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Interview : Yvette Bassega revient avec nous sur le bilan du Mbog Liaa.

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Avec Yvette Bassega, artiste engagée dans la valorisation des rythmes traditionnels basaa et des chants de koo, nous sommes revenus sur le bilan mitigé du festival Mbog Liaa. L’occasion pour elle d’évoquer avec nous, la richesse culturelle que nous ont léguée nos ancêtres. En femme dynamique, elle ne manque pas de projet et lance l’appel aux promoteurs pour des financements.

Bonjour Yvette Bassega. Vous avez pris part au dernier festival du Mbog Liaa. Quel est votre sentiment après cette semaine ?

L’impression est que notre culture a encore beaucoup de chemin à faire. Il y a tellement des choses à mettre en ordre pour que les uns et les autres puissent s’accorder. On dirait que notre peuple a du mal à s’unir. On dirait aussi que le Mbog Liaa est au ciel et le peuple est sur terre.

Des témoins nous indiquent que beaucoup d’artistes n’ont pas participé à la manifestation. Sauriez-vous nous dire pourquoi ?

Je ne puis dire pourquoi. Peut être que beaucoup ne se sentent pas concernés. Ce qui est regrettable. Il faut vraiment se poser une question : Tous ces artistes qui font les éloges de notre culture dans toutes leurs œuvres peuvent-ils rejeter un tel événement ? Je pense que le problème est ailleurs. Je m’attendais vraiment à voir toute la crème artistique du peuple de la grotte. Vous ne savez pas l’effet que cela produit quand on est devant un danseur de Nkuk, de makune ou de Hijingo. Pouvez-vous imaginer les contes bassa dans nos forêts équatoriales, ou les griots comme Mongo Mbéa sur un plateau. Ce sont des choses comme celles-là qui vont rapprocher le peuple de sa culture afin qu’elle devienne partie intégrante de leur mode de pensée.

Les artistes ne semblent pas être les seuls absents. Il parait que les stands du village étaient vides ?

Pour ce côté, je crois qu’il y a eu un déficit de communication. Cela aurait été une bonne vitrine pour valoriser ne serait-ce que les cultures Babimbi.

On parle beaucoup des intérêts égoïstes des cadres de l’association Mbog Liaa. Qu’en pensez-vous après cette dernière édition du festival ?

Je crois que le ML évolue en cercle concentrique. Mais cette façon de voir les choses a des limites. J’ai assisté à une réunion où des jeunes se sont levés et ont demandé la parole pour une première fois à l’Assemble Mbog Liaa. La palabre de Songmbengue n’avait aucun jeune et aucune femme. A mon avis,  le Mbog Liaa devrait être une tribune pour tous les ressortissants de la grotte. C’est la seule solution pour faire avancer les débats. Je pense par ailleurs qu’il y a aussi beaucoup d’amalgame. Il faut simplifier les choses. Ce qui est fascinant quand même c’est que tout le monde prend conscience de ces limites et essaye de faire quelque chose.

Avez-vous aujourd’hui le sentiment que les ressortissants de Ngog Lituba dans leur large majorité se sentent concernés par le Mbog Liaa ?
Franchement, non. Tout le monde a pourtant une grande envie de donner ou de prendre quelque chose dans le Mbog Liaa, du moins c’est ce sentiment que j’ai eu.

Que faudrait-il selon vous, pour que la donne change ?

J’ai toujours cru qu’un mouvement culturel ne décolle jamais seul. Pour que notre culture brille de mille feux, Il faut y associer tout le monde. Il nous faut beaucoup d’instruments. Si nous avons des artistes très talentueux aujourd’hui, ils ne peuvent rien faire tout seuls il faut des mécènes, des promoteurs, des medias, des formateurs, des écoles de musique par exemples pour ne citer que cet art.

Il faut également taire les divisions qui existent entre les ressortissants de la grotte. Nous avons toujours l’art de critiquer mais personne ne propose mieux. On dirait que les démons de la division ont créé leur demeure dans notre grotte. Je pense aussi que tous les matén doivent se sentir propriétaire de la vision et des objectifs du Mbog Liaa.

Vous avez répondu à plusieurs manifestations culturelles mettant en avant la culture Nsaa. On peut par exemple citer : Ngand Litén Li Ngog et Ndaba. Quelle analyse faites-vous de ces expériences ?

Vous savez Dieu nous a beaucoup aimés en nous dotant d’une culture aussi dense et riche. Litén li ngog a eu un succès retentissant avec les artistes musiciens de notre aire géographique, mais Ndaba, une bonne idée qui n’a pas pu s’implémenter. Il faut juste multiplier de telles initiatives, par exemple des foyers pour des  jeunes où ils peuvent exposer ce qu’ils ont le temps d’un weekend. Je suis a la tête d’une association dénommée Equipe du Sud qui revisite et met en vitrine, Des expressions artistiques du patrimoine culturel de la grotte et Camerounais qui rendent gloire aux conteurs, berceuses, griots  dont les créations sous l’arbre à palabre ont su traverser l’espace et le temps pour prendre place dans nos cités. Mais nous avons du mal à trouver ne serait-ce qu’un financement ou même un espace d’expression.

Où en sont votre actualité et vos projets ?

Vous savez Lama, il y’a tellement de choses à faire mais je ne m’embrouille pas. Je suis à la recherche de talents dans les sous-quartiers et villages pour les faire connaitre du grand public. Il ya des mamans qui chantent le koo, le soo… des jeunes qui sont bourrés de talent comme le Groupe Kunde. Ils ont besoins d’encadrement. L’année prochaine je veux enregistrer le LIHONGO Li Logmay que beaucoup réclament ici. J’ai rencontré une merveilleuse femme a Songmbengue qui est un vestige du Koo mais c’est son côté musical qui m’intéresse le plus. Nous allons faire beaucoup de création de ce genre. Je vous signale aussi qu’avec l’Equipe du sud nous avons tellement de projets qui tardent à décoller pour cause de financement. Moi-même j’entre en studio en janvier prochain en attendant de trouver un bon producteur cette fois, qui pourra faire une promotion de grande dimension

Merci Yvette de nous avoir consacré de votre temps.

C’est moi qui vous remercie.

 

Contact : ybassega@yahoo.fr

 


Propos recueillis par Ngo Nyobe.


Commentaires  

 
#4 14-12-2010 17:35
C'est formidable. Yvette beaucoup de courage et perséverence. En continuant à travailler les succès suivront
 
 
#3 11-12-2010 06:21
Je cite :
"Vous savez Dieu nous a beaucoup aimés en nous dotant d’une culture aussi dense et riche. "

Dommage qu'il y ait encore certains (DI KAGA) qui mêlent tout dans un même panier. Ils n'y trouveront pas toujours leur compte. Le vent tourne.
 
 
#2 10-12-2010 17:02
quelle deception a propos de mbog liaa... heureusement l'optimisme d'yvette me donne bcp d'espoir.
 
 
#1 09-12-2010 19:02
YVETTE B, tu es une merveille et que DIEU B2M soit avec toi,tu es digne fille de liten, Yambe a ti we bisai,bolo lam a manke
 

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