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Chronique : SECRET – DEFENSE

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L’oralité est le canal le plus utilisé pour la transmission de nos us, coutumes et aussi essentiellement de notre identité. Pour l’éducation des enfants, les premiers soins en cas d’ennuis de santé ;les familles ont recours à de nombreuses astuces qui leur ont été transmises par une aïeule ou enseignées « officiellement ». Mais pour en éviter tout abus dans l’utilisation des dites forces, leur transmission ne se fait pas avec un haut parleur. Et le plus souvent, elle est tue, elle est secrète.

De nombreuses familles réussissent ainsi à fidèlement assurer la pérennité d’une pratique sans jamais la remettre en question, l’évaluer ou chercher à la décoder.

On est plongé dans la langue sans bien en avoir le choix et c’est à l’usure qu’on connait le nom d’un objet, d’un lieu ; qu’on apprend des expressions précises et qu’on en est plus tard un locuteur natif excellent.

L’initiation aux travaux champêtres, à la pêche ou à la chasse ne se trouvent dans aucun manuel et s’apprennent au prix des nombreux efforts, échecs et petits pas que l’apprenant arrive à faire ; et ceci en tenant compte de la profusion des critiques, brimades et de la rareté des félicitations.

Et si l’apprenant, enfant ou adulte essaie de poser des questions, c’est en vain car il se ne recevra presqu’aucune réponse et sera jugé à ses performances, puis évalué dans son application ; et aux fruits de cet enseignement, de cette observation.

Superstition, codification, ignorance, croyances, pratiques ancestrales et ou de nature métaphysique ; tous les jugements sont bons et sont permis puisqu’aucun commentaire ne viendra des anciens pour soutenir ou illustrer ces faits si communs et parfois si spéciaux.

Un domaine d’application de l’oralité où nous observons aisément son absence est la cuisine. La cuisine comme lieu de préparation des repas de la famille ; lieu de retrouvailles (des femmes) après la journée passée aux champs, au marché ou comme ensemble de techniques de préparation des aliments en vue de leur consommation.

Pour la préparation de repas, les ingrédients principaux n’existent que conformément à la bourse de la maitresse de maison ; mais les ustensiles indispensables sont les mêmes. Et de la vaisselle à la grande préparation des repas des grands jours, la jeune fille (future maîtresse de maison) est essentiellement évaluée sur le goût, la quantité et la célérité avec lesquelles elle prépare et sert le plat chaud à la fin d’une laborieuse et pluvieuse journée passée aux champs ; ou à l’occasion d’un rassemblement des membres du clan.

Sur le plan musical, de la construction des instruments (mandjang, ngoma) à l’initiation à leur utilisation; seuls les plus méritants arrivent à tenir tête aux instructeurs et formateurs. Ici aussi, le principal mode opératoire demeure l’observation et le maçon est par la suite durement jugé au pied du mur.

Les conteurs et autres griots non plus ne laisseront pas paraitre un manuel capable de livrer l’intégralité de leur connaissance (comme le feraient des historiens) ; mais en garderont toujours une petite part ; la meilleure sans doute pour leur petit protégé, leur successeur, celui qui après avoir enduré la dure formation en sera la relève.

Que ce soit dans les domaines sportifs, artistiques et sur tout autre front où le talent, les initiatives ou la performance physique doit primer,

Le principe, les objectifs derrière une telle protection du savoir, du savoir faire et de la transmission de la connaissance au-delà du mutisme observé est de pousser l’apprenant à se surpasser ; à se dépenser et à s’exercer avec pour seul but que faire mieux que son mentor, son parent ou son encadreur.

Ainsi nait, se développe et s’entretient le talent ; flamme personnelle ou collective du savoir inné et amélioré reçu des anciens ; et à transmettre aux plus jeunes, les dignes et méritants. Et la fierté à la suite d’une performance exceptionnelle n’est plus seulement celle de l’artiste ou de l’ouvrier mais celle de tout le groupe ; de la famille et se fait en l’honneur des disparus.

En présentant l’art et la culture du peuple que nous sommes, il serait bon de garder en mémoire qu’à l’heure de la libre circulation des informations par le biais des technologies de pointe ; la transmission du savoir est encore soigneusement protégée et n’est pas pour autant fermée et à ce titre ; son appropriation est l’objet de longs efforts.

 


Commentaires  

 
#9 03-08-2010 22:54
Avec un simple dictaphone on peut receuillir des siècles d'histoire !
certes, ceci est peut etre vrai lorsqu'il s'agit de recueillir/reactuliser l'histoire (d1 peuple, tribu...). mais encore faut-il que la/les personne(s) initiee(s) a ce type de connaissance soi(en)t a meme d'assimiler (litteralement) ce qui lui/leur est presente et se revele(nt) aptes a en assumer la charge (on ne revele pas ses secrets de famille o premier quidam venu) d'ou la necessite d'instaurer un systeme selectif rigoureux.
les rituels de passage (com ceux que tu as mentionnes) revelent de cette idee. en general, ils cmprennent 1 phase o6 bien narrative (drama) qu'esoterique (l'etape d'"apprivoisement" si cher a St Exupery, qui svt peut couvrir des jours, voire des annees en fonction du type d'initiation)
en ce qui concerne les Archives Nationales de yaounde, j'ignorais qu'il en existait de tel chez nous
 
 
#8 02-08-2010 19:38
Citation en provenance du commentaire précédent de Begues :
:
des ecrits stockes dans des archives nationales? pourquoi pas. mais encore faudrait-il que nos pays pauvres tres endettes en aient les moyens - ou que nos bienheureux dirigeants y voient quelque interet que se soit pour le bien collectif

Moyens? Je pense que c'est plus un problème de mise en avant du lobby Bassa (ou de toute autre tribu) .
Il y a les archives nationales à Ydé, date de création 23 mars 1952 décret N° 2924, qui existe déja .

