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Hinoo hi bôlô ni bisélél

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Il est connu que Paris, sa région et dans une plus large mesure la France est en Europe l’un des endroits où l’on peut facilement revivre une ambiance comme au pays. Cela pour la simple et bonne raison que l’environnement s’y prête.Le grand nombre de compatriotes qui s’y trouve s’organise pour reproduire nos arts de vivre. On peut déplorer le fait que cela se fasse dans toutes les directions mais la France, notamment sa région parisienne  c’est aussi un des laboratoires où nos cultures continuent à trouver une certaine vie bon gré mal gré.

Mon dernier contact avec le génie social bassa dans l’espace territorial français date d’il y a quelques jours.  C’était lors d’une soirée à l’occasion d’un mariage. Comme l’épouse était une Bassa inutile de préciser que la salle était pleine des Bassa. La soirée battait son plein quand j’avais eu droit à un véritable cours de remise à niveau sociétal et langagier au moyen de la danse de la part de la quasi-totalité des invités bassa dans la salle.

C’était la chanson de Belka Tobis « Bii me » de son album « Trajectoires ». Tout le monde sur la piste  répétait les paroles en chœur. A un moment de la chanson, je me crus dans un clip de Koffi Olomidé, tellement les mouvements étaient synchronisés : le même pas de danse exécuté par chacun tout en répétant les paroles. Le comble de la synchronisation a eu lieu au moment du refrain que tous reprenaient en chœurs:

Me gwé hinoo hi bôlô... (Accompagné d’un mouvement d’ensemble où  les femmes dans la salle mettaient en exergue leur index orienté vers leur partenaire de danse qui en général était un homme)…

Me gwé bisélél… (Elles se retournèrent, montrèrent leur postérieur à l’homme, tout en le remuant nonchalamment, avec une sensualité dont seules nos sœurs et mères connaissent le secret.

Puis, plutard…

Tjogop hiloga hi bi boma me njel nye a ngonda ma je mana ! (Même geste avec le postérieur)

Ilologa hi bi boma me i  njel nye a ngonda bisélél bini ! (ídem)

Puis vers la fin de la chanson: Njel loñ yon me yi bé ti we ? Kii u yéñ à loga?.... bii me éé bii me éé...

J’appréciais la prestation scénique tout en m’intéressant au sens des expressions, qui somme toutes ne me paraissaient pas du tout nouvelles.

Une femme qui a dans son «CV» le hinoo hi bôlô et les bisélél, c’est suffisant pour exiger qu’on l’épouse… soit ! Mais d’où viennent ces expressions ?

Hinoo hi bôlô renvoi beaucoup plus à l’art culinaire. Ainsi il est fréquent d’entendre un homme appréciant le repas de sa bien- aimée ou tout simplement d’une femme rendre compte à une tierce personne de la manière suivante : « i mudaa nu a gwé hinoo le !» Ce qui veut dire elle maitrise l’art de faire la cuisine, bref elle cuisine bien. Mais pourquoi des dix doigts de la main, lorsque Belka parle de hinoo hi bôlô, toutes les femmes présentent l’index? Eh bien la raison peut être la suivante : dans la cuisine traditionnelle bassa, l’index est ce doigt habile qui sert à rassembler les condiments qu’on a minutieusement écrasés sur la pierre avant de composer l’élixir dans la marmite. C’est lui qui rassemble le hiomi éparpillé partout sur la pierre après l’opération de râpage. C’est également lui qui atteste de la qualité de chaque épice devant faire partie de la recette. C’est enfin avec lui qu’on goûte si le mélange est à la hauteur des espérances de l’artiste culinaire. En cela on peut être d’accord avec la gestuelle plus haut décrite, tout en pensant qu’autant la femme peut en revendiquer la maîtrise, cela n’enlèverait rien du tout à l’homme s’il en avait également la maîtrise.

