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Aladin Bikoko : Une icône enterrée

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Je me lève aujourd’hui avec une honte dans le ventre. Comment ai-je pu zapper cette date si importante pour ma culture, pour mes origines, pour mon peuple. Celui qui a tout donné : il donna de lui-même, mis sa famille à contribution, pour rien en retour.

 

Avec son art, il a élevé tout un peuple, ce peuple qu’il a supplié des années durant de l’aider à améliorer ses conditions de vie, notamment son état de santé. Ce peuple, qui retrouvait sa fierté dans sa musique connu de par le monde, mais qui a préféré ignoré sa souffrance.

Ses dernières années de vie, on a pourtant commencé à percevoir une certaine prise de conscience aussi bien de la part des promoteurs que des artistes. On le voulait de retour sur scène, on voulait qu’il puisse enfin jouir de son travail, on projetait d’écrire ses mémoires, etc. On avait enfin reconnu qu’il était une icône et qu’il fallait rendre à César son dû… trop tard peut-être mais les intentions, probablement calculées, étaient louables. Il était sollicité partout jusqu’à l’heure de son dernier souffle.

En visionnant à nouveau cet enregistrement de la soirée de Litén Li Ngock, la grande soirée culturelle dont le promoteur n’est autre que l’artiste aimé et mbombog controversé Benoit Bitton, je revois cette scène ou le flambeau fut donné à Aladine Bikoko pour assurer la relève. Puis je repense aux remarques de certains artistes des milieux d’Assiko qui disent n’y avoir rien compris : Sur la plan famillaile« Depuis quand une fille succède-t-elle son père chez les basaa quand ce dernier a laissé des fils?». Sur le plan artistique, certains ne voient pas comment la relève du père guitariste et chanteur sera assurée par la fille danseuse.

L’acte posé par les Mbombog Mbouck Guillaume et Makang était-il spontané ou était-ce l’objet d’une mure réflexion de sage ? Ont-il seulement consulté les différentes parties prenantes ? A cela, je conviendrai avec Yvette Bassega qui me disait ceci « c’est grâce à son talent uniquement que l’on reconnaîtra le véritable successeur d’Aladin ».

Quelle image tout de même pour le peuple basaa qui se dit si fier de sa culture et de sa droiture ?

Nous sommes déjà le 03 Août et ce n’est qu’aujourd’hui que je me rappelle qu’il y a un an, son visage marquait nos profil à tous sur facebook. Il y a bientôt un an, des membres du gouvernement on fait le déplacement pour lui rendre un dernier hommage. Les plus grands artistes camerounais, les autorités administratives, religieuses et traditionnelles étaient représentées à Eséka.

Jean Bikoko nous a quittés la 22 Juillet 2010, je ne m’en suis pas rappelé et j’en ai honte. Je croyais pourvoir compter sur les internautes et la presse en ligne pour rafraichir ma mémoire, vous savez, un peu comme ces alertes qui vous permettent toujours de vous rappeler des anniversaires de vos contacts ; double tristesse pour moi.

Nous l’avons vraiment enterré, nous avons oublié Aladin, le maître de l’Assiko. Mais attention, à l’heure où nous rêvons d’une communauté basaa forte et uni, tâchons de ne pas oublier ce que disait Achille Mbémbé : "Un pays qui "s'en fout" de ses morts ne peut pas constituer une Nation."

 

Ngo Nyobe


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