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Exclusiv : Mbombog Mbog Bassong nous parle du Mbog basaa aujourd'hui et demain...

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Liten li basa’a est heureux de vous interviewer. Bonjour Mbombog Mbog Bassong. Vous êtes un Mbombog q u’on ne présente plus mais qu’on n’a tout de même pas encore fini de découvrir. A quoi travaillez-vous ces derniers temps.

Mon nom est Mbog Bassong ba Boumtjé Bohol Mbing Bong Ipon Nyamath Nsoo Lôg Bilengue (lignage) bí Maket Jôl Yeng Lôg Bassôm (clan) Pâk Ndôk Makumag (litén) má Ngana Jôn Sop Mbog Kwa Mut Mbuwé Ngog Ngé Nanga (loŋ).

Mon objectif est de rétablir les fondements de la pensée africaine du point de vue de l’épistémologie, c’est-à-dire d’en justifier les connaissances et la théorie générale qui lui est sous-jacente. Il y a en effet, en arrière-fond de cette pensée, un ordre qu’on peut formuler comme une théorie, une forme, une loi, ou encore une axiomatique des connaissances (droit, économie, politique, architecture, philosophie…) dont la cosmologie égyptienne constitue la base.

Ce fond cosmologique de la pensée est, aujourd’hui encore, présent dans les mythes négro-africains et leurs dérivés (proverbes, contes, légendes, épopées, aphorismes…), les rituels, les rythmes, les masques, l’organisation sociale, la mystique des chiffres ; ceux-ci en déploient le sens et les propriétés.

La pensée africaine formalise ainsi une théorie du Tout, c’est-à-dire ce qui réellement est à l’origine des archétypes et autres phénomènes émergeant dans notre Univers ; la loi est la même partout (Maât, la spirale égyptienne). L’inscription de Shabaka (copie entre 716 &701 B.C. Texte de l’ancien empire in Théophile Obenga, L’Afrique dans l’antiquité, éditions Présence africaine, 1973) définit Maât comme « l’état juste de la nature et de la société tel que l’a fixé » l’acte créateur, et à partir de là, dans un cas, ce qui est correct, exact, et dans l’autre, le droit, l’ordre, et la vérité » qu’il convient de restaurer la vérité et la justice en toute chose, inanimée soit-elle !

Il est question, pour ainsi dire, d’une ontologie scientifique qui pourrait réconcilier, dans un avenir proche, la mécanique quantique et la cosmologie scientifique en expliquant les réalités comportementales de la matière, contradictoires, voire paradoxales et encore inexpliquées par la physique avancée de notre temps (c’est la grande controverse entre cordistes et bouclistes). Pourquoi la réalité « ce qui est », développe-t-elle un comportement « classique » à grande échelle en raison des superpositions quantiques, et un comportement aléatoire quantique dans l’infiniment petit (registre quantique) ?

Nous pensons que la pensée africaine peut ainsi apporter une issue décisive à cette controverse pour peu que les scientifiques africains s’attèlent à comprendre les réalités rituelles de l’Afrique profonde et aient un peu d’audace mathématique …

En planétologie, j’ai pu formaliser sur la base de cette ontologie égyptienne, une théorie de l’Impactomorphisme (entendue morphologie et structure des impacts de météorites à la surface des planètes) qui pourrait permettre de comprendre, tout au moins en partie, les mécanismes gouvernant certains types de tremblements de terre, de scandales géologiques miniers et pétrolifères, de volcans, etc. Je me propose de donner à cette théorie une nouvelle discipline en termes de topologie structurale des milieux géologiques discontinus à mi-chemin entre la cosmologie égyptienne, la mémoire de l’univers et l’étude des impacts de météorites sur les planètes.

Voici donc un cas où l’Afrique peut donner toute la mesure du savoir ancestral. Il est possible de généraliser cette méthode égyptienne à d’autres disciplines. Je suis persuadé que la même méthode (Maât) peut permettre de réévaluer un certain type de connaissances en science des matériaux, en biochimie, en géochimie, en chimie, en physique des fluides, etc., et consacrer des prix Nobel.

Dans l’ensemble, la pensée africaine formalise ainsi une unicité des savoirs centrée sur le mouvement de l’énergie, mais aussi, une trame hiérarchisée où se superposent et s’harmonisent les êtres physique, biologique, et humain, à toutes les échelles d’organisation de la matière.

Les êtres, les choses, les animaux et les humains sont liés et inséparables dans le fluide énergétique primordial ; ils sont dotés d’une structure algébrico-géométrique qui formalise ainsi la mémoire de notre univers, c’est-à-dire la parcelle divine des anciens Egyptiens, nos ancêtres à tous, avec ce que cela suppose comme implications pour la maîtrise de l’harmonie universelle. L’Occident n’aurait donc jamais prétendu que l’homme doit dominer la nature, de même que la Bible n’aurait jamais dit de l’homme qu’il est né le « septième jour », ex nihilo. Il est le produit d’une longue gestation, fruit de la participation de toute la création dont il est redevable en droit puisqu’il apparaît simplement (et probablement) comme l’être le plus évolué ; c’est-à-dire infiniment complexe au sens du savant juif français Edgar Morin, entre l’infiniment petit et l’infiniment grand. C’est dire que nous devons re (codifier) tous les mythes, chez les Basaá comme ailleurs, puis en potentialiser les vérités scientifiques sous-jacentes.

Dans ce sens, l’Afrique dispose d’une avance considérable sur le reste des civilisations notamment en raison d’une intégration harmonieuse de l’organisation noologique de l’esprit discursif en résonance avec la régulation des sociétés, de l’écosystème et de la science complexe désormais en édification en Occident. La cosmologie égyptienne et africaine montre comment les êtres et les choses sont issus de la pensée solaire (Jôp, nom liturgique du soleil en basaá). Tout part du Soleil dont le nom profane est hyangáá et tout finit avec le Soleil (La terre reprendra la forme du Noun, des eaux infinies, (dit le dieu incréé, Atoum dont l’hypostase est Râ(soleil), en Egypte…Cf. Livre des morts.) La fin du monde est déjà connue …, par le biais de la mort du Soleil prévue dans cinq milliards d’années, âge de notre terre d’après les datations du zircon. Extrême coïncidence, l’homme apparaît au beau milieu de la vie du Soleil.

