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Noël: Quels enjeux pour nous africains ?

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Dans deux jours le monde entier, dans sa grande majorité fêtera Noel. Du nord au sud, de l’est en ouest ce sera l’occasion de grandes liesses populaires.De réunions de familles caquetantes, de débordements d’effusions. Mais aussi de partage, de rituels et d adorations. Chacun y va de ses convictions, de ses prétextes ou de ses envies. Mais qu’en est-il réellement ? Cette fête est elle si bien accueillie partout ?Dans le monde les villes et les maisons se parent telles des promises en attentes de leurs fiancés. Comment en sommes nous arrivés là ? Que revêt réellement cette fête qui fut imposée à tous  En 506 par le concile d’Agde ?

La genèse de noël.

1. Origine de la fête du 25 décembre

La fête pré chrétienne du 25 décembre à Rome

Dès le premier siècle avant J-C, on célébrait à Rome le culte de Mithra, importé à Rome par les légionnaires romains. Mithra était la divinité perse de la lumière. On la fêtait le 25 décembre, pour le solstice d'hivers. La naissance de Mithra ou le soleil invaincu (Dies natalis solis invicti) était marqué par le sacrifice d'un jeune taureau.

En 274,  l'empereur Aurélien déclare le culte de Mithra religion d'état et il fixe la célébration du solstice au 25 décembre.

La fête du 25 décembre devient une fête chrétienne

Fêter un anniversaire de naissance ne faisait pas partie des traditions juives, car ces pratiques étaient d’origines païennes (non juifs).  Les premiers chrétiens les ont rejeté jusqu’au 4e siècle de notre ère. La fête de Noël n'existait donc pas au début du christianisme à cause de son origine païenne. C’est d ailleurs encore le cas chez les Témoins de Jéhovah qui ne célèbrent pas Noël. C'est seulement à partir du II° siècle que l'Église a cherché à déterminer dans l'année le jour de la naissance de Jésus sur lequel les évangiles ne disent rien. Des dates différentes ont été proposées : le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril ...

A Rome, l'Église a choisi  le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus, sans doute pour faire de l’ombre à la fête païenne de la naissance de Mithra. Vers 330 ou 354,  l'empereur Constantin décida de fixer la date de Noël au 25 décembre.

En 354,  le pape Libère instaura la célébration de la fête du 25 décembre qui marque le début de l'année liturgique. Cette date a une valeur symbolique pour eux car, elle s'inspire de Malachie 3/19 et Luc 1/78, où la venue du Christ est considéré comme le lever du "Soleil de justice". Ce qui fait que la fête de Noël célèbre ainsi la naissance de Jésus soleil de justice.

Noël progresse en orient et en Gaule : en 379 à Constantinople puis au Vème siècle, où il arrive dés le début en Gaule, vers le milieu à Jérusalem et à la fin du siècle en Égypte. Dans les Églises d'orient, au 4ème siècle on célébrait sous des formes diverses le 6 janvier la fête de la manifestation de Dieu.

2. Histoire de Noël jusqu'à la fin du Moyen Age

L'empereur Théodose en 425 codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël. La fête du 25 décembre est devenue exclusivement chrétienne. Clovis est baptisé dans la nuit de Noël 496. En 506, le concile d’Agde en fait une fête d’obligation. En 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé.

La messe de minuit se célèbre dès le V° siècle, avec le pontificat de Grégoire le grand. Au VII° siècle, l'usage s’établit à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l'aurore et la messe du jour le 25 décembre.

La fête du 25 décembre, fête de Noël, s'est répandu progressivement en Europe. Elle a été célébré dés à la fin du V° siècle en Irlande, au VII° en Angleterre, au VIII° en Allemagne, au IX° dans les pays scandinaves, au IX° et X° dans les pays slaves.

A partir du XII°, la célébration religieuse de la fête de Noël est accompagnée de drames liturgiques, les "mystères" qui mettent en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouaient primitivement dans les églises, puis sur les parvis.

