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Entretien avec Coach "Nguit Bakoa" sur le football dans la zone Bassa et au Kamerun..

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En Allemagne, vous êtes connu comme Entraineur de football de Buxtehuder SV (equipe amateur au Nord de l'Allemagne) ; vous avez été champion du Challenge Camerounais à Darmstadt 2010, comme coach bénévole de l'équipe de Hambourg. Qui êtes vous ?

 

Je m'appelle Nguit Bakoa Frank. Je suis né à Edéa, dans la sanaga maritime. Suis Babimbi 3 de Ndom, « liten li Pharoa Teda Egypto » Log Hot plus précisément à Matoi ma Beng ( le nom du village) et de mère Ndog Kobè. Fils de Bakoa ba Nounga Amos et de Ngo Nyemb Hanna, je suis le 5 ème d'une famille de 6 enfants dont 3 sœurs et 2 frères.

J'ai evolué dans plusieurs clubs au Cameroun : Elecsport de Garoua, Cicam de Garoua ; puis avec le capitaine Rigo Song à Red Star de Bangou, à Vautour de Dschang avec Wamba Petit Michel et le terrible Mibenè Emile(Emimba) ; enfin à Fédéral de Foumban.

Apres une grave blessure aux 2 genoux et un mal de rein survenu après ce premier mal, je n ai pu aller plus loin et devait interrompre ma carrière de footballeur.

Je précise que ma position était milieu de terrain comme demi défensif.

Comme entraineur, j'ai occupé plusieurs postes : Mpo'o FC ( Edéa) , Pyramide de Ngoumou , Scorpions de Ngaoundéré, Pouma football Club, Beby's International ( Edéa), Buxterhuder SV ( Alemagne).

Comment êtes- vous devenu entraineur ? Avez-vous suivi une formation ?

J'ai été motivé par Mr Bikai bi Ndong, président fondateur de Mpo'o FC qui avait trouvé en moi un potentiel énorme. Ceci a permis qu'avec Mpo'o Fc on accède en division supérieure (seconde division) la même année.

Après cet exploit nous avons été invités à un tournoi à KSA (Kadji Sport Academy). Par la suite, j'ai été retenu pour subir une formation d'entraineur à la KSA par le responsable la formation de l'époque, Eddie Hudanski.

Nous voulons discuter du football dans la zone Bassa, Bati et Mpo'o.Si on commence par vous demander le nom de 5 clubs de la zone ...

Mpo'o FC, As Babimbi, Pouma FC, Sphynx d'edéa, Tout Puissant d'edea, Edéa FC devenu Astres de Douala, Dynamo de Douala, Beby's International,

Irrondelle de Makak, Cercle d'Eseka...

Selon votre expérience personnelle, pourquoi les clubs de la zone n'émergent t-ils pas ?

La raison est le manque d'organisation ; et généralement les clubs appartiennent à des particuliers ; par conséquent ne fonctionnent pas comme des entreprises.

Il faut noter le manque de concept à long terme, avec une politique de gestion transparente. A cela il y a ce reflexe, de ne pas laisser les experts, ceux qui maitrisent la chose gérer les clubs.

Sans oublier la mauvaise foi, la jalousie qui minent notre groupe et conduisent généralement au sabotage et à la destruction du travail que font des milliers de volontaires de la région.

Votre dernière station au Cameroun comme entraineur à Edéa était Beby's ...Parlez nous de ce club et sa particularité.

Beby's international (Edéa) a pour président fondateur un jeune et fils de la ville nommé Biyiha « Beby's »

La particularité réside dans le concept assez solide qui était :

- Encadrement des jeunes

- Formation et perfectionnement des jeunes

- Professionnaliser le football dans notre région avec des relais en Europe

Tout tournait autour des jeunes et la moyenne d'âge était de 18 ans. Ce qui est rare dans nos clubs seniors de première ou seconde division.

Nous avions même été pénalisés par la fédération qui nous empêchait de faire jouer les jeunes.

Mr Tonye Temten Patrice à l'epoque notre secrétaire général du club Beby's peut le confirmer.

À mon époque (2000 – 2004) comme jeune entraineur, aucun club avant n'a jamais atteint les barrages dans toute la région.

J'ai relevé ce défi avec Pouma en 2000-2001 et avec Beby's ( 2002-2004). Pour le cas de Pouma je n'ai pas conduit l'équipe dans les barrages pour quelques différence avec la direction du club et avec Beby's malheureusement je devais quitter le pays pour l'Allemagne.

Doit-on continuer à compter exclusivement sur les mécènes pour le football ? Surtout qu'après Mbous, Loga de Dynamo et Beby's on sait tout ce que sont devenus les clubs.

Objectivement parlant, il faut qu'on apprenne à travailler en groupe. Tout ne doit plus peser sur les épaules d'une seule personne.