Les divinités connues en Egypte à l’instar de Seth, Horus, Maât, Atoum, Thot, Râ sont, pour ainsi dire, des principes scientifiques et philosophiques d’une haute portée pour l’esprit humain en général et l’organisation du village planétaire avec à la clé, l’enjeu du développement durable depuis longtemps intégré dans nos traditions millénaristes.

Aussi mes recherches peuvent-elles apparaître, à certains égards, comme l’échine dorsale de cette restauration : Les fondements de l’Etat de droit en Afrique précoloniale ; 2007, Esthétique de l’art africain, 2007 ; La méthode de la philosophie africaine, 2007 ; L’épistémologie africaine, 2010 ; La théorie économique de la valeur, 2010 ; Les impacts de météorites, 2010 ; tous publiés aux éditions L’Harmattan à Paris. Je termine en ce moment, Ankh. Théorie de la communication africaine et La construction d’une sociologie africaine, disponibles pour 2011.

Vous pouvez juger le vaste trésor de notre patrimoine à reconstituer, comme nous le suggérait le savant Cheikh Anta Diop et à sa suite le grand maître Théophile Obenga. Et là, un pas de plus est franchi : à la mémoire de notre histoire restaurée par ces savants, doit correspondre à présent le sens futur de notre humanité à construire par la science. L’Afrique est donc de retour sur la scène et propose, en plus d’un nouvel humanisme, une autre façon de faire la science tout aussi pertinente que celle où l’Occident semble marquer sa contribution à la pensée universelle. C’est le nouvel Ordre scientifique qui s’amorce ainsi sous nos yeux.

L’Afrique a par conséquent, un retard technologique et non scientifique de la connaissance. Ce qui fait problème, aujourd’hui comme hier, c’est la greffe du modèle cartésien hérité de l’ordre dominant, naguère incapable d’en décrypter la valeur (l’intégrité axiologique de l’ossature fondée sur le Principe d’un Ordre de l’univers transcendant toute chose).

Aussi parlons-nous d‘un Universisme philosophique appelé à transcender l’épistémologie de la complexité (cf. la pensée d’Edgar Morin) en raison de cette pertinence et de la portée qui en découle. S’il existe des subjectivités humaines, le référent scientifique égyptien (l’univers) devient indépassable, l’Être-en-soi, Dieu, étant scientifiquement inconnaissable.

L’avantage de cette pensée, c’est que précisément, la science y a précédé la religion, contrairement à la pensée occidentale qui s’est faite sur la base des mythes grecs (Orphée, Sisyphe, Œdipe, etc.) remis en cause plus tard par Socrate, Platon, Aristote…, le Moyen Âge et le Siècle des Lumières, précisément à cause de leur valeur opposée à la raison.


En suivant vos travaux on ne peut ne pas noter votre détermination à projeter et à traduire la réalité sur la base d’un regard purement africain. Pouvez-vous nous expliquer le sens de cette démarche en vous appuyant sur le mbog yes, notre monde basa’a.

Ce qui a effectivement suscité ma curiosité, c’est l’étonnant rapport entre la réalité égyptienne de l’époque pharaonique et la pensée des Basaá du Cameroun qu’il est possible d’établir par le biais de la linguistique historique et comparative, mais aussi les rapports entre cette réalité africaine et la science de la complexité que je découvre chez le sociologue Edgar Morin, le physicien Fritjof Capra, l’économiste René Passet, le physicien Bernard D’Espagnat, le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux, le mathématicien René Thom ou encore le chimiste Ilya Prigogine, pour ne citer que ceux-là. C’est en confrontant ces données de la science de la complexité à la pensée africaine que j’ai pu comprendre très profondément les enjeux de la science et de la philosophie pour la Renaissance négro-africaine.

Le développement qui suit va être long mais il permettra de constater par vous-mêmes ces rapports entre les dieux égyptiens (Thot, Maât, Atoum, Osiris, etc., ou encore les symboles comme ankh) et l’Afrique :

1 Ankh, par exemple, prononcé aŋg, dévoile le spectre linguistique créé par un lignage de mots qui sert de fil d’Ariane au bâti épistémologique de la pensée solaire en Afrique.

Le radical aŋg est au cœur de l’être cosmique et de la création, de la vérité générale de la nature et de l’ordonnancement linguistique des choses et des êtres qui sont assimilés à la pensée des Basáá. L’écriture phonétique et les tons sont conservés pour permettre aux autres communautés de se faire une idée exacte de la signification et surtout, de cet enjeu de la correspondance phonétique du radical dans la composition des mots.

1- Registre de la création de l’Univers :

Hyangáá (le soleil) ; baŋ (fabriquer, construire, édifier) ; baŋgá (verbe créateur) ; báŋ (complet) ; baŋgá yom (chose importante, ayant de la valeur) ; bib bi mbog  (reliques de l’univers chez l’initié) ; etc.

2- Registre des liaisons entre les choses :

Báŋgâl (coudre) ; Kaŋ (attacher) ; háŋ : nouer ; aŋga : compter ; páŋ (à côté) ; mbangó (couture) ; mbáŋg (fagot de bois) ; saŋgâl (faire la paix) ; bangal (relier) ; nyaaŋga (pont) ; jaŋál (carrefour, croisement) ; sanglana (réconcilier) ; pangal (enlever ce qui est rivé) ; paŋg (accrocher) ; baŋâl (économiser) ; etc.

3- Registre de la famille et de la parenté: nyaŋgó (madame, dame) ; saŋgó (héritage) ; linyaŋ (frère et/ou sœur d’une même mère ; enfants d’une même mère) ; nsáŋ (père) ; nyặŋ (mère) ; máŋ (aîné) ; maŋgέ (gamin); etc.

