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Edito: La connaissance du mbog comme vecteur de notre unité et développement

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Selon Mbombog Nkoth Bisseck, le mbog est « …L’ensemble des lois de la nature telles qu’elles sont identifiées par le savoir social, qu’il soit scientifique, philosophique ou mystique. C’est aussi l’institution socioculturelle qui contrôle la régulation symbolique, politique et administrative du groupe, ainsi que l’ensemble des pratiques associées à cette régulation.

Le Mbog est une sorte de description quantitative et qualitative de la nature et du mode d’appréhension matérielle de sa réalité. En d’autres termes, il condense l’essence du savoir total, [yi mbog], légué à l’homme par les ancêtres, depuis le tout premier, Njambe Nlolomb, et grâce auquel il peut survivre et poursuivre l’oeuvre de structuration entamée par Job, le principe concepteur et tutélaire de l’ordre cosmique : [Nhèg Mbog], [Mwèt Mbog].

 

Le même auteur poursuit la description du mbog en étayant sa structure  sociale, géographique historique et constitutionnelle en disant : « …bien qu’unique par essence, l’institution socioculturelle Mbog se manifeste aujourd’hui chez les Basaâ du Sud-Cameroun sous une multitude de formes régionales distinctes les unes des autres. Ces entités sont de valeurs relatives inégales quant à la cohérence de leur organisation, à la densité du contenu des principes sur lesquels elles reposent et à leur influence sur la société. Nées de l’évolution de la société basaâ sous la pression des grands événements qui ont marqué son histoire, elles apparaissent comme un moment particulier de la recherche de la reconstitution de l’institution générale primordiale. On entend ainsi parler de Mbog Matug, Mbog Biban, Mbog Mabuy, Mbog Nkoda Nton, Mbog Nkoo Balal, Mbog Mpoo, Mbog Bati ba N’on’, etc… »

Il faut, pour mieux saisir l’origine de cet état des choses, d’abord rappeler que le Mbog, en tant qu’institution socioculturelle centrale, entretient avec d’autres corps constitués de la société, plus spécialisés dans l’action politique et dans des domaines religieux, scientifiques ou techniques divers, des rapports complexes de domination et de complémentarité.

S’il faudrait que nous revenions sur le thème même de ce papier : « La connaissance du mbog comme vecteur de notre unité et développement », nous sommes amenés à nous appesantir davantage sur les  axes définitoires du concept du « mbog » pour avoir une idée claire et précise sur son rôle  dans l’Unité et le développement du bassa universel. Lesdits axes sont : ensemble des lois de la nature, institution socio culturelle, description quantitative et qualitative de la nature et formes régionales distinctes.

Pour mieux canaliser notre réflexion, il serait opportun d’établir un distinguo dans nos approche et démarche, d’une part le mbog comme vecteur d’unité et d’autre comme vecteur de développement.

Cela va sans dire, tout  bassa ‘a atypique, qui se prévaut originaire de Ngog Lituba, sait pertinemment que le Mbog est le socle institutionnel, régional, culturel et étatique de son être.

Sur le plan régional, le mbog est distinct d’une partie de la cosmogonie Bassa ‘a à l’autre. C’est par ailleurs (excusez du peu d’être revenu sur cette définition) Mbombog Nkoth Bisseck insiste sur le caractère du Mbog  qui «  se manifeste (…) sous une multitude de formes régionales distinctes les unes des autres. Ces entités sont de valeurs relatives inégales quant à la cohérence de leur organisation… ». Toutefois, et ce heureusement, les bassa’a du monde entier s’accordent aujourd’hui sur  l’importance du mbog dans la gestion quotidienne du patrimoine et des avoirs. Si d’une entité à l’autre, les appellations sont diverses du fait des considérations territoriales, sur le plan culturel, quantitatif et même qualitatif,  l’ensemble des pratiques et des us et coutumes inhérents au mbog sont identiques à tout point de vue. Fort heureusement depuis quelques années, des groupes des bambombog  se réunissent constamment pour débattre des problèmes majeurs des bassa’ a disséminés de par le monde et essaient d’en trouver des solutions. Cela va sans dire, le bassa’ a  à travers la multitude de groupes ethniques et sociaux, sont distincts dans leur savoir - faire et savoir être ; le mbog demeure donc le seul  socle sur lequel nous devrions nous appuyer pour avancer ensemble sur la voie du développement de nos vies, de nos familles, voire de notre ressort géographique et territorial émietté en sous –ensemble par le colon qui voyaient en ce grand groupe soudé une force déstabilisatrice de sa politique de gestion des colonies.