La domination doit être collective et non personnelle. Cette mentalité doit disparaitre.

Ceux qui ont les moyens doivent créer autour d'eux d'autres personnes fortes qui peuvent relever le défi en cas de faillite.

C'est au niveau local et qu'en est-il au niveau national.Peut-on vivre encore les ambiances inoubliables d'un Dynamo - Pwd Bamenda des années 80 ?

Au niveau national, je pense que certaines compétences doivent avoir accès aux instances de gestions de notre football. Car il ne suffit plus seulement d'avoir de l'argent pour comprendre le fonctionnement de ce sport.

Il nous faut une gestion de football plus ouverte et non codée comme actuellement. Un exemple, depuis 1988 NJOH LEA - père nous proposait un concept de football semi-professionnel où la fédération devait travailler en étroite collaboration avec des sociétés qui devaient garantir, salaires, infrastructures, encadrements et surtout gestions transparentes.

Avec la KSA de Gilbert Kadji, nous avons tous vu à quoi peut ressembler le football dans le pays des lions indomptables. Qu'est ce qui nous empêche d'obliger chaque club de nous présenter ses infrastructures avant tout.

En 1996 Bell Joseph Antoine dans sa candidature comme président de la fecafoot, nous présente en direct à la CRTV un concept qui permet une autre façon de gérer le football.

Comment expliquer qu'en 2011, le football n'arrive pas à nourrir son homme au Cameroun ?

Il est préférable d'avoir un championnat de 12 clubs bien structuré que celui que nous avons aujourd'hui. Ainsi nous pouvons rêver vivre les stades plein d'un Tonnerre – Canon ou d'un Union -Dynamo qui remplissait les stades.

Le football est un métier. Des milliers de footballeurs camerounais se retrouvent partout sans perspectives tout simplement parce que ceux qui organisent le football refusent de créer les moyens de gagner sa vie surplace.

La fecafoot est autonome mais pas indépendante. L'état doit définir un cadre qui engage toutes les associations sportives du pays. Et punir tous ceux qui ne respectent pas la loi.

Un peu d'actualité : La finale de la champions league 2011 entre FC Barcelone – Manchester United s'est soldée par la victoire de l'équipe espagnole.

Quelle est la force de cette équipe qui nous rappelle les lions des années 84, 86, 88, 2000 ou 2002 avec des figures de chez nous comme Bell, Aoudou, Onana, Doumbé Lea, Kunde, Kana Biyick, Makanaky, Njonkep, Tataw, Ntamak, Ekeke, Omam Biyick, Pagal, Mbouh Emile Massing, Sinkot, Milla, Nkono, Eto'o , Songo'o, Foe, Song Bahanag, pour ne citer que ceux la...

Manchester a voulu au départ développer le même football que Barcelone en alignant 5 joueurs offensifs. Espérant marquer plus de buts.

Barcelone a du observer Manchester au premier quart d'heure avant de commencer le développement de son jeu.

La force du FC Barcelone est que cette équipe fonctionne avec un concept hollandais qui existe depuis longtemps. On se souvient que Joan Cruijff, Van Gal , Rikjkaard ont tous évolué avec le même concept.

Pep Guardiola ne place que les joueurs aptes qui comprennent ce concept qu'il a trouvé. Précisons aussi que certains jouent ensemble depuis 10 ans.

De quel concept s'agit-il ?

Il s'agit du 4 – 3- 3. Ils font un jeu en triangle, courtes passes en direction vers l'avant. Et une certaine précision, rapidité et lucidité aux dernières passes. Et le milieu de terrain attend le soutien des latéraux qui passent en 3ème ligne.

Pour terminer votre avis sur le recrutement des entraineurs étrangers pour la sélection nationale du Cameroun.

Ce sont des erreurs graves. Il faut qu'on fasse confiance aux nationaux. Aucun entraineur étranger expérimenté n'a jamais réussi au Cameroun : Athur Georg, Henri Michel, Leguen, Clemente qui n'a pas pu s'imposer à Fenerbace en Turquie.

Ceux qui réussissent sont plus psychologues, éducateurs qu'entraineurs. Je vais citer Claude leroy, Despireux par exemple.

Les nationaux doivent avoir les mêmes moyens et les dirigeants doivent se débarrasser de ce complexe d'infériorité qui nous habite.

Si ces conditions sont remplies, un entraineur camerounais libre, avec tous les moyens, ne subissant aucune pression aura des meilleurs résultats.

Ceci sous–entend un recyclage permanent des entraineurs nationaux.

Liten li bassa vous remercie pour votre disponibilité et vous souhaite bonne chance pour la suite de votre carrière.

- Merci et bon courage pour le travail que vous faites.

 

WAD et le coach


Réalisée par Wehiong pour LLB

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