4- Registre de la beauté : láŋ (huile d’amende des noix de palmes) ; nlaŋgá mut (homme noir) ; nyaŋgá (parure, beauté) ; etc.

5- Registre des formes en nœud : aŋg : trait du corps situé entre le sexe et l’anus ; angis (foulard) ; lilaŋ : cravate ; etc.

6- Registre du pouvoir : ŋanε (chef, souverain) ; mbâŋ : politique ; baŋgá (important, vrai) ; ŋgáŋgâp (faire le gros dos) ; ŋgwaŋ (richesse) ; haŋgâ (encerclement, prison) ; etc.

7- Registre du temps : ŋwangá (délai, date déterminée) ; náŋ (grandir) ; kw (jadis, autrefois) ; hikáŋ (sécheresse) ; etc.

8- Registre des fruits : jáŋgolo (mangue) ; lilaŋ (oignon) ; jaŋgá (ananas) ; láŋ : acide ;

9- Registre de l’ordre et du désordre : Báŋ (pardonner) ; caŋgε (cotiser) ; caŋ : se perdre ; saŋ : lutte ; sáŋgál : démêler ; káŋgâ (mensonge) ; ŋgaŋgá ; táŋ : nier ; ŋdáŋ (discorde) ; ŋgáŋ (rivalité) ; ŋgaŋgá (dispute, palabre) ; licaŋg : ruse ; táŋgâl : se plaindre ; sáŋgî : propre ; háŋ : manquer ; kaŋal (détacher) ; kaŋga (brousse enchevêtrée) ; etc.

10- Registre du savoir et de la communication : áŋ (lire ou relier) ; baŋgá (lettre) ; báŋgâl (faire connaître, raconter) ; ŋáŋ (récit, histoire) ; náŋá : inviter ; ŋgaŋgan : guérisseur ; likaŋ : savoir, science, magie ; etc.

Apprécions à présent l’extension de ce même spectre au lingala que nous connaissons moins bien. Nous nous en référons pour cete raison au Dictionnaire Lingala Maloba ma lokota de René Van Everbroek c.i.c.m., publié aux éditions L’Epiphanie à Kinshasa (Zaïre) en 1985.

De la sorte, nous parlons d’unité culturelle entre l’égyptien ancien, le Basaá actuel et le lingala. La question d’une unité possible de races est mise pour le moment de côté.

1 Registre du pouvoir: yangela (administrer, diriger) ; moangéli (dirigeant, gouverneur) ; ángelana (prendre des décisions) ; boángéleli (dictature) ; bokangoli (inauguration, ouverture) ; etc.

2- Registre de l’ordre et du désordre : kakanga (arrestation) ; kangó (contestation) ; lilangá (opposition) ; ángela (conspirer, comploter) ; nzángo (otage) ; ángana (nier) ; tangoa (être séparé, isolé) ; nkánga (menottes) ; gánga (crier fort) ; g ángela (engueuler) bosóani (querelle, dispute) ; etc.

3- Registre du savoir et de la communication : litángi (lecture) ; motángi (lecteur de journal) ; nsango (annonce) ; sangela (communiquer, annoncer) ; bokangisi (synthèse) ; bokangi (contact) ; mokangano (relation) ; biangela (inviter) ; mosangeli (apôtre, annonciateur) ; botángisi (enseignement) ; litángela (dictée) ; tánga (aller à l’école) ; zánga (tête légère, irréfléchi) ; nganga (technicien) ; boganga (prêtrise) ; nganga nkisi (féticheur divin) ; moganga (médecin) ; ngangazambe (le prêtre) ; etc.

4- Registre de la famille et de la parenté : sángó (père, papa) ; bosángoli (héritage) ; sángola (hériter) ; bopalangá (jeunesse) ; palangá (adolescent) ; bobangue (vieillesse) ; bangia (vieillir) ; mobange (personne âgée) ; matangá (levée du deuil) ; makango (amant) ; lolanga (premier versement de la dot) ; ndango (jeu de jeunes filles) ; tánga nkómbó (dénommer) ; etc.

2 Thot, c’est l’ibis aux pattes courtes et plumes blanc rose vivant dans les roseaux. Source de toute instruction et science, maître des arts magiques, il est aussi le scribe divin. Le nœud sémantique de Thot est dévoilé dans la scène de la psychostasie en Egypte : le poids du cœur du défunt doit faire équilibre avec la plume au jugement : Thot vérifie que l’aiguille du fil à plomb de la balance marque la loi d’équilibre nécessaire pour l’admission du défunt au paradis. En Egypte, c’est en effet Thot qui note le verdict sur la palette et l’annonce sous le regard de Anubis, le dieu à tête de chacal ou de chien, maître de la balance et contrôleur du peson réglant le principe d’équilibre, d’équité, de circulation de l’énergie, de la vie éternelle, même sans tribunal des morts. Il s’agit d’une justice immanente qui accompagne nos actions (sous le regard omniscient de Dieu, l’œil de Horus), le fameux « karma » des religions et philosophies apparentées au bouddhisme.

L’initié Basaá dans le Sud-Cameroun dit précisément « Tôs nû », c’est-à-dire, c’est la vérité ; c’est exact, c’est la juste mesure, la proportion d’or, l’équilibre parfait au regard de ce qui suffit, de ce qu’il faut, de ce qui est souhaitable, de ce qui est logique en soi. Tout ceci renvoie ainsi à une justification du « poids léger » que confère la plume de Maât à la Vérité et qu’en tout temps et tout lieu, les initiés d’Afrique noire portent sur leur bonnet comme gage d’un cœur débarrassé d’impuretés et pour cette raison, léger comme une plume.

On attribue aussi à Thot la comptabilité du temps ; il règle dans ce cadre la durée de vie des hommes et des dieux. Ceux-ci meurent et ressuscitent à l’instar d’Osiris tout comme la nature avec les saisons et l’agriculture. En basaá, Tohî signifie le salut et ntohól, le sauveur, probablement en raison du verdict positif annoncé, « Tôs nû ». Le ‘’s’’ se décline tout naturellement en ‘’h’’, conformément à la règle grammaticale de l’extension verbale.

