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A vos plûmes : Mes vacances

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C’est le moment où presque tout le monde s’affaire autour de moi pour s’offrir la trêve tant attendue en famille, entre amis, à la découverte ou au parcours habituel de la destination choisie. Les distances seront réduites et c’est avec un enthousiasme non feint que les sacs et valises se préparent.

 

Pendant une période précise, la vie sera au ralenti et bonjour la rupture avec toutes les habitudes prises et gardées pendant l’année. On mange, se repose, s’amuse et s’éduque différemment. Ceci résume un peu l’avis reçu des amis qui vont en vacances à des destinations que je tairais. Car au plus profond de ma mémoire les vacances commencent et se terminent à Minka et n’ont de sens que dans ce cher village.

Un train quitte la gare grouillante de monde, de vivres, d’animaux et des plus bruyantes soit de Douala ou de Yaoundé ; une animation assez spéciale pendant le trajet ; des arrêts de cinq minutes chacun aux gares encore en activité, et enfin l’heureuse arrivée au village.

Village dans lequel tout le monde est connu, parent, et dans lesquels les joies et les peines d’une famille sont celles de tous. Pendant le séjour, les activités redondantes mais réussissent à chaque fois de rassembler les populations.

Le marché aux aurores, les travaux champêtres ; les passages quotidiens du train (avec les petits commerces qu’ils développent), les tournois de foot (avec la fortune et la gloire assurée pour nos stars à nous et le soutien indéfectible aux perdants) et autres activités meublaient le quotidien sous des pluies interminables et qui ne freinaient en rien l’engouement des populations de tous âges !

 

Pour avoir fait partie de ceux qui rechignaient à aller passer quelques semaines au village car totalement privés des commodités modernes, c’est avec une profonde mélancolie que cette évocation me rappelle qu’il y’a une vie sans pollution, sans technologie mais surtout sans la méfiance. Car la méfiance a fait disparaitre le lien qui unissait autrefois des familles ; la socialisation est des plus superficielles. On a appris à se passer de la dizaine de cousins, d’associations familiales mais plus encore, la vie au village – pour ceux qui s’y rendent encore est réduite au séjour entre quatre murs d’une brièveté et d’une ponctualité jamais flexible.

De nos jours, le village a été déserté par les siens et les travaux champêtres sont désormais effectués par des salariés et cet exode rural a apporté sa vague d’inconfort. Cette autre forme de la mondialisation apporte donc la connexion internet sans fil dans des zones où l’électricité courante n’est pas stable ; le transport est assuré par les motos taxis pour les personnes du troisième âge ; et le chant des oiseaux cherche sa voie parmi les sons de coupé décalé diffusés à longueur de journée et à tue tête par les tenants des points de commerce du village.

Je m’y retrouve et m’y ressource tout de même car il n’ya pas d’endroit comme le chez moi, l’appel de la terre fait son bout de chemin et bravé les milliers de kilomètres pour me rappeler que home is home.

 

Commentaires  

 
#4 wad 20-06-2011 12:14
@sandrine
Tu reveilles bcp de choses avec ce texte. Ces bon vieux temps entre les marchés perioodik et les championats intervillages. Thanx
@jeny,
les conditions de vie ont changé. L'ecole est payant et tout est cher. La jalousie et l'envie augmente de facon automatique. Les elites pechent par manque d'organisation ...La mefiance il y en a partout, même dans nos villes.
Pour moi, mon Nkohom Natal, Ou alors Ibai ou Nkon Ntap restent irremplacable. Soon I will be there :)
 
 
#3 N.A.B 20-06-2011 11:16
Je ne sais pas, et franchement je ne me pose pas la question. Pour moi la question est: ais je un autre véritable chez moi que ce village? la réponse s'impose: NON. Aussi continuerais je à y aller.
 
 
#2 jeny 18-06-2011 21:35
C'est une plaie que ce texte ouvre, pour qui garde de merveilleux souvenir de son village, et qui est aujourd'hui constate cette méfiance entre personnes qui Jadis se réunissaient tous les soirs pour diner.

Les soupçons sont-ils au moins fondés ?
 
 
#1 d.nogbanga 15-06-2011 16:43
L’Afrique ah notre Afrique!
 

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