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Editorial : Pour un 'Centre Culturel Bassa, Bati et Mpo’o'

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Si notre peuple est reconnu pour la quantité et la qualité de son intelligentsia, pour son amour de la justice et de l’équité,  force est de remarquer que ce peuple  peine à poser  des actes concrets, visibles et perpétuels, pour donner un tour de manivelle à  l´épanouissement culturel, économique et social de l´aire géographique des Basa’a, Bati et Mpo´o. Le peuple basa’a, bati et mpo´o a  pourtant produit d´éminents professeurs comme Ntamack, Nlep, Ngango, Stanislas Melone, Thomas Melone, Hogbe Nlend, Mboui,  Njeuma, Joël Moutlen, pour ne citer que certains des doyens qui ont servi de modèle(s) à toute une génération postcoloniale.

En dépit de l´existence d´une armada  de sommités intellectuelles issues du peuple Basa’a, Bati et Mpo´o, on ne peut s´empêcher de regretter l´inexistence de structures et d´infrastructures culturelles destinées à la promotion des langues, de l´histoire et de la culture de notre peuple ; à la vulgarisation de la science, de la connaissance et de la sagesse dans les langues de la communauté Basa’a, Mpo´o et Bati ; au développement économique, scientifique, écologique, technologique, industriel et infrastructurel de l´aire géographique des Basa’a, Mpo´o et Bati.

Il est déplorable, de nos jours, que les Basa’a, Mpo´o et Bati,  sans une prétention de chauvinisme ne disposent pas, malgré leur histoire et leur culture séculaires, d´institutions et de monuments, pouvant témoigner de nos apports ou contributions à la société camerounaise, à la Civilisation africaine ou même  mondiale. Je suis assez triste de savoir ou de constater  que la carrière de plusieurs talents Basa’a, Mpo´o et Bati n’aurait jamais explosé sans le soutien ou la promotion des institutions culturelles françaises.

La création du « Centre Culturel Basa’a, Bati et Mpo´o -- pour la Cohabitation Pacifique entre les Peuples, le Développement et la Coopération Internationale » est plus qu´une urgence. Il serait fatal de continuer à remettre aux calendes grecques la construction et l´ouverture dudit centre, car le vide culturel créé par son absence entrave le progrès éthique, culturel, intellectuel, technologique, industriel, écologique, scientifique, économique et infrastructurel des populations basa’a, mpo´os et bati.

Or, nous savons qu´un tel centre culturel offre des opportunités énormes :

-          des cours d´apprentissage des langues, de l´histoire et de la culture basa’a, mpo´o et bati;

-          des cours spéciaux et formations spécifiques dans tous les domaines possibles du Savoir -- y compris dans les domaines du civisme écologique et des sports ;

-          une salle d’enregistrement et d’entraînement pour les artistes ;

-          une salle de spectacles, de conférences, ateliers, concerts, le théâtre et les lectures littéraires ;

-          une bibliothèque pour les publications et les œuvres artistiques basa’a, mpo´o, bati ; des autres ethnies du Cameroun et pour les archives et la documentation ;

-          une salle multimédia ;

-          une maison d´édition ou une cellule chargée de l´édition pour la publication des travaux de recherches et autres œuvres;

-          une cellule chargée de fondée l´'Académie de l´Univers Basa’a, Bati et Mpo´o '

-          un centre de ressources pour la recherche ;

-          une cellule de la coopération avec les associations bassas, mpo´o, bati et avec les Bassas des autres pays africains;

-          une cellule de la coopération internationale et du développement intellectuel, industriel, infrastructurel et économique de l´aire géographique de la communauté basa’a, mpo´o et bati du Cameroun ;

-          un panthéon («  Hall of Fame » en anglais), servant de musée, pour y exposer les photos et/ou les images et les biographies succinctes des figures historiques des Basa’a, Mpo´o et Bati, de l´Égypte des pharaons à nos jours ; les photos et/ou images des Basa’a, Mpo´o et Bati ayant été des pionniers dans leurs domaines de compétences au Cameroun ou ailleurs, ou s´étant distingués par les valeurs éthiques des Basa’a, Mpo´o et Bati, à savoir l´amour de la vérité et de la justice, de l´honnêteté, de l´ordre, de la propreté, de la discipline, du sérieux, du travail, de l´abnégation pour le peuple, de la détermination, de l´intégrité morale et de la transparence; le respect des humains ; la crainte et l´adoration de Dieu / l´Ancien des jours – « Hilolomb » -- et de son Fils 'Mbotbot'; le rejet de la délation et de la traîtrise ; la recherche du bien-être et de la prospérité -- ' mahol' -- de tout le peuple ; la recherche de la cohabitation pacifique entre les peuples.