« Bisélél » est l’expression qui m’a quelque peu embarrassé,  mais ce n’est que mon avis. En effet, associer la femme ou tout au moins une partie du corps de la femme à des outils de travail renvoie purement et simplement à une image mercantiliste de la féminité. J’étais d’autant surpris que, notre méga-giga-web Star ne nous a pas habitués à un registre aussi grossier.

Décidément les gars de la cité Sic, qui après un concert donné à la Saladière en 2008, imploraient Belka de ne pas sortir un autre album de sitôt après « A yé mock », si ce-dernier n’est pas sûr de son niveau d’inspiration, au risque de «tuer » le méga tube précédent avaient raison.


Commentaires  

 
#14 yetna.leba@ 08-08-2010 10:38
Ngo Nsiga tu sembles bien suivre le CV de Pem, c'est bien, cela signifie que tu n'es pa indifferente à ce qu'il dit et peut etre meme à sa personne. L'inverse ne doit pas etre vrai...et tu lui a donnè là une autre occasion de t'ignorer, car il faut etre stupide pour tenter de faire passer Pem pour " le roi des commemtaires " car peu de personnes ont autant que lui écrit pour ce site...mais tu sais quoi? Tu n'es pas si stupide, tu dois etre une fan cachée qui veut le pousser à recommencer à écrire...hahahahah. Génial, j'espere qu'il te contentera.
 
 
#13 08-08-2010 07:31
BI LOG BI KE'E
@ NKAA,
WAD,
NGO NSIGA,
MAN MUT,

Ba mbombog ba ntib mpot i mbai, ba sanè le di ba mut wada. Ni bi nèèbè. Di bôdôl ban, hiéé hi yé ngi lém i juu !
 
 
#12 08-08-2010 07:22
Quartier Ndock Kotti, nous sommes au siècle dernier. la conversation s'anime entre un beau garçon et une fille qui ne l'était pas moins. Puis, c'est le silence. Pour le rompre, la jeune fille lance alors au garçon : "A loga, wè'è me ti we bi sélél è ?"

Eclat de rires autour du taxi dont on attendait l'ouverture et qui sevait nous emmener vers PK 8; Voilà avec la sité sic et toutes les régions utilisant la même langue, le laboratoire des mots et expressions. Paris, habile copieuse !
D'autre part j'ai lu :
"Me gwé hinoo hi bôlô... (Accompagné d’un mouvement d’ensemble où les femmes dans la salle mettaient en exergue leur index orienté vers leur partenaire de danse qui en général était un homme)…"

Une éventuelle particularité m'intéresserait dans cette communauté. En existe t-il ? PROVOCATION PURE !
 
 
#11 27-07-2010 13:55
Nsiga et/ou Ngo Nsiga est un nom et pas un pseudo.
Quant aux devinettes, have fun !!!
 
 
-1 #10 wad 26-07-2010 20:24
@NAB
tu es devenu detective ?
Moi c'est le pseudo de Ngo nsiga qui me fascine.. :) C'est pas un hasard..
@Jeny
peux tu nous dire que signifie "Nsiga" en basaa ??

Citation en provenance du commentaire précédent de N.A.B :
hum hum hum Ngo Nsiga .......je devine aisément qui se cache derrière ce nom!!!
 
 
#9 N.A.B 26-07-2010 20:06
hum hum hum Ngo Nsiga .......je devine aisément qui se cache derrière ce nom!!!
 
 
-1 #8 26-07-2010 11:00
NAB, il faudrait reconnaitre qu'il y'a des catégories d'articles ici; on lit parfois le fruit d'un travail longuement pensé et préparé; et quelques fois on a l'impression qu'on "tape les divers" à l'écrit.
Nkaa. Heureusement qu'on n'a pas les mêmes préréquis ni les mêmes héros... Les tiens font des "gars de la cité sic" des gloires... Fallait y penser !!!
Manmut le roi des commentaires... Mais entre les clins d'oeil et les coups de fil; je te prie tt simplement de r-e-c-o-p-i-e-r mon nom. C'est Ngo Nsiga et rien de ce que tu reproduis là !!!
 