S’agissant toujours de cette comptabilité du temps, Todέ en basaá signifie « se réveiller », « être éveillé » ; todol c’est « réveiller », todol mbok : littéralement, réveiller le mbok s’agissant de l’initiation ; en d’autres termes, remettre l’initiation à l’ordre du jour après son hibernation. Dans ce sens, les choses, les êtres, l’existence ne sont pas immuables, mais subissent l’entropie, le renouvellement par des cycles que l’homme doit respecter, à l’instar du temps de sommeil. Litodε signifie dans ce registre, objet d’entretien à l’ordre du jour, programme dans le respect du temps.

3 Anubis, le conducteur des âmes, est le nom du dieu qui avait embaumé Osiris. Il préside à la momification en qualité de dieu des morts et protège le défunt à qui il assure une bonne sépulture et une alimentation dans l’au-delà. Anubis signifie « chacal » et est souvent représenté sous la forme d’un chacal ou d’un chien noir. Il serait l’équivalent du terme anbú (Bakoko), mbó (Douala), ŋgwó (basáá) qui signifie chien dans ces langues du Cameroun et mbwá (lingala). Chez les Bakoko, la fête du Mpoo est une fête de la récolte osiriennne célébrée chaque année.

Il faudrait y entrevoir davantage une réminiscence du rituel du « chien » anbú, gardien d’Osiris ressuscité à l’instar de son cycle agraire,  et déployé pour la circonstance dans un renouveau constant, chaque fin d’année en période de saison sèche. La symbolique des plantes et de la végétation utilisée est osirienne dans son essence, Osiris étant le dieu de la végétation, de l’agriculture et de la terre.

Faut-il y entrevoir à travers les signes symboliques des palettes zoomorphes de la période protodynastique d’Abydos (Aboudjou de la langue Duala), donc bien avant l’émergence de la civilisation pharaonique, les marques irréfutables des anciens rites agraires Mpoo aujourd’hui présents au Cameroun ? L’archéologue Günter Dreyer interprète, en effet, ces signes comme une écriture symbolique de l’arbre qui signifierait le domaine agricole ; associée au chien, cette écriture signifierait que l’offrande vient des terres du roi Chien1. A la lumière de ce que nous venons d’entrevoir, nous pensons qu’il s’agit simplement d’un rite agraire célébrant le retour cyclique des récoltes, magnifié ici par l’emblème d’ Osiris (l’arbre ou le sapin) qu’accompagne son fidèle protecteur dans l’au-delà, Anubis , dieu à tête de chien, consommé rituellement pour la circonstance par des initiés. Cette fête de fin d’année (décembre) ou de la nouvelle année serait aussi celle du Christ ressuscité, récupéré pour les besoins de prosélytisme par l’église chrétienne. A l’occasion, les populations de la sous région s’exclame « mbú ée ! », ce qui montre bien une diffusion rituelle (fête du chien) de l’événement .

4 Atoum encore appelé Toum, perd son pouvoir dans le Noun l’Océan primordial égyptien au profit dequi entre en gloire dans la phase dynamique du pouvoir. C’est aussi Atoum (dieu soleil) qui, à l’aube, se transforme sur le plan matériel en planté au zénith et en Osiris du soleil couchant. L’idée ici est celle de l’événementiel, du structurant, en lieu et place de l’Etant, de l’Existant de la matière en mouvement, par ruptures ontologiques de phase.

Dans la langue basáá, Tum signifie force et Tumâloŋ héros d’une lutte de libération nationale. Tum a ŋkwó signifie un événement grave intervenu dans la société. Le mot tum (la force), apparaît très proche de tumb, tumba (tomber durement, être frappé durement), tumbup (souffrir, être en colère) qui n’est pas loin de ndumb, son concept dynamique en termes d’état de souffrance ou d’endurance d’une peine (ndumbβa : travail difficile). Atoum est à la fois « la totalité de ce qui est » et « ce qui a cessé d’exister », donc être et néant, vie et mort. Le concept de ndumb(í), fête organisée après la mort du chef de famille, du patriarche, suppose une souffrance affective liée à sa disparition et au terme duquel s’organisent les funérailles ; il marque aussi la formalisation d’une fête de transition qui assure l’importance de l’aphorisme « le roi est mort, vive le roi, le nouveau roi ». Celui-ci doit monter en puissance, en gloire, y remplacer l’ancien patriarche, à l’instar de Râ, la dynamique supplantant Atoum à l’état de latence quantique.

D’un point de vue grammatical, cette transformation de Tum en ndumb est conforme à la règle grammaticale : le ‘’t’’ est transformé en ‘’nd’’. Par exemple, tiŋha en langue basaá, traîner, tarder, lambiner, correspond bien à ndinha, lenteur ; tiimba, recommencer, répéter, correspond aussi à ndiimba, répétition, recommencement ; timbhε, répondre, répliquer, correspond à ainsi ndimhε ; toŋol clarifier et ndoŋol la clarification, etc. Ainsi le ‘’k’’ devient-il aussi ‘’ŋg’’. Pour kemhε, accepter, on obtient ŋgemhε l’aveu, et pour kiiŋa, tourner autour de soi-même, faire un tour, on a ŋgiiŋa, la circularité, la rondeur, le fait de tourner.

