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Entretien avec Mbombog Nyemek

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Mbombog Nyemek , comment allez-vous ?

Depuis le 17 avril 1978, Ilolombi ni Bassogol ont accepté donner vie à cet être que je suis. Mon cœur bat encore, la santé y est et je suis pour longtemps sauf décision contraire de ces derniers. Bref rassurez vous Mbombog Nyemek rayonne de santé.

 


Etiez-vous au ngand Mbog 2011 à Makak ?

Non, moi j’étais plutôt à Bot Makak si ce n’est un problème d’identification du lieu parce qu’il existe deux Arrondissements bien différents de par leur appellation Makak et Bot Makak. Mais à ma connaissance Ngand Mbog a eu lieu du 23 au 30 juillet 2011à Bot makak.

A l’ère ou tous les peuples évoluent de manière compact, en groupe organisé, il n’est pas question que le bassa vive en marge de cette évolution sociale.

Certes hier il ya eu plusieurs idées visant à regrouper tous les bassa voire la naissance de plusieurs associations dont l’idée véhiculée était regroupement , développement mais tous ces projets sont tombés dans l’eau tout simplement parce que c’était du tremplin pour les promoteurs pour une fois ou l’idée nait, s’étudie pendant plusieurs années par ceux qui incarnaient le Mbog , je croix qu’il était important pour un Mbombog que je suis d’être présent et ,apporter mon petit cailloux pour la mise en place de cet édifice. Plus encore l’obédience Mbok Biban (les Babimbi) a exigé comme préalable un rituel de confiance pour se rassurer qu’aucun Mbombok ne déviera l’idée du Ngand Mbok mise en place ; cette décision inédite dans la tradition Bassa constitue un garde-fou qu’aucun Mbombog ne pourra traverser.

Alors fini l’embarquement dans l’abstrait sociopolitique-culturel, cette sphère politique certes incontournable pour tout citoyen dans la participation à la gestion du pays’ qui a été destructeur de la tradition surtout bassa car s’étant implanté au cœur de celle-ci.

Les conclusions bénéfiques sont multiples mais malheureusement certaines resteront mystère pour les non initiés ; ainsi nous citerons

  • L’organisation du Ngand Mbog pendant une semaine chaque année au 7è Mois
  • Réactualisation de tous rites bassa
  • Réactualisation des Mbog en dormance dans certaine famille (sur demande)

L’appellation unique du Mbog comme Mbog Bassa donc la levée des barrières administrative pour le Mbog…………etc.


Qui est Mbombog Nyemeg ?

Fils d’un noble paysan, Nyemeg a eu la chance inouïe d’être à la tète du mbog laissé par l’arrière grand père Bagbe Ba Bak et une partie du Mbok(dinkona) laissé par mon grand père Bakinde .

Nyemeg-Nemba-Bakinde-Ndjeng-Bibeki-Bakong-Bappi-Nyanit-Bakenin(village Ndogbakenin)-Baele-Nkoum(canton Ndoglikoum Omeng)_Bassom-Nanga-Ngock


Omeng , votre contrée est assez connue, pouvez vous le situer géographiquement et nous donner quelques repères historiques ? Les noms des célébrités et les rapports les villages voisins

Omeng est l’un des Canton Babimbi Limité à l’Est par la rivière Liwa , à l’Ouest par les villages Ndogbabem et Nwamb, au Nord par les villages Ipako et yopyop(Ndogweg) et au sud par la rivière Konok; limite administrative entre les regions du centre et celle du Littoral.

Omeng compte plusieurs célébrité dans les domaines variés .Mais je m’arrêterais à trois célébrités à savoir :

                                  - Likoum créateur du village Ndoglikoum appelé aujourd’hui Omeng.                      

                                 -Mbanga ce hi ko’o hi mbog qui disparaitra bien assis sur son Longsia, Fuka dans la bouche et l’endroit se transforma en abysse jusqu'à nos jours ou personne n’y a jamais lancé une canne à pêche sans retirer un poisson.

                               - Balep Nazaire (kolo) artiste, plasticien, autodidacte qui fait la fierté d’Omeng si vous voulez la mienne en matérialisant le Mbog à travers ses œuvres d’arts.

Les rapports avec les villages voisins sont paisibles aujourd’hui, mais hier le canton Omeng a connu des conflits armés pour la défense de son territoire et plusieurs de ses fils en sont restés.


Quand et comment êtes – vous devenus Mbombog ? Et qui sont vos initiateurs ?

Je prendrais toute une journée pour répondre à cette question mais j’essayerai d’apporter quelques éléments de réponse.

   Je suis Mbombog depuis le 29 Novembre 1999 après plus de 10 ans d'initiation secrète et discrète cérémonie autorisée par mon feu père qui disparu heures pour heures minutes après minutes le 29 Décembre 1999 dont un Mois après son accord.

Mon feu grand père Bagbe un hi ko’o hi Mbog   n’ayant pas fait un garçon et étant resté seul demanda à mon feu grand père Bakinde polygame père de plusieurs garçons de lui en donner un.Nemba fut envoyé auprès de Bagbe à NNonton qui hérita de toutes ses richesses donc la plus inestimable le Mbog . Du coté de son propre père qui fut aussi Mbombog Nemba hérita une partie du Mbog appelé  «  dikona » « di » parce que c’est couple donc le rôle, les bienfaits, l’importance n’est pas à démontrer dans le SAI, la procréation, la purification, traitement, le déblocage de certains situations compromettantes.