Une telle structure peut même devenir économiquement rentable. Avec le nombre assez élevé des chaînes de télévision au Cameroun, on pourra s’en servir aussi pour des causeries télévisées, des événements  -- promotions, jubilés, anniversaires, etc.

En parcourant le programme du « Festival Babimbi 2010 de Mbog Liaa », on se rend compte qu’une exposition des œuvres des filles et fils originaires de la Grotte sacrée -- 'Ngog-Lituba' --  y est prévue. Toutefois, ayons tous l´honnêteté d´avouer qu´il est honteux et ahurissant de toujours attendre le congrès assez irrégulier de l’association « Mbog Liaa », ou encore le  « Festival International Bogso-Eséka » (FIBE), pour nous renseigner profondément sur notre patrimoine.

Sans une institution forte, un centre culturel digne de ce nom et bien fourni par exemple, il est pratiquement impossible de préserver le « Mbóg basaá » -- une vision du monde, une manière d’organiser la vie collective, de se gouverner, de produire, de se comporter, d´être, de s´épanouir, de faire preuve de générosité, d’être en contact avec Hilolomb et son Fils Mbotbot --, cette «  institution unique en Afrique », comme l´a si bien dit le professeur Mbombog Titi Nwel.

Certains diront que l’idée n’est pas nouvelle, et qu’elle ne peut se matérialiser qu’autour d’une personne dotée d´une intégrité morale incontestable, et dont les connaissances ou l’amour pour le « Mbóg basaá » sont évidents. Avant d’avancer un nom, précisons qu’un projet comme celui-ci appartient à tout un peuple, et non à un seul individu. Nous saisissons ici l´occasion que nous offre cet éditorial pour féliciter des personnalités ressources comme :

-          le Professeur Pierre Emmanuel Njock pour ses travaux sur la langue basaá dans le cadre du COLBA (Comité de langue Ɓasaá). Nous allons  publier une partie de ses travaux que nous possédons en format 'pdf' -- la conversion en format normal étant illisible.

-          Le patriarche et intellectuel Mbombog Mbog Bassong, pour l’immense travail qu´il a effectué, afin de rendre au  'Mbog' ses lettres de noblesse. C´est un travail que je connais personnellement, pour avoir été son élève au lycée classique d’Edéa et pour avoir vécu le club « Cheikh Anta Diop » qu’il animait au lycée et dans toute la ville, aux côtés du feu Mbombog Nkoth Bissek ; nous sommes entre 1988 et 1991. Et si, plus de 20 ans après, l’engouement reste le même, les convictions et les connaissances se sont fortifiées -- cf. les différents ouvrages publiés par Mbombog Mbog Bassong.

En réalité, le « Centre Culturel Bassa, Bati et Mpo´o -- pour la Cohabitation Pacifique entre les  Peuples, le Développement et la Coopération Internationale » est un projet sur lequel Mbombog Mbog Bassong -- qui bénéficie de l´estime de la communauté camerounaise et de ses pairs 'Bambombog' --   est en train de travailler. Il nous l´exposera personnellement incessamment, aussi pour solliciter notre adhésion et nos contributions logistiques, matérielles ou financières.

Nous ne sommes plus au temps des paroles oiseuses et des actions maladroites ou destructives ; le temps est venu de poser des actes concrets et constructifs, pour impulser l´épanouissement culturel, social, économique, intellectuel, moral et infrastructurel du peuple et de l´aire géographique basa’a, bati et mpo´o. Chaque membre de cette communauté, où qu´il/elle soit, est ainsi convié/e à mettre  la main à la pâte ; l´apport de chacune et de chacun est indispensable. Nous n´avons plus d´alibi ni de prétexte à présenter. En un (1) an, le peuple basa’a, bati et mpo´o -- qui compte plus d´un million d´âmes au Cameroun -- est capable de réaliser ce projet, lequel marquera le début d´une ère nouvelle d´épanouissement et de  prospérité de notre peuple.

