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Interview de Mbombog Mbog Bassong (MMB),

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En service au ministère de la culture ( Cameroun), Mbombog Mbog Bassong(MMB) est géologue de formation, égyptologue, météoricien, planétologue et écrivain. Chercheur sur les rapports entre les sciences de l’univers et la régulation des sociétés humaines. 

 

Merci de nous accorder votre attention et de nous éclairer sur ces points très importants que sont la place par le passé du Mombog dans la tradition basaa’a, et le rôle qu’il sera amené à jouer dans l’avenir et la reconstruction de l’identité africaine.

CTM : Quelle est la définition du Mbombog?

MMB : Le Mbombog est le gardien de l’histoire, de la science, des arts et de la tradition. Il connaît l’origine historique, généalogique et géographique de son peuple, les mythes cosmogoniques, les événements importants du passé, leur influence sur le temps présent et le futur. Il connaît la littérature sacrée, sur laquelle il base son savoir, ainsi que les  principaux éléments qui composent la nature, leurs propriétés et les lois qui les composent. Il est informé de toutes les pratiques spécialisées qui ont cours dans sa sphère de régulation. Il est le gardien des rites et des traditions nobles héritées des ancêtres et garantit leur perpétuation selon les règles. Il rythme le temps social sacré et profane de célébrations cultuelles et civiles. Il maîtrise l’art de confectionner des onguents, des poudres, des parfums, des solutions lustrales, etc., destinés à combattre le mal sous toutes ses formes, physiologiques, psychologiques, sociologiques ou métaphysiques et ceux susceptibles d’attirer les faveurs des divinités sur son peuple.

CTM : Quel est le rôle exact des Mbombog aujourd’hui ?

MMB : Difficile. Les temps ont changé. Ils ne sont plus des rois comme avant et les chefs traditionnels de l'administration coloniale entrent en compétition avec eux sur le plan politique. Il y a aussi la misère et l'analphabétisme qui les marginalisent. Pourtant, ils savent tellement des choses. Aujourd'hui, ils sont consultés pour les oracles, la divination, les maladies, etc. ; ils assistent aussi les personnes troublées, et les personnes que le malheur accable.

CTM : J'ai cru comprendre dans vos propos que vous pensez que les systèmes démocratiques de l’occident ne sont pas exportables en Afrique. Pensez-vous que les peuples africains devraient trouver des systèmes propres, intégrant certains aspects des démocraties modernes, mais gardant les valeurs de la tradition?

MMB : D'abord, la démocratie de type occidental est biaisée par le capitalisme néolibéral qui, à terme, corrompt l'ordre juste de la nature, accroit les injustices et le chômage dans les nations occidentales et prépare les luttes et guerres dans le tiers-monde. De plus, la démocratie libérale ne peut lutter contre la destruction de la planète. Le modèle souhaitable pour l'humanité est un modèle d'équilibre, qui donne à tous les espoirs et la vie. L'Afrique peut tout apporter, en termes des institutions de partage, car c'est là le problème: les institutions politiques de partage. Or le monde arabe prépare sa revanche et l'Asie tient à atteindre le niveau de développement actuel de l'Occident. Conclusion: un autre modèle fondé sur l'ordre de l'univers, car les modèles sociaux modernes sont exclusivistes et n'admettront pas le partage.

CTM : Qu’en est-il du Christianisme et d’autres religions ?

MMB : Le christianisme est exclusiviste et illusionne l'homme. Jésus ne peut sauver personne et toute sa lutte a été de faire changer les institutions sous domination romaine. Les institutions chrétiennes sont médiocres pour le salut de l'homme. Elles invitent à suivre le Christ et qui sauvera les autres? Pas de salut sans des institutions de salut, de partage, de bonté pour tous. La pédophilie, l'esclavage, l'hypocrisie, la domination des peuples, la lutte contre l'Islam, le profit, etc., ne sont pas un mérite.

CTM : La rumeur populaire parle de "pouvoirs" que détiendraient les Mbombog, ceci entre autres transmis par initiation.

MMB : Oui, mais tout le monde a des pouvoirs, même le Pape et Jésus aussi était un grand plein de pouvoirs .Nous détenons des reliques ancestrales qui nous permettent d'aider les autres. Il y a aussi des astuces pour les maladies ; pour soigner et soulager le désordre par la parole. L'enjeu du Mbombog c'est de donner la vie ici-bas et au-delà en conjurant les forces du mal. Un Mbombog qui les utilise à ses fins est un homme mort (la rétroaction karmique des Bouddhistes). De plus, la force des Mbombog vient de la pureté de l'âme. Plus un Mbombog est conforme à l'ordre juste, plus ses pouvoirs d'aide, de guérison, etc., sont efficaces.

CTM : Il existe en Europe par exemple des personnes dont on dit qu'elles arrêtent le feu, soit elles on le pouvoir de soulager les souffrances de grands brulés, à distance, et d'agir sur la guérison de leurs blessures. Pendant longtemps les médecins ne les acceptaient pas, mais maintenant dans les hôpitaux, le corps médical les a intégrés comme des atouts en plus dans ces cas là et les conseille aux familles.