3. Histoire de Noël depuis la période dite de Renaissance

Les crèches d'églises apparaissent en Italie au XV° et l'arbre de Noël en Allemagne au XVI°. Puis les crèches familiales, napolitaines puis provençales, se développent à partir du XVII°.

Au moment de la Réforme en1560, les protestants s'opposent à la crèche et préfèrent la tradition de l'arbre. Avec la contre réforme au XVII°, les représentations des drames liturgiques sont interdites parce qu'elles sont devenues trop profanes.

Au XIX°, le père Noël apparaît aux États-Unis. Il se répand en Europe après la deuxième guerre mondiale. A partir du XIX°, les organismes de charité offrent aux plus démunis le traditionnel repas de Noël. Actuellement, cette fête tend à devenir principalement  une fête de l'enfant et de la famille.

QU EN EST-IL DONC REELLEMENT ?

Aujourd’hui il n’est plus question pour un esprit éclairé de se poser des questions sur les manipulations historiques dont il a été question pour instaurer et imposer cette fête à tous. Sans prendre partie ou plutôt sans mettre en avant mes convictions personnelles, il me semble important aujourd’hui de souligner ou de rappeler cet état de fait.

Il me semble important de saisir cette occasion en vous (re) présentant ici des faits que certains connaissent déjà. Il ne s agit pas ici de dénigrer ou de critiquer les choix des uns et des autres. Et encore moins de valider tel ou tel croyance. Il s agit juste de rappeler aux internautes de Liten li bassa que aucun choix n est anodin. Dans une société basée sur l’impérialisme et la domination il devient impossible de ne pas être militant. Il devient impossible, de ne point se poser des questions. Il devient suicidaire pour soi même, mais aussi pour de tas d autres personnes de suivre une mouvance qui ne sert pas nos intérêts. Un intérêt de survie face à une masse asphyxiante. Un intérêt de survie face à une masse écrasante et menaçante. Il devient salvateur de se mêler à ceux dont les intérêts convergent vers les nôtres. C’est ce qu’à fait l église catholique il y a quelques siècles. Une époque pas si révolue…

Au quatrième siècle,  les objectifs de l’église étant de faire obstruction aux divinités païennes, le 25 décembre date stratégique fut choisi pour détourner ces adorateurs de leur Dieu, qui n’était pas le même que servait leur congrégation.

A la fin du dix huitième siècle, les premiers missionnaires Chrétiens arrivent  sur les côtes Africaines accompagnées de leurs compères explorateurs et aventuriers de toutes sortes. Leurs intérêts convergent, et leurs objectifs sont simples : Recruter de nouveaux chrétiens pour étendre leur pouvoir. Et pour les autres s enrichir ou étendre leurs territoires de chasse. Ils n’hésitent pas à s associer comme nous l’apprend l’histoire,  pour mener à bien leur objectif avec tous les moyens dont je ne ferai pas l’étalage ici.

Ce qu’il y a à retenir dans ces faits, c est que chaque peuple, à son identité et sa culture. Une culture qui le définit et qui le guide au quotidien. Chaque chose, chaque fête, chaque célébration à un sens, une symbolique qui est choisit ou définit par cette volonté qu’ont les initiateurs à imposer leur vision au monde. Une vision du monde commune, qui les unifie. Un rêve commun qui les galvanise et les pousse vers un avenir constructif et sécurisant. A quand le notre ? Quel avenir pour nous ? Quelle célébration ? Quel moteur galvanisant ? Quelle célébration ?  Quelle identité laisserons-nous à nos enfants ?  Il serait intéressant entre deux bouchées de mbongo’o nyik de se pencher sur ces questions oh combien importantes.

En attendant il me semble de bon ton de souhaiter bonne fête à ceux qui fêtent. Mais quelle fête ? De la nativité ? Des enfants ? Du Dieu Soleil ? Finalement bon appétit me semble plus approprié.

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