Citation en provenance du commentaire précédent de Begues :
: je pencherais pour ma part sur le modele chinois: une longue periode d'initiation orale.

Le modèle chinois est opérant depuis des millénaires donc cela signifie que si nous mettons trop de temps pour une pré-initiation orale, la génération des tenants du savoir ancestral quittera ce monde sans avoir pu livré tout LA connaissance.
Avec un simple dictaphone on peut receuillir des siècles d'histoire !
Kobla (Ngo)
 
 
#7 02-08-2010 19:13
Citation en provenance du commentaire précédent de Ngo Nsiga :
Sandrine devrait répondre...
Monsieur Kobla, c'est vraiment hermétique et tout porte à croire que le pouvoir, la connaissance s'arrachent !


Oui le pouvoir s'arrache d'un peuple à l'autre. Mais à l'intérieur d'un peuple le savoir devrait être circulaire. Les sociétés indiennes, aborigènes et même asiatiques ont des rituels du transfert du savoir que l'on appelle circulaire afin d'éviter justement que ce savoir vienne à disparaître si le détenteur ou la détentrice ne pourrait plus le transmettre pour une raison ou une autre.
Kobla (Ngo)
 
 
+1 #6 02-08-2010 18:09
(@Manmut
je partage le point de vue de mr Kobla. la transmission du savoir chez nous devrait se faire autrement que par le medium oral. car un tel modele pose la problematique de la conservation (exacte, inalterable) d'un tel patrimoine sur une periode etalee dans le temps. des ecrits stockes dans des archives nationales? pourquoi pas. mais encore faudrait-il que nos pays pauvres tres endettes en aient les moyens - ou que nos bienheureux dirigeants y voient quelque interet que se soit pour le bien collectif.
je pencherais pour ma part sur le modele chinois: une longue periode d'initiation orale, durant laquelle le Maitre (Mbonbog, sensei) dispense son savoir (de maniere parcimonieuse certes) dans le but de "separer le bon grain de l'ivraie". puis a la fin d'une telle epreuve, l'apprenant qui se montrerait le mieux apte a continuer son oeuvre recevra des parchemins/papyrus/grimoires relatant l'entierete dudit patrimoine.
 
 
#5 Manmut 23-07-2010 16:11
Ngo Nsinga tire nous vers autre chose!
 
 
-1 #4 23-07-2010 16:00
Sandrine devrait répondre...
Monsieur Kobla, c'est vraiment hermétique et tout porte à croire que le pouvoir, la connaissance s'arrachent !
Quant aux sieurs Yetna & Manmut ressaisissez vous car vos jugements à 2 balles sur les écrits des autres; les appels à la haine ou les incitations à la rebellion et autres discours sur la suprématie du peuple Bassa ne convainquent plus !
Pitié, passez à autre chose !
 
 
#3 22-07-2010 15:50
Merci Sandrine pour cette analyse de ta part.

Je pense que le savoir ancestral doit être disponible par écrit et stocké
dans des archives nationales classées secret défense comme c'est le cas en
occident pour par exemple des potions médicinales qui en leur temps étaient
des mixures à ne pas divulger pour préserver le secret de leur teneur
chimique et florale.

Il est interrresant de voir que le savoir ancestral au Cameroun est basé sur
le savoir de la tribu et ne profite donc qu'aux membres de la tribu
détenteurs de ce savoir.
En dehors des pygmés qui acceuille toput le monde il est rare très rare de voir un tradi-praticien ou une grand-mère, ou même un chef transmettre son
savoir aux membres d'autres tribus.
Les raisons sont stratégiques puisque plus une tribu a le savoir , mieux elle
peut se défendre et se protéger.
 
 
#2 Manmut 12-07-2010 11:36
Yetna, la critique est aisée et l'art très rude! Ceci dit nous attendons les cpntributions de bassa comme toi ( je suppose que tu en es un ) pour relever le niveaux des écrits ici tant du point de vue de la forme que de celui du fond.
Pour ce qui est de cet article, je prefere ne rien en dire...peut etre parceque je n'y ai rien compris. Il ya des jours comme cela où mon Q.I atteint un niveau critique.
 
 
-2 #1 yetna.leba@ 12-07-2010 10:39
Pourquoi le niveau de Litenlibassa a baissé autant jusqu'à atteindre avec cette article un niveau critique....avez vous relu ce texte qui semble une collection de pièces détachées?
" Ainsi nait, se développe et s’entretient le talent ; flamme personnelle ou collective du savoir inné et amélioré reçu des anciens " que signifie ceci, savoir iné renvoit à quoi?
Les deux point virgule du dernier paragraphe renvoient à quoi? On nous avait propmis mieux dans un éditorial si je me souviens bien...où sont passés honol, pem etc
 

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