 
-1 #7 25-07-2010 06:02
à court d'inspiration.. wow.. Si ce n'est une injure.
En tout cas, il faut parfois lire ce genre d'article que je qualifierai, moi d'article de détente. On apprend mieux en s'amusant. Après Mbog Lia'a, il faut bien apprécié l'art de chez nous.. qui est tout aussi un thème de notre beau site.. L'ART dans tout son ensemble.
A Nsango Nka'a, j'aime bcp écouté la méga-giga-web star et particulièremen t cet album de Trajectoires ! et je me suis amusée à te lire, c'est ce que je recherchais ds ce site..
Jeny, j'aime ton comment !
 
 
-1 #6 Manmut 24-07-2010 23:01
Il ya le bolo qu'on fait par amour, il y en a qu'on fait par benevolat, il y en a quand fait par mercenariat etc....ces femmes parle certainement d'un devoir qu'elle accompliraient par amour....
je n'y voit rine d'abcene...
Meme le macon a le hinoo i bolo. Non! On ne peut pas rduire cette expression à la vie sexuelle, tout savoir faire " manuel" implique un hinoo bolo.
Mais alors ici, le travail figurée est-il d'ailleurs manuel.
J'aimerais lire Ngo Nsinga au delà de ses commentaires à un sous.
Un clin d'oeil à Nkaa....
 
 
-1 #5 23-07-2010 16:58
@ Jeny,
eé´@ manké, un proverbe chez les bosch dit "à propos des goûts on ne peut pas enn discuter" Si tu me demandais mon goût personnel je t'aurais repondu. Mais je ne sauurais parler au nom de tous les hommes.
Cela dit je suis d'accord avec toi que notre Giga star ne raconte que le quotidien de plusieurs d'entre nous, mais je suis un jeune papa et par conséquent un peu stricte sur la morale.
cela dit ca n'enlève rien au qualités de l'artiste
 
 
-1 #4 23-07-2010 16:50
Ngo Nsiga,

"la dose d'objectivité et de finesse" justement c'est de pouvoir lier les deux. l'un constituant la trame à travers laquelle se lit, s'explique ou se comprend l'autre. Ici la bringue me permet de comprendre une chanson, du moins ses paroles et l'utilisation que les gens en font.

Evidemment il faut un minimum de prérequis pour pouvoir le comprendre cela.
 
 
#3 jeny 23-07-2010 16:49
Quelle ambiance dis donc !!! Chorégraphie et tout ! looool !
J'ai beaucoup aimé la narration.

Mais Mbombog, J'aurais aimé que tu nous dresse un bon CV type
Si tu es un peu honnête, tu reconnaitras qu'elles ne sont pas si loin que cela de la vérité. Je parle de ce qui est et non de l'idéal.

Il tombe à pic d'ailleurs ton sujet qui me rappelle une conversation ressente où un amie me demandait pourquoi les bassa aiment demander aux femmes auxquelles il s'intéressent si elles savent cuisiner ( Mee a, u nyi nlamb e ?).

Belka Tobis ne fait que raconter les réalités de son monde. Et ce qu'il dit, il ne l'a pas inventer à mon humble avis. Le ventre et le bas ventre disait l'autre. Je te trouve un peu dure avec lui. Au lieu de traiter de façon obscène ce sujet, il a opter pour les subtilités de notre langue, et perso, j'apprécie.
 
 
-1 #2 N.A.B 23-07-2010 16:08
Je viens de lire un commentaire ou Ngo Nsiga reproche aux autres de critiquer les écrits des autres................je me demande si cela est valable uniquement sur les écrits de certains auteurs........
 
 
#1 23-07-2010 15:44
Il faut une bonne dose d'objectivité & de finesse pour commenter une chanson ou raconter une "bringue" !
Et à court d'inspiration il faut savoir déposer sa plume.... Mais je suis tout de même fan du dernier paragraphe qui fait des "gars de la cité sic" des références, de sages conseillers !
 

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