En guise de conclusion, il serait donc absurde et ridicule de prétendre ou de prétexter qu´il est difficile de rassembler tous les moyens licites pour matérialiser ce projet. En fait, la survie et la réalisation du potentiel du peuple basa’a, bati et mpo´o passent par la matérialisation de ce « Centre Culturel ». C´est maintenant le temps de mettre en pratique le fameux proverbe basa’a selon lequel « woo wádá ú nkang bé jómb » ; notre colis, le paquet que tous les Basa’a, Mpo´o et Bati sont tenus de nouer ou de confectionner urgemment, c´est notre « Centre Culturel Basa’a, Bati et Mpo´o ».

Wehiong  mbenoun bi Nonga Biteng


Commentaires  

 
#12 28-10-2010 16:11
@ nlogaman:

Sois un peu patient, mon frère. Le temps de la collecte de fonds pour financer les grands projets des basaa, bati et mpôô viendra sûrement. Tout ce que tu peux faire maintenant, c´est de bien planquer ton pognon quelque part, d´attirer l´attention des autres frères et soeurs basaa, bati et mpôô que tu connais au Cameroun et à travers le monde sur "Litenlibassa.com" et sur la collecte de fonds qui sera lancée au moment opportun...
 
 
#11 21-10-2010 13:04
Bonjour tres chers amis et freres, j'aimerais savoir qui dirige ce projet et que faire pour une participation financiere de espace culturel
 
 
+1 #10 16-10-2010 16:04
@ Mon frere Ngue jg:

Je te cite: "Je vous assure que des jeunes y refléchissent vous pourrez découvrir des groupes dans les réseaux sociaux comme facebook qui travaillent dans ce sens!"

Peux-tu, s´ il te plait, recommander a ces jeunes de se connecter regulierement sur "Litenlibassa.com", afin d´ y apporter leurs idees? En realite, il nous ( le peuple Basaa, Mpoo et Bati) sera avantageux de reunir tous les Basaa, Mpoo et Bati autour de la realisation des projets visant l´ epanouissement multidimensionn el de tout notre peuple; nous devons travailler ensemble -- aussi pour eviter l´ eparpillement (dispersion) peu productif...
 
 
#9 16-10-2010 13:17
bonjour mes frères et soeurs!Heureux de vous retrouver pour échanger à propos de notre identité!je voudrais toute suite rejoindre Nkaa sur le 2ème point pour dire à Wehiong que l'intelligence ne se vérifie pas aux diplomes encore moins aux titres c'est une vue de l'occident et pas tout d'ailleurs...je suis pour un tel projet car il redéfinie l'école qui nous fait défaut aujourd'hui pour avoir adopter celle des autres qui n'arrête pas de nous montrer ses limites!je partage aussi la cible et les extensions qu'on pourrait y apporter...Je vous assure que des jeunes y refléchissent vous pourrez découvrir des groupes dans les réseaux sociaux comme facebook qui travaillent dans ce sens!je me souviens d'avoir entendu dans une radio l'appel des gardiens de nos traditions que sont les Mbobog même si on peut se poser des questions sur la qualités de certains...Mais c'est pas l'objet de l'échange!Le plus important étant:comment poser les jalons de cet édifice qui serait l'épicentre notre essor.
 
 
#8 09-10-2010 14:04
Merci a sango WEHIONG de continuer a nous faire part de ce grand projet que je partage aussi.
Merci et beaucoup de courage et encore
 
 
#7 09-10-2010 06:38
Je cite l'auteur :

"Ayons tous l´honnêteté d´avouer qu´il est honteux et ahurissant de toujours attendre le congrès assez irrégulier de l’association « Mbog Liaa », ou encore le « Festival International Bogso-Eséka » (FIBE), pour nous renseigner profondément sur notre patrimoine."

VRAI ET BIEN DIT !
 
 
#6 03-10-2010 02:40
@NAB je suis parfaitement d'accord avec toi; il n y a pas de mal a ce qu'un Mbombog comme Njie Bilek soit mediatise par un non Bassa'a.
@Jenny, puisque les Bassa'a( aucun peuple d'ailleurs) ne detiennent pas le monopole de la technology, certains de nos grands hommes pourraient etre decouverts au travers des espaces comme YOUTUBE, FACEBOOK et autres.
Je crois d'ailleurs que c'est une bonne chose, car bcp de Bassa'a a travers le monde ont maintenant la possibilites de s'abreuver de la riche culture de leur peuple et ses hommes a travers divers espaces de communication, et "litenlibassa.com" en est un exemple.
 