5 Amon (imn), signifie en égyptien ancien le « caché » ; il correspondrait à Amma des Dogon du Mali, à Ahoum des Bisoo / Bakoko du groupe Mpoo, à Um des Basáá et à Urume des Bafia du Cameroun. Tous ces dérivés renvoient à un même radical, à une même liturgie. Rappelons que les initiés du Ngond-Ma-Um chargés de la critique des travers dans les sociétés traditionnelles Basáá ne doivent pas être vus par les hommes et femmes non initiés. Mayi Matip, initié du Um des Basáá précise que cette confrérie est dérivée « du mot Nyum ; en français : arc-en-ciel. Le Um relie les deux rives du fleuve qui sépare le monde d’en haut et le monde d’en bas. »

6 Osiris est Dieu de l’Occident, de l’au-delà (l’Amenta), où se couche le soleil ; on lui attribue aussi la responsabilité divine de la végétation, de l’agriculture et de la terre. Il intervient dans la mort sacrificielle des Egyptiens et sa résurrection a inspiré le dogme chrétien. Osiris est inscrit dans les traditions alchimiques médiévales, l’hermétisme florentin de la Renaissance et les idées rosicruciennes et maçonniques. L’universalité d’Osiris tient, pour l’essentiel, à un mythe resté célèbre. Osiris, roi est assassiné par son frère Seth qui l’aurait découpé en quatorze morceaux, puis jeté dans le Nil. Son épouse reconstituera sa dépouille et donnera au monde un fils, Horus, qui sera combattu par le frère de son père, Seth, avant d’être réhabilité par le tribunal de Maât qui en fera le nouveau roi. On retient de ce mythe la victoire des forces de l’ordre (Horus) sur les forces du désordre (Seth). Maât résulte de cet antagonisme organisateur de l’ordre. Osiris symbolise, à l’image de la graine, la renaissance cyclique de l’Être et par conséquent la vie donnée en éternité. Avant de revenir à la vie, il connaît la souffrance et la mort. On le retrouve pour cette raison, vêtu de bandages blancs qui enveloppent en général les momies.

Le mythe osirien et ses dérivés représentent la marque la plus sensible de l’esprit de la pensée égyptienne rendue à une seule phrase, la fin heureuse des contes, proverbes, aphorismes, légendes et mythes africains. En cela, les mythes africains diffèrent des mythes occidentaux. Partout en Afrique, la victoire des forces de la vie est assurée sur les forces de la mort, de l’ordre social sur le désordre social.

L’autre marque indiscutable d’O(si)ris procède du terme h(isí) qui signifie « la terre » en langue Basaá . Les Duala du Cameroun disent w(asé) ; les Béti a(si), etc. Comme on peut le constater, le terme a été grécisé.

7 Horus est le nom grec du dieu égyptien Hor qui signifie « celui qui est au-dessus », le hodó des basaá du Cameroun qui veut dire vérité. hodó hodó, « en vérité, en vérité », du Christ a une réalité morphosyntaxique très africaine. Si on y ajoute que Jésus parlait en paraboles dans le sens très philosophique de la prise de la parole en Afrique, et de surcroît, se faisait appeler « le fils de l’homme » ; cela correspondrait à « man mût » le possesseur de la vie (les parents), et surtout, le plus ancien des hommes en langue basaá, et « muna moto » en Duala. On ne peut que trouver à Jésus une origine culturelle nègre qui vient sédimenter l’argumentaire de l’origine maâtiste de la croix ou encore, la résurrection d’Osiris. Horus a une tête de faucon auréolée d’un disque solaire et les rois africains sont des Horus, à l’instar du Christ. De fait, les rois d’Egypte et d’Afrique sont considérés comme les fils du soleil. Ils sont considérés comme les incarnations de Horus, premier des pharaons né d’une union miraculeuse entre Osiris et Isis, à l’image de l’immaculée conception du Christ.

8 Seth est le frère d’Osiris et en même temps le protagoniste le plus efficace dans l’organisation du pouvoir et de la société. Il tue Osiris et met Horus en difficulté dans le cadre de l’héritage du trône d’Egypte. SεtSédî signifie penché en langue Basáá ; sέdêp, se pencher, s’incliner. En considérant Horus comme les forces de l’ordre, de la vérité on peut bien percevoir le rôle de Seth comme celui d’un manque de justesse, de vérité. La présence des deux consonnes, ‘’s’’ et ‘’t’’, nous fait penser à Satan comme une dérive linguistique de Seth. signifie rater, échapper, se tromper, manquer de justesse ;

9 Maât est une spirale associée à une mystique du chiffre qui fait du chiffre 9, le chiffre de la totalité existentielle en Afrique. Les Basaá disent Máá pour signifier les limites d’un espace donné. Nous serions ici dans le cadre des limites terminales de la « spirale-loi » de l’Univers, Maât, la déesse de la Vérité-Justice. La lecture phonétique du son ‘’t’’ est une désinence (terminaison hiéroglyphique) du genre féminin en égyptien ancien. Je découvre ainsi que Maât désigne la forme spirale; il est le nom liturgique de likaŋ, la loi de circulation de l’énergie.

D’où vient-il que le Basaá dise qu’il est “man mεέέ’’ ²et qu’il ponctue’’mέ mpot mέέ’ : je dis la vérité pour justifier une assertion, si cela ne provient pas de Maât, au titre d’une justification avec pour enjeu de dire la vérité (maligá) c’est-à-dire ma(vérité) et ligá(volonté de faire ce qu’on dit) ?En basaá mataá signifie ‘’vérité’’.

Avec la montée en puissance de la complexité, la science va s’arrimer à la pensée Basaá, comme le suggèrent le développement de la biomimicry (la science réorganisée sur la base d’un mimétisme des ressources organisationnelles de production animale et végétale), mais aussi le désordre écosystémique, le désordre économique et financier, le désordre socio-politique, qui appellent une refondation de la raison occidentalocentriste depuis longtemps opposée aux déploiement du génie de la nature et des cultures humaines sous son joug de prédation. Or, toute cette science est latente dans les mythes cosmologiques africains, la science y faisant corps avec la religion.

 

La religion c’est quoi alors selon vous et selon le mbog basa’a…

La religion a un sens ambigu dans la pensée moderne, autant que bien d’autres concepts empruntés au français, tels l’esclavage, l’Etat, etc. Il faut donc les réinterpréter avec comme enjeu, la démonstration de la singularité africaine.

Le continent noir n’a pas de messie à l’instar du christianisme ou de l’islam avec leurs dogmes dépassés par les avancées de la science... L’Asie non plus. Le taoïsme (Tao te King) de Chine, devenu shintoïsme avec l’arrière-fond chamanique et le Zen au Japon, le Bouddhisme de l’Inde, le Lama des moines tibétains et même le Judaïsme font échec à la tentative de comprendre les traditions africaines et asiatiques avec les modes de pensée de l’Occident.

