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Je suis 100/100 moi-même!

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Il est un usage sur lequel tous les peuples du monde font l’unanimité : Les présentations. Partout et quel que soit sa culture ou son encrage géographique, il convient toujours de se présenter lorsque l’on fait de nouvelles rencontres. Cette pratique commune à tous, peut différer dans la forme en fonction de chacune des cultures qui jalonnent ce monde. Mais, elle cache néanmoins un but commun et inavoué.

En effet qui ne s’est jamais entendu posé cette question ? Qui n’a jamais été interrogé de la sorte ?

-         « De quelle origine êtes-vous ? »

A la sauce Camerounaise cela devient :

     -     « Tu es quoi ? »

     -     «  Quelle est ton ethnie ? »

Cette question d’apparence anodine a pour but commun de définir avec exactitude nos interlocuteurs. Nous voulons tous savoir à qui nous avons affaire. Aussi utilisons-nous des repères auxquelles nous avons été conditionnés pour définir le monde et les personnes qui nous entourent.

Nous sommes la somme de ce que nous avons vus, entendus et vécus. Force de cette affirmation, est-il possible de se contenter d’une réponse sur les origines de nos interlocuteurs

Pour les identifier en tant que individu ? Apparemment oui par le seul fait que cette pratique survit depuis la nuit des temps. En déroulant sa lignée, on livre une partie de soi. La partie générationnelle, celle qui nous a été transmise bon gré mal gré et dont nous héritons logiquement.

« Je suis une Camerounaise ». Cette seule affirmation porte en elle le poids de l’histoire du Cameroun et m’y relie. Ainsi je ne fais plus qu’une avec le reste du Cameroun. En m’écoutant m’affirmer ainsi, mon interlocuteur peut entrevoir en moi toute l’émotion, toute la personnalité de ce peuple. Aussi aura-t-il du mal à me dissocier de lui à chaque fois qu’il voudra me cataloguer ou me décrire.

« Je suis une basa’a », « je suis une Bafia », « je suis une Bantou » me voilà une fois de plus affirmative. Je deviens aux yeux de mon interlocuteur la basa’a, la Bafia, la Bantou. Je porte dès lors cette identité, cette aura qu’ont laissée mes ancêtres au fil de leur traversée dans le temps. Leur histoire. Leur force. Leur douleur et parfois leur faiblesse. Me voilà donc identifier par mes interlocuteurs et tant mieux pour tous !

Mais cette appartenance criarde à une entité qui nous dépasse est-elle toujours un vêtement facile à enfiler ? Y’a-t-il pas le risque de se retrouver empêtrer dans ce costume aux abords trop large. Et aussi y’a-t-il pas un risque d’enfermement ? Voire d’étouffement ? Car en déclarant notre appartenance à un groupe, à une famille, à une philosophie donnée on lui donne le droit de régir notre vie. De contrôler notre pensée. De guider nos agissements et de suggérer nos positionnements idéologiques. Bref on lui cède notre individualité.

Nous voilà donc prisonnier de cette identité qui nous définit. Prisonnier des autres qui nous y enferment et de nous-mêmes qui les laissons faire. Mais que faire lorsque en notre être se côtoient plusieurs identités ?  « Je suis Basaa » Ais-je affirmé, aussi devrais-je m’attendre à ce que mes interlocuteurs cherchent tout signe distinctif me rattachant à ce peuple. Et par quoi commencer si ce n’est par mon nom ou la langue avec laquelle je m’exprime si spontanément ?

Voilà donc une Basa’a qui porte un nom Bafia et qui parle la langue Française. Suis-je toujours Basa’a ? La question ne se situera pas à ce niveau diront certains qui en auront plutôt une autre. Basa’a de père ou de mère ? Question somme toute importante selon les repères de ce monde. Car ne le dit-on pas souvent ? Et ne le prouve t- on pas presque toujours sur le papier ? L’enfant appartient à son père. Du moins au père qui le reconnaît. Me voilà donc renié en tant que Basaa. Puisque j’y suis rattachée par ma mère. Mais suis-je pour autant moins Basaa que Bafia ? Pas si sur si on s’en réfère à la définition de notre identité citée plus haut. De la même manière que ces interrogations sont souvent posées au Cameroun, nous les retrouvons aussi une fois que nous en sortons sous une autre forme. Vous êtes Français ? Par qui ? Vous adoptez telle attitude ? Pourquoi ? N’êtes-vous donc pas Africains ? Basa’a ? Bulu ? Bantou ?

Le constat est donc fait : il est quasiment impossible d’après nos repères d’identifier un individu isolé. Mais est-ce une raison pour tuer en chacun d’eux l’individualité sous jacente à leur appartenance à un groupe donné ? Je me souviens de ce cours de sciences naturelles auquel j’ai assisté alors que je faisais la classe de 4 éme ou 3eme. Il me souvient que ce cours s’intitulait : Originalité de chaque être humain. Il nous apprenait que Chaque individu est unique car il est issu d’une double loterie génétique.

A l’image donc de chacune de ses cellules œuf qui possède une combinaison informatique unique venant du gamète du père et de celle la mère et qui donnera un individu unique, nous sommes tous une combinaison de tous ces héritages parfaitement repartis en nous que nous avons reçus tout au long de notre existence et qui font de nous des individus uniques. Nous sommes la somme de ceux qui nous ont précédées, tout en étant ces êtres particuliers qui laisseront à leurs descendances les clés d’une partie de leur identité.

N.L.B

Commentaires  

 
#1 Samedi 01-07-2011 13:22
Rappel bienfaisant ... Car l'identité, la vraie est la somme de la spontanéité, des échanges, mélanges, qu'on tire coe leçons des hauts et bas que la vie & le temps ns enseignent.
Le produit de la double loterie génétique est donc appelé à se parfaire toute la vie et partout où il se trouve(rait) !!!
 

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