 
#5 jeny 01-10-2010 20:21
N.A.B, quand WAD parle de Charle Ndongo, c'est pour dire que les basaa eux-mêmes ne réagissent pas suffisamment pour exploiter leurs potentiels. Surement pas pour condamner la démarche du journaliste qui a fait un très bon travail. Tout le Cameroun lui en est et lui en sera reconnaissant.

Mais entre nous, si le peuple basaa était bien organisé, un patriarche comme Njéé Bi Lék ne serait pas méconnu, et je regrette comme Wad que ce soit par le canal de youtube que je viens à savoir de qui il s'agit. Je n'y vois rien de chauvin.

Alors oui pour un centre culturelle basaa qui forme les plus jeunes, mais aussi les moins jeunes.
 
 
#4 01-10-2010 17:52
@WAD? JE ne vois pas en quoi le fait que "un sage et intellectuel de nos espaces" soit présenté par Charles NDONGO devrait être considéré comme un problème. Attention à ne pas tomber dans du Chauvinisme. Charles NDONGO est Camerounais je le rappelle, donc il a tout les droits de présenter un sage de son pays................. fut il d une "ethnie" autre que la sienne. Soit on veut faire avancer et connaitre notre culture auquel cas toute aide est la bienvenue, soit on veut juste recevoir des lauriers, dans ce cas on se débrouille pour avoir et revendiquer l exclusivité.
 
 
#3 01-10-2010 16:50
A mankee Nkaa:
Notre frere Wad pense certainement aussi aux enfants comme cible du futur "Centre Culturel Basa´ a, Bati et Mpo´ o"; du moins, c´ est de cette maniere la que j´ ai compris la premiere mission de la future structure: "...des cours d´apprentissage des langues, de l´histoire et de la culture basa’a, mpo´o et bati;". Il est par consequent evident que nos patriarches et sages auront aussi l´ occasion d´ y enseigner et d´ y tenir des conferences...
De plus, nous pouvons noter que les centres culturels mieux organises offrent souvent des programmes speciaux aux enfants...J´ en fis l´ experience quand j´ etais gosse.
Enfin, nous souhaitons que le futur "Centre Culturel Basa´ a, Bati et Mpo´ o " soit quelque chose d´ unique -- quelque chose allant au-dela de l´ ordinaire...Les enfants, les jeunes, les vieux, les adultes, bref chacune (chacun) doit y trouver son compte...
 
 
+1 #2 wad 01-10-2010 14:29
@nkaa
je suis dacc avec toi sur la cible : les enfants. Mais entendons nous qu'un article comme cet edito n'a aucune pretention d'être exhaustif.
Quant à la definition de l'intelligensia, j'ai voulu citer des noms connus. Pas qu'ils sont plus responsables. Non non loin de la.
Mais si nous devons attendre que ce soit Charles Ndongo qui nous presente enfin l'un des derniers sages et intellectuels de notre espace, Mbombog NJIE BILECK MASANIK MANGUELE, à qui la faute ?
www.youtube.com/watch?v=QSLqydOs7WI
 
 
#1 01-10-2010 13:15
@ Wad,

Sous réserve de la lecture du projet, Je me permet de "refléchir à haute voix" sur la cible principale de ce projet.

1°) Je pars du constat que les grands changements qui ont duré ds le tps ont été introduit par les enfants. dc un tel Centre devrait d'abord cibler les enfants dès le bas âge. Pas pr substituer à l'école classique, mais comme complément pour la formation de la conscience collective de demain.

2°) Si l'on considère cela, je pense que les formateurs doivent aussi être bien ciblés. Pas besoin de PROFESSEUR à l'occidental pr passer ce genre de savoir. J'invite d'ailleurs à demythifier ce concept d'intellectuel. regardez ce qu'ils ont fait du pays!

Cela dit, nous avons (Encore..J'espère) ds nos village des gens qui sont depositaires de nos savoirs. C'est ceux-là qui doivent le raconter au plus petits.

Quant aux autres oeuvres culturels et espaces, évidemment que les personnes de tout âge pourront en faire usage.
 

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