Mon feu père Nemba étant resté ancien d’église et catéchiste, ce Mbog est resté actif mais très discret jusqu’à sa mort.

Dans l’acquisition de ce Mbog, je garde un souvenir indélébile, c’est la passation des reliques des Dikona entre mes mains le 9è jour de son enterrement par mon feu oncle resté au coté de leur père Bokmam me rappelant que c’était leur entente s’il mourrait le premier.

Né et grandi au village je suivais les initiations sans me rendre compte lorsqu’il fallait recomposer la combinaison alors là je m’en rendais compte d’être négligeant, distrait ….tout ce ci avec mon feu père, mon oncle maternel. Mais mon père du Mbog reste Mbombog Bissua Bi Nguimbous du village Log youmle qui m’a beaucoup apporté et qui ne cesse de le faire ; le Mbog etant infini je suis donneur et receveur dans le Mbog.


A quoi peut encore servir le Mbog aujourd’hui dans notre société ?

Me poser cette question amène à réfléchir de la manière donc vous appréhendez le Mbog , la définition que vous lui accordé et sa place.

Il y a encore quelques années j’ai vu nos ainés entrer dans toutes les marmites de nos mamans sans distinction de maison, discrimination, j’ai vu les ainés encadrer et protéger les cadets, j’ai été réveillé parce que papa a entendu son frère, son voisin tousser dans la nuit.

J’ai vu papa se réveiller et nous annoncer son départ avec lance et machette à sa main dans la nuit parce qu’un cri ou un tamtam résonnait d’un village voisin ; j’ai vu nos parents collecter leurs pièces de monnaie nouées autour de leur reins pour envoyer nos ainés à l’école, j’ai vu nos parents assemblés pour chercher la santé de l’un des leurs ; j’ai vu nos parents travaillés ensemble pour donner un toit à l’un des leurs.  

Toute société qui ne se construit pas sur la base des piliers traditionnels est vouée à l’échec bref à disparaitre ; pour l’illustrer lancer un coup d’œil observateur aux systèmes de développement du Cameroun et de l’Afrique en général.


Le Mbog est-il compatible avec d’autres religions

Je l’ai dit plus haut pour que notre Mbog existe il était devenu discret. Le Mbog n’a pas de problème avec la religion surtout que moi je pense que la bible est la tradition juive matérialisée par écrit et que la religion est le lien sacré entre les hommes et Dieu ; mais le contraire ne m’étonnerais pas.

Les colonisateurs avec leurs religions sont arrivé chez nous piller, gaspiller, et voler le Mbog mais en oubliant qu’à une certaine dimension le Mbog n’était pas que reliques traditionnelles mais plutôt une spiritualité inégalable. En plus le mbog connait un suprême Ilolombi est-ce lui Dieu ou Jésus Christ ? À chacun son moyen d’accéder au suprême.


Comment voyez-vous l’avenir de nos traditions dans 50 ans ? Votre projection et proposition

Permettez l’expression chrétienne « ce qui était au commencement, aujourd’hui et pour les siècles des siècles  »

Au sortir du Ngand Mbog à Botmakak tous mes pères m’ont désigné comme secrétaire chargé des projets du Mbog bassa, tache énorme qui m’oblige à entrer d’abord dans mon sommeil de Mbombog, et au réveil je m’enrichirai plus pour mieux répondre à cette question mais rappelez-vous : « Fut, est  et sera » Mbog makwo ma yée mbog kwog mbog yodag.


Un proverbe ou une sagesse et son explication en bassa

« Ngué i lennaga ngom ndi kel i pala yè » : Dans l’évolution de toute société ainsi tout développement social, économique et politique devrait être fruit d’une relève, d’un relais.


Propos recueillis par Wehiong et  Eddy Patrick Yon


Commentaires  

 
#1 17-09-2011 21:45
Remarquez et acceptez qu’au delà de la vulgarisation de tradition qu’on s’attache à préserver les valeurs intrinsèques qui vont de notre culture l’une des plus riches du monde. Valeurs sur lesquels on s’inspire pour faire de nous les grands hommes/femmes et de notre peuple le sanctuaire du patriotisme et de l’intégrité morale au Kamerun. Il serait donc préjudiciable et ce malgré nos ambitions de vulgariser nos cultures de la rendre vulnérable aux appétits individuels. En langage simple que je n'ai rien à dire si la relève du Mbombog est assurée mais gardons nous démocratiser le processus d’accès a cette noble et spirituelle obligation morale. Car il s’agit bien d’une obligation qui élève celui qui l’assume au rang de valeur spirituelle dans notre logique spirituelle. Je crois que nous devons y réfléchir ensemble pour éviter les écueils évidents qui émergent dans les cultures voisines qui au demeurant encrent et projettent de plus en plus la société camerounais dans un monde virtuel dépourvu de considération par rapport aux valeurs cardinales…
 

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