Notons, par ailleurs, que les messies interviennent dans les aires géographiques du Nord, arabe et européen. Cela se comprend. Les messies naissent chez les peuples où la violence, la pauvreté et la prédation ont été de l’ordre de l’histoire. Les messies sont attendus pour sauver les dominés et les esclaves des systèmes politiques expansionnistes. Rien de pareil en Afrique où le partage et l’humanisme ne peuvent pas appeler un dogmatisme et un centralisme excessifs des institutions.

Ainsi donc, il faudrait considérer le Mbog comme une religion et tout à la fois une philosophie, puisqu’il a ses rituels (say), ses intercesseurs auprès de Dieu (les prêtres ou bambombog), ses fidèles (la parenté clanique ou loŋ), ses tabous (bikila), ses lieux de culte (libáy lí Mbog), ses objets de culte (bibaŋ bí Mbog), autant qu’il suggère une réflexion d’ordre philosophique sur les catégories philosophiques de l’Être, tels l’espace-temps(Mbog), la genèse(yomb), le trou noir (soŋ kúm) et la loi d’évolution dans l’espace-temps (likaŋ), etc. Pour toutes ces raisons, il faut se garder de catégoriser des méthodes de pensée qui se réclament du holisme (la partie est dans le Tout) de celles compartimentées par le raisonnement cartésien, c’est-à-dire en parties (esprit/matière, indigène /civilisé, visible/invisible). ‘’Si’’ bo ‘’ngi’’, la ‘’terre’’ et le ‘’ciel’’, ‘’l’infiniment petit’’ et ‘’l’infiniment grand’’, sont une seule et même réalité chez les Basaá et les Africains.

 

Que représente notre Mbog? Un mode de vie, une religion? Les internautes veulent vraiment le savoir…

Le Mbog est un Tout, à la fois science, philosophie, religion, méthode de raisonnement, mode d’organisation, univers, peuple, temps, espace, confrérie, etc. L’esprit qui raisonne ne compartimente pas. Il suggère une réalité pénétrante de son objet et la visée de l’essence commune à toutes les choses et êtres et à tous les phénomènes. On est en complexité…, où le Tout est inscrit dans les parties et les parties comprises dans le Tout (le principe systémique et le principe hologrammatique d’Edgar Morin en pensée de la complexité).

 

Dans un manifeste récemment publié par Mbog Yés il est dit que le prêtre est un mbombog du mbog log yuda. Partagez vous cette comparaison et dites-nous en quoi le mbombog serait une figure religieuse.

Si l’on considère l’antériorité du Mbog sur le séjour de ce peuple en Egypte, on peut conjecturer en ces termes parce que les juifs ont hérité, en partie, de la culture Basaá et africaine en général (organisation, dérivés linguistiques, circoncision, monothéisme, etc). N’oublions pas que l’Egypte avait 42 nomes et langues diversifiées avec une structure grammaticale commune. Il est possible que la cohabitation des Juifs et Basaá de cette époque ait produit des interactions généralisables aux autres tribus présentes en Egypte. Il faut, tout de même, se méfier des correspondances hâtives dues à une contamination des fondements généalogiques de l’idéologie courante qui reprend des mythes fondateurs.


En tant que mbombog avez-vous le pouvoir de présenter un nouveau né à Hilolombi, ce que les autres appellent le baptiser, et qu’en est-il de la célébration du lien de mariage. Bref parler nous de la fonction religieuse du mbog s’il en est.

Cette cérémonie que vous évoquez est appelée Mapám má yáá (sortie de la procréation, de l’accouchement) avec attribution d’un nom grâce au ngambí qui tenait compte de la prédestination du nouveau-né par le moyen d’un dialogue avec les ancêtres. C’est donc une cérémonie de baptême à part entière. Il en est de même du mariage : ndômbôl likil qui permet d’établir des liens durables entre les deux familles et leurs clans respectifs solidaires dans le monde invisible. Cette cérémonie se tient après les pourparlers de la dot, au moment où la jeune femme doit rejoindre son domicile conjugal.

Les objets rituels, les paroles rituelles et les lieux officiels des cérémonies sont presque toujours les mêmes dans les say (bénédictions et purifications) : say mbay (foyer), say lilôm (personnes influentes du clan), say litén (tribu). Ils visent à enrayer le désordre susceptible de perturber l’ordre établi. L’enjeu, c’est l’harmonie des choses, des êtres et de l’homme constamment menacée par les déterminismes naturels et sociaux. Le mbombog est en l’officiant, l’intercesseur chargé d’exécuter l’ordre liturgique.


Le mbog qui remonte à koba et kwan peut-il encore nous apporter des réponses aujourd’hui dans un monde dit globalisé ?

Il me semble avoir largement répondu à cette préoccupation dans votre première question. J’ajoute que les responsabilités du Mbog sont de l’ordre du divin en raison de cette trajectoire si singulière du peuple basaá qui demeure parmi les plus énigmatiques et les plus authentiques de l’époque pharaonique à nos jours, grâce à sa culture du Mbog et sa langue bien conservées.


En quelques mots quels sont les conditions à remplir à tout prix pour devenir Mbombok ?

Une seule condition : être sur la trajectoire d’un Mbombog et bénéficier de son parrainage après un certain parcours qu’il doit évaluer selon les potentialités de l’impétrant. Lorsque l’élève est prêt, Mbombog appelle ses pairs en soumettant celui-ci à l’approbation des ancêtres selon des techniques de communication particulières et les exigences du say.


Quelles différences entre les mbombok ? y a-t-il des grades ? des écoles ? des associations? Comment reconnaît-on ou différencie t-on un mbombok authentique d’un usurpateur ?

Les deux grandes divisions sont les bambombog de l’ordre Matuk et les ministères déployés en um, ngé, koo, etc., qui, en réalité, en sont les démembrements historiques de décentralisation du pouvoir. Des contingences ont milité en faveur de l’autonomie progressive de ces ministères qui ont pris, en fin de compte, la configuration des réseaux claniques et tribaux du Mbog. Les Mpέpε des Mpôô et le Mbombog kodaton par exemple expliquent ces nouvelles branches devenues relativement autonomes.