Si à cause du célèbre dicton « diviser pour mieux régner », institué par les colons lors de la division administrative du Cameroun et imposé au peuple  bassa ‘a ; nous sommes aujourd’hui distingués en likol, babimbi, bisso’o, bakoko…. Il revient à nous de nous appuyer sur la valeur intrinsèque du mbog facteur d’union de tous les bassa’ a pour nous rassembler pour mieux avancer. L’initiative des promoteurs du festival « mbog liaa » est ici à louer. Seulement au lieu d’être un moment  de forte gastronomie et  de grandes promotions foraines, il serait indiqué que ce soit beaucoup plus un moment d’union, d’enseignements, d’échanges. Car ne l’oublions pas et on ne le dira jamais assez, un peuple sans culture est voué à la perte, à la division, donc aux guerres intestines. Les exemples autour de nous en Afrique et ailleurs parlent d’eux-mêmes.

Là où la paix passe le développement suit. Ce développement devrait être à la fois, moral, intellectuel, infrastructurel, matériel… Nous avons aujourd’hui, si ce ne sont les plus enclavées, les régions très enclavées de notre pays. Nous avons  axés nos investissements dans  les  grandes villes, et hors du pays et avons oublié les lieux sacrés que nos ancêtres nous ont laissés. Comment pourrons-nous parler du mbog (notre cosmogonie), uniquement sur le papier sans pouvoir le toucher du doigt et en maîtriser la véritable valeur et sa véritable raison d’être. Ceci traduit de notre désir de nous plonger davantage dans la léthargie et de nous voir à chaque occasion reculer.

Notre objectif n’est nullement de donner une quelconque leçon d’histoire, de civisme, de paix ou de développement ; mais nous vouons juste rappeler  que notre base de réflexion, le socle de notre identité, le point de départ de notre développement soit cet univers cosmogonique qui à la fois  garde les lois de notre nature, est le centre de notre identité culturelle et nous permet de nous faire valoir en toute circonstance.

Tout au long de ce mois, les uns et les autres pourront, autant que faire se peut, nous promener à travers d’autres articles, dans  les méandres valorisant du mbog. D’autres nous apporteront sûrement des réflexions étoffées sur la valeur même du bassa ‘a mondialement connu.

Bertrand–Didier Nogbanga

Commentaires  

 
#4 08-08-2011 13:25
merci didier pour cette bonne analyse je trouve ici une trés bonne source d'inspiration il faut reconnaitre je cherchais un document à propre merci mon frere aussi je voudrais bien te demander de l'aide étant donné que tu sois un natif de sipadang peux tu m'orienter ou m'aider à connaitre l'histoire de l'origine de notre peuple si possible me trouver notre généalogie
 
 
#3 HENDE 07-06-2011 20:41
Tres belle Analyse je pense aussi"le mbog demeure donc le seul socle sur lequel nous devrions nous appuyer pour avancer ensemble sur la voie du développement de nos vies, de nos familles, voire de notre ressort géographique et territorial émietté en sous –ensemble par le colon qui voyaient en ce grand groupe soudé une force déstabilisatric e de sa politique de gestion des colonies.", Oui!! vivement que les actes suivent d'ici là,par actes je veux dire ouvertures ou alors du moins projets d'ouverture d'écoles d'apprentissage du Mbog , pour pouvoir sortir enfin notre aire de la désolation qu'elle connait depuis des lustres, merci encore pour cette Analyse ,et je remercie aussi les modérateurs dans leurs nouvelles directives pour empêcher que les posts incongrus ne ternissent plus l'image de notre beau site ,kôkôa i nlaam !
 
 
#2 eoga20 06-06-2011 21:30
La réflexion et l'analyse sont pertinentes et merci.
Longue vie à Litenlibassa et ses intervenants.
 
 
#1 Sack Bayémi 06-06-2011 15:45
Merci pour cet article et pour l'appel à plus de responsabilité de la part d'intervenants pour le moins irresponsables.
J'apprécie et partage l'analyse sur les différentes formes du Mbog et la compréhension du Mbog comme vecteur d'unité et vecteur de développement.
 

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