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Aladin Bikoko: une disparition qui interpelle les pouvoirs publics camerounais

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Au Cameroun, le monde de la culture en général et de la musique en particulier vient à nouveau de subir une énorme perte. Énorme par la qualité de ce que représentait celui qui aujourd’hui laisse un vide, un néant dans le patrimoine artistique de notre pays.  Sa longue et riche expérience puis le temps avaient fait de Jean Aladin Bikoko, une vraie mémoire du patrimoine national et véritable livre de l’Assiko. Une disparition qui met donc en évidence un autre drame qui se résume en la question suivante : Mais qu’avons-nous fait pour que cette mémoire ne s’éteigne elle aussi avec la disparition de l’homme qui l’incarnait ?

Un vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle nous enseigne l’adage qui, une fois de plus, se vérifie avec la disparition de Jean Bikoko Aladin, parce que rien n’est fait au Cameroun et au ministère de la culture dans la conservation afin d’instruire sur le passé et inspirer l’avenir. Une assertion valable en son temps et à son époque qui hélas continue à se vérifier de nos jours où les supports de conservation grâce aux nouvelles technologies sont légion avec les compétences qui vont avec. Ceci constitue tout simplement une violente agression à la compréhension et aux réalités de notre temps. Comme bien d’autres avant lui, Jean Aladin Bikoko brûle toute la science qu’il représentait parce que notre société s’est montrée incapable, s’est montrée indifférente une fois de plus à ce que représente une mémoire pour un peuple, pour un pays.

A défaut de s’occuper de ces personnes qui incarnent cette mémoire collective, celle d’un savoir-faire, n’est-il pas aujourd’hui venu le temps de capitaliser leurs connaissances en constituant des bases de données qui serviront pour la rédaction de l’histoire et s’avèreront une véritable source de renseignements ?

Telle est la question à laquelle, les autorités camerounaises et le ministère de la culture camerounais en particulier doivent commencer à réfléchir pour trouver des solutions à un réel et véritable problème d’une acuité certaine ; celui de la conservation, de l’entretien et de la pérennisation de nos mémoires culturelles pour éviter le processus du perpétuel recommencement dans lequel l’aboulie, le manque de perspective, l’égoïsme [qui consiste à bloquer une action de portée collective parce que son intérêt personnel n’est pas satisfait]qui constituent aujourd’hui de réels obstacles d’une telle approche nous conduisent.

Qui mieux que Medjo Me Som Jacob hier et aujourd’hui Aladin Bikoko pouvaient relater l’histoire de l’Assiko ? Depuis de longues années, cette interrogation s’est posée sans qu’on ne lui apporte en guise de réponse que des pis-aller, des solutions définitivement provisoires, des ersatz de solutions; et tout laisse à croire qu’elle se posera encore demain pour d’autres disparitions du même acabit, parce que la culture semble définitivement ne  représenter qu’un détail mais de très moindre voire sans importance aucune pour notre pays et pour les personnes en charge de ce domaine.

Lorsque le guitariste Jaylou AVA sur le réseau social : ’’Quelle rage pour moi !!! Il faisait partie des icônes de chez nous que je voulais absolument interviewer pour mon documentaire (la mémoire de la musique camerounaise) qui a été saboté par le ministère de la culture!!! Putain ça fout les boules!!!!!!!!!! Ohhh non !!!!!!!! ’’ nous dit sa grande tristesse comme celle de nombreuses personnes d’apprendre la disparition du précurseur Jean Aladin Bikoko et que par la même occasion nous apprenons que tout a été fait pour l’empêcher de réaliser un documentaire sur la mémoire de la musique camerounaise dans lequel devait également intervenir Jean Aladin Bikoko, une évidence pour tout esprit investit d’un peu de cohérence, nous ne pouvons que nous insurger et dire notre incompréhension, notre indignation, notre colère devant un tel refus dont les causes ou les raisons ne s’appuient que sur un égoïsme exacerbé, doublé d’un manque de vision de celles et ceux qui torpillent des projets à forte dimension et valeur historiques. C’est tout simplement un assassinat de la culture.

Puisse donc le symbole de la disparition de Jean Aladin Bikoko être le détonateur d’une politique plus généreuse, plus volontariste afin que les mines d’informations que représentent nos ’’vieillards’’ [dans le sens que lui a donné Amadou Hampathé Bâ], dans leurs domaines respectifs ne disparaissent avec eux. Ce capital aujourd’hui négligé par les autorités est pourtant d’une inestimable valeur matérielle mais surtout bénéfique pour la cité et non pour quelques individus.


Source : www.tribune2lartiste.com



Commentaires  

 
#4 08-08-2010 07:01
C'est ce qui arrive quand on laisse l'excellence entre les mains de certains, le grand nombre qui croit avoir compris les règles du marché, préférant l'actualité, la gloire immédiate et la fortune le jour même. Si seulement cette actualité pouvait en garder un peu pour l'histoire, nos cultures ne souffriraient pas e tant de déficits.
 
 
-1 #3 27-07-2010 14:07
Manmut chacun doit faire sa part! Les pouvoirs publics doivent mettre en place la structure et les citoyen(ne)s, de la façon qui les arrangent, doivent s'organiser autour. L'absence de structure de la part de l'état pénalise énormément mais n'empêche évidemment pas que des initiatives soient prises!
Maintenant oubliez les pouvoirs publics (du moins sous ce régime en attendant de voir le suivant) car ils ne feront plus rien. Pensons le problème dans un autre paradigme et je vous assure que c possible.
Aujourd'hui que faire de l'héritage artistique et des multiples aspects culturels qui ressortent de l'oeuvre de Aladin Bikoko?
Le moment venu, je contacterais Aladine et nous saurons laffiner le projet que j'ai en tête!
A très bientôt et bonne journée à tous.
 
 
#2 26-07-2010 02:50
Manmut,
Nous n'ignorons pas que tout part de nous ! Peut-être fallait-il que M. AVA fasse son documentaire sans l'aide du ministère de la culture sachant que ds notre pays, lorsque tu penses bien, on t'étouffe !
Que veux-tu, le truc c'est que chacun essaie de faire à son niveau surtout dans sa maison.. et losrqu'on a pas de moyen pr faire ses choses, que doit-on faire.
JE suppose que si le gouvernement, est là, cela veut dire que la population la voter pr le bien de la Nation, pour travailler pr la Nation.
Sans ressources financières et humaines, que peut-on faire ? Si ce n'est la contribution des pouvoirs publics.
 
 
-2 #1 Manmut 25-07-2010 15:22
Le changement doit etre fait à partir de la base, c'est-à-dire de LLB par exemple.
Toujours critiquer les pouvoirs publiques c'est nier la responsabilité de la societe civile...que faisons nous, en ce qui nous concerne?
 

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