Les grades sont au nombre de cinq :

- Ndómbôl kεmbέέ

- Likot hieé hí mbog

- Libok lituk lí mbog

- Nsoó mbog

- Lié libáy lí mbog

- enfin Hónd Kénâ qu’on attribue presque plus…

Les jeunes se plaignent du manque d’une école d’initiation au Mbog ouverte à tous. Pourquoi toujours mystifier le partage des secrets que nos ancêtres ont laissé ?

Il n’ y a pas mystification ; il y a sélection parce que le Mbog est une charge trop lourde pour la laisser entre les mains de n’importe qui. Il peut déboucher sur des actes répréhensibles et des destructions massives entre les mains de n’importe qui ! C’est comme si vous mettiez l’arme nucléaire entre les mains de terroristes… En revanche, et je partage votre avis, il convient d’ouvrir des écoles de savoir entre trois et cinq ans ou encore des centres d’éducation communautaire pour introduire nos enfants dans leur culture, permettre qu’ils découvrent leur langue, à l’instar des années obligatoires suggérées dans l’école coranique. On peut aussi admettre qu’il faille vulgariser un document plus approprié que celui-ci par exemple, qui ouvre la voie à une préperception du Mbog et les différents maîtres assermentés par la confrérie en vue de dispenser ces savoirs aux adultes. On verra bien…AVEC L’AIDE de la diaspora mbog yës.


Pensez-vous que le Mbog ait un rôle à jouer dans la politique aujourd’hui au Kamerun, et si oui, quel est ce rôle et sous quelle forme doit-il apparaître ?

Mon prochain livre porte sur Le Mbog comme espace d’initiative historique « Pek inyuú yaní nû a bodôl len ». La réflexion doit permettre d’amorcer une nouvelle pente. Il s’agit d’amener les Basaá à peser de tout leur poids dans le changement de l’ordre politique et des institutions et les bambombog à donner leur avis sur les grands enjeux sociopolitiques au Cameroun en tant que corps social religieux, à l’instar de l’ordre des rabbins juifs, des moines tibétains ou du corps d’élite musulman par exemple.


Selon vous, qu’est-ce qu’être Basa’a aujourd’hui ?

Être Basa’a, c’est assumer pleinement les idéaux liés à la question précédente et offrir au Cameroun un spectacle autre que celui de la désolation actuelle.


Un proverbe en basa’a et son explication.

Mbog i yé makwo ma nyeé ; mbog kwok, mbog nyodâk”: l’univers est une suite de sauts discrets marqués par la dialectique ordre /désordre à toutes les échelles de l’organisation ; ces sauts sont  semblables aux déplacements du chimpanzé. Nous voici donc dans la science de la complexité entre les manifestations de l’ordre et du désordre à l’origine de la création. L’Afrique est depuis des temps immémoriaux, branchée dans la science de demain que l’Occident ne fait que découvrir aujourd’hui.


Un message pour les basa’anautes, qui vous liront du monde entier.

Bonne lecture et courage ! Le réveil de l’Afrique est en cours.


Liten libasa’a vous remercie.

Commentaires  

 
#49 11-11-2010 14:04
trop impressionné je ne trouve pas mes mots
malgré je peux dire que je suis heureuse d'avoir un portail sur ma culture
MN
 
 
#48 09-11-2010 10:24
merci MBOMBOG pour cette édification. Allez de l'avant pour nous ressourcer.
 
 
#47 18-08-2010 15:33
Merci Mbombog pour votre contribution a l'edification d'une afrique libre et propere.
vivement que ce site devenienne l'une des voies de reveil du peuple kemit en general et bassa en particulier.
mes hommages a mon ami NJO ZACHEE
.Merci
0237 77 18 60 34
 
 
#46 18-08-2010 08:52
Meyega ngandag a manké SACK mega nyen i nkat i nyo'o i EDITION CLES.
 
 
#45 18-08-2010 07:55
A Mes frères Fedeau et Jean Pierre Ekédi - Voici les références du livre: Prince DIKA AKWA NYA BONAMBELA, "Les problèmes de l'anthropologie et de l'histoire africaines", Yaoundé, Éditions CLE, Collection Études et Documents Africains, 1982.

Autrement dit, rendez vous dans les rayons des éditions CLE Yaoundé. Ce livre contient des extraits très intéressants pour qui veut connaître l'histoire des peuples de la forêt et de la côte camerounaises. Bonne lecture!
 
 
#44 17-08-2010 09:07
Mon frère Sack ou peut on trouver ce livre du Prince Dika Akwa ?
 
 
#43 13-08-2010 19:50
Votre site est magnifique, félicitations.
 
 
#42 13-08-2010 19:36
Merci, mon frère Sack Bayémi, pour l'information sur le livre de Dicka Akwa, qu'on ne cite pas souvent, mais qui a beaucoup travaillé, comme d'autres, sur les origines négro-Africaines du peuplement de l'Égypte Pharaonique; je n'ai pas lu le livre dont tu parles, mais je serai effectivement ravi de le consulter et d'aller voir au delà de notre Nanga ancestral.
God Bless!
 
 
#41 13-08-2010 18:02
Je me demande bien pourquoi certains, en s'exprimant sur ce site, parlent toujours des "peuples basaa". Quelqu'un peut-il m'expliquer? Je croyais qu'il n'y a qu'un seul peuple basaa...
 
 
+1 #40 13-08-2010 17:38
A Fedeau. A propos de l'arbre généralogique des Basaa, je crois que beaucoup d'initiés le tronquent à dessein, peut-être pour vite en finir et ne dire que des noms les plus importants jusqu'à la Grotte, peut-être pour cacher quelque chose... En effet j'ai vu un arbre généalogique Basaa de près de 40 générations dans le livre "Les problèmes de l'histoire et de l'anthropologie africaine" du Prince Dika Akwa Nya Bonambela. En supposant que cette généalogie soit authentique (ce que je crois) elle va forcément au-delà de Ngog Lituba. En clair: les grands initiés de notre peuple connaissent les noms (ou du moins les plus illustres) de ceux qui ont vécu avant l'arrivée à Ngog Lituba.
 
