action de nouer le paquet de pistache cuit dans les feuilles de bananier ou « dikonol » (feuilles généralement utilisée pour cuire les Mintùmba…).

Dans cette même réflexion, nous noterons qu’en pays Bassa-Mpo’o-Bati, la variante « AM » est commune aux verbes suivants dont le premier ayant un rapport direct avec la vie correspond à préparer le repas = LAM ou NLAM (action de préparer…) ou AMB (Action de chasser, parlant de gibier…). C’est ainsi que finalement, s’agissant du NKONO, nous ne dirons plus LAM NKONO, mais plutôt LISOB’LË NKONO. Et pourquoi donc cela ?

Nous remarquons également le caractère spirituel de la variante « SOB » dans les mots suivants : LISOB’LE (préparer le met de pistache), LISOBA (Religion : Baptème qui correspondrait à mapam ma YAA pour un enfant ou mieux encore, un nourrisson en pays Bassa), SOBA (se purger, se débarrasser de toute impureté, se laver…) et enfin SOB (action de verser…). Parlant de ce dernier, nos ancêtres prenaient des précautions pour verser l’eau qui a servi pour le bain d’un nouveau-né, avec douceur, lenteur et attention. Pourquoi ?

Des exemples existants par milliers, j’invite toutes les femmes à méditer sur leur rôle dans la société Bassa-Mpo’o-Bati afin que notre LI KAÑ reprenne la place qui lui est due.

K-roline TOWADA.

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