MMB : Pourquoi pas? Ce sont des SCIENCES qu'on considère comme des choses étranges parce que la science ne les a pas expérimentées. Nous sommes dans le domaine quantique. Il y a encore une foule de choses à savoir que moi-même je ne sais pas encore. Mais ça demande toute une autre vie pour devenir maître de ces choses.

CTM : Le domaine quantique, c'est l'infiniment petit?

MMB : Oui.

CTM : Que serait selon vous le nouvel humanisme mondial ?

 

MMB : La renaissance de Maât, la déesse de l'Univers au coeur de toute chose: le bien et le mal transformés en harmonie du bien et du mal présents en toute chose. La vie sur terre constitue une lutte de ces deux forces en vue de maintenir l'existence, comme l'univers l'a fait depuis 13 milliards d'années.

CTM : Cela correspondrait à Dieu et au diable dans la religion chrétienne ?

MMB : Non, dans la pensée chrétienne, Satan et Dieu s'affrontent et Satan est fils de Dieu, paradoxalement. Dieu peut même être Satan puisqu'il fait le déluge, Sodome et Gomorrhe, tue les armées qui luttent contre son peuple élu. Dieu choisit, tue au nom de sa force de domination. Or, en Afrique, Dieu et Satan sont protagonistes de l'ordre; il faut le jour pour savoir ce qu'est la nuit et mieux dompter les deux; même chose pour la vie et la mort; l'homme et la femme; le beau et le laid; les deux servent l'organisation, la complexité, l'ordre. 

CTM : est-ce qu'on peut lire l'avenir?

MMB : Oui. Comment les mages savaient-ils que Jésus aurait un grand destin? La nature est complexe. Elle a toujours deux facettes: la vie/ la mort; le visible/l'invisible, l'homme/la femme, etc. Ce qu'on ne voit pas ou qu'on ne sait pas sont de l'ordre de la vérité.

CTM : Vous nous avez parlé d’une mission,  à laquelle vous travaillez en ce moment. Pouvez-vous nous en dire plus ?

MMB : Ce n’est pas confidentiel. La Renaissance de l'Afrique a commencé et il faut mener la tâche à son terme, car l'avenir de l'humanité en dépend. C'est la grande tâche des initiés en ce début de 2010. 

CTM : En quoi les personnes qui sont proches de vous sont-elles importantes ?

MMB : Toutes les personnes qui côtoient les Mbombog sont importantes pour ce qu'il fait parce que sa charge énergétique ne permet pas à tous de se lier à lui. Celles qui sont avec lui ou échangent régulièrement avec lui sont un maillon dans la chaîne.

CTM : Les mythes et les traditions sont transmis par une tradition de transmission orale. Comment peut-on recueillir ces mythes et ces récits pour les enseigner aux écoles, aux universités, etc. Comment voyez-vous la possibilité de redonner à notre jeunesse les racines sans lesquelles leur avenir n’a aucun sens ?

MMB : Les mythes et les rites peuvent être retrouvés par deux moyens: il existe des livres: Dieu d'eau sur les Dogons (Griaule); Jeki la Njambé des Douala, par Ebéle Wei. Le reste se présente sous la forme de tapuscrits qui passe de photocopie en photocopie et enfin les contes et proverbes dont on retrouves les livres dans les écoles primaires (Les contes d'Amadou Coumba, par exemple). On les retrouve dans toutes les librairies africaines. Il y a aussi la démarche qui consiste à chercher des fragments de mythes très épars chez Hampate Ba, Louis René Luneau et Vincent Thomas (La Terre africaine et ses religions). Après ce travail de collecte, il y a le travail de terrain auprès des vieux sages encore vivants en vue d'un enregistrement des mythes dans les différents villages. A partir de là, on peut commencer la réflexion: une herméneutique des symboles "cachés" au sens de la loi de transformation de Lévi-Strauss. Qui peut être apte à dire leur vérité? Là est le problème. Je pense avoir creusé dans ce sens. Mais Louis-Vincent Thomas et René Luneau ont une belle approche. C'est cette systémisation de l'approche qu'on peut enseigner car elle montrerait à l'enfant comment la pensée mythique africaine ne constitue pas une préscience ; elle est résolument scientifique car il suffit de la sortir de son caractère religieux pour entrevoir toute la science avancée de notre temps

 Merci Mbombog Mbog Bassong de nous avoir honnorés de votre éclairage.


 

 

 

Propos recueillis par Claire Tatiana Matje (CTM) et Elvira Cerezo.

 

 

Commentaires  

 
#1 Emmanuel 29-08-2011 09:45
Je voudrais à Mbombog Mbog Bassong que j'apprécie ces réflexions sur la problématique du décollage sociopolitique et économique de l'Afrique contemporaine. Je suis également acqui pour un projet de renaissance de l'Afrique et j'y crois avec force de conviction.
Que Dieu bénisse le peuple Bassa'a.
NYEMEG III E.
 

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