 
#39 10-08-2010 22:13
[quote name="MASSOUKA Martin Tiny"]MBOG I BA,
Que la pensée africaine commence par trouver de nos jours assez de confort. Elle est comme une lampe qui vient eclairer uneforet et non un bosquet .
dans le cours de vos recherches, permettez-nous de savoir les obstacles les plus dangereux que vous croisez dans cet univers ou l'AFRIQUE et son kemitisme connaissent des maux de tous genres!
courage! courage! courage Mbombog BA.
 
 
#38 10-08-2010 22:09
MBOG I BA,
Que la penséeafricaine commen par trouver de nos jours assez de confort est comme une lampe qui vient eclairer un bosquet et non une foret.
dans le cours de vos recherches, permettez-nous de savoir les obstacles les plus dangereux que vous croisez dans cet univers ou l'AFRIQUE et son kemitisme connaissent des maux de tous genres!
courage! courage! courage Mbombog BA.
 
 
#37 MbomboPau 09-08-2010 15:25
@ Po et Tedga, ns les bassa coe d+otre peuples africains ne ns soe pas encore remis du processus de désintegration orchestré depuis la construction de l'Etat colonial ou l'odre et l'autorité traditionnels ont éte vidés de leur contenu. Maintenant que une prise de conscience semble être en cours, on ne peut que croiser les doigts`.
MÈ YÉGA A SANGO NKAA
 
 
#36 MbomboPau 09-08-2010 15:24
J'ai compris mais je reste tjrs sur ma soif.. Chez nous voire, chez moi, dans mon village je me demande tjrs s'il y a une instance d'autorité. Mon grand-père m'avait dit non, mais pr les papiers il y a quelqu'un. Certes il sait c,est uoi les bambombog, malheureusement , je n'ai pas vu leur oeuvre dans ma communauté chez les Loghéga.. Suis-je peut-ête pas à la page.
Je suis encore jeune et nbreux de nos parents ne sont même pas au courant de tout ce qui se passe chez nous. Comment faire pour sensibliser les peuples Bassa des 4 coins du pays afin qu'ils prennent conscience de tout ce qu'on raconte ici, des rencontres des bambombog et autres, Mbog Liaa.
Je dis tjrs qu'on ait apparemment mieux et tellement informés lorsqu'on est hors du pays qu'à l'intérieur...Et c,est dommage, car nous sommes les futurs leaders toutes et tous. Et ce patrimoine est plus qu'important dans la prise des reines
 
 
#35 08-08-2010 23:26
Manmut, je me suis mal exprimé, quand je parle de conjecture ou un axiome, ce n'est pas une affirmation de ma part. J'ai voulu dire que ce n'est pas une conjecture ou un axiome car cette affirmation selon laquelle le berceau de l'humanité se trouve en Afrique, se vérifie par des preuves scientifiques.
Mon frère je ne peux pas me permettre de vouloir te titiller. J'ai voulu tout simplement profiter de tes connaissances approfondies.
 
 
#34 08-08-2010 23:23
Manmut, je me suis mal exprimé, quand je parle de conjecture ou un axiome, ce n'est pas une affirmation de ma part. J'ai voulu dire que ce n'est pas une conjecture ou un axiome car cette affirmation se vérifie par des preuves scientifiques.

Mon frère je ne peux pas me permettre de vouloir te titiller. J'ai voulu tout simplement profiter de tes connaissances approfondies.
 
 
#33 Manmut 08-08-2010 22:45
Maintenant mon frére Mbock, si tu peux me dire sur base de quoi tu affrimes qu'il s'agit de conjecture....
 
 
#32 Manmut 08-08-2010 22:43
cette capacité de créer qu'il a voulu faire naître en chaque Africain. Les maîtres de vérité sont tentés d'occulter l'apport de Ch. A. Diop à l'histoire des sciences. C'est pourquoi Jean-Marc Ela invite les jeunes Africains à relire sans passion une oeuvre incontournable qui démeure un défi à l'intelligence de notre temps.
 
 
#31 Manmut 08-08-2010 22:42
science. Il en vient à semer l'épouvante chez les gardiens du temple et à remettre en question quelques mythes imposés par le pouvoir colonial. Un seul problème habite ce chercheur aux savoirs multiples : faire la lumière sur le rôle civilisateur des Africains dans l'histoire. Car, montrer que le continent noir est le berceau de l'humanité et que l'Egypte nègre est celle qui a inventé les sciences et les techniques, les mathématiques et la philosophie, l'écriture et la religion, c'est rétablir la vérité trop longtemps masquée par le " mythe du Nègre ". Pour Ch. A. Diop, Ie " miracle grec " à proprement parler n'existe pas. Tout Ie problème est là. L'égyptologue indigène est un hérétique du savoir institué. S'il rend à l'homme noir sa mémoire, il annonce la fin des certitudes et ouvre des voies nouvelles à la recherche sur l'Afrique, au-delà des apports de l'Africanisme. Pour gérer l'héritage de cet homme de science, il faut retrouver
 
 
#30 Manmut 08-08-2010 22:41
CHEIKH ANTA DIOP OU L'HONNEUR DE PENSER
Jean-Marc Ela
Classiques pour demain
GÉNÉRALITÉS, OUVRAGE DE SYNTHÈSE AFRIQUE NOIRE

La Raison est née chez les noirs : tel est le " scandalt " qui est au centre de l'oeuvre de Ch. A. Diop. Si cette oeuvre fascine les uns, elle perturbe et dérange les autres. Pour en saisir l'enjeu, il faut revenir au long débat ouvert sur l'Afrique à partir du regard de l'Occident depuis la Renaissance. Avec une puissance de travail rare et une vaste culture, le célèbre auteur de Nations nègres et Culture affronte une génération de potentats de la
 

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