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"Comme il était au commencement"

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Découverte D’auteure

La question de religiosité est l’un des sujets phares des internautes de Liten li basa’a. Sont-ils représentatifs d’une génération d’Africains à cheval entre deux cultures, deux mondes et parfois diverses religions ? Toujours est-il que la question a maintes fois été posée : Comment l’Africain d’aujourd’hui devrait-il vivre sa spiritualité? Comment y parvenir sans tomber dans l’extrémisme et sans se retrouver acculé par les autres ?

C’est tout un voyage initiatique au cœur de soi-même que l’auteure  Otitié Kiri a imaginé ou vécu sous les traits d’Esther l’héroïne qu’elle nous dévoile dans son roman COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT ROMAN .

 

Nous avons aimé et sommes allés à sa rencontre, Jugez vous-même ! ! !

 

1) djee? Dzé? Qui ? Comment ? Pourquoi ? 

Otitié Kiri. Auteure du roman intitulé «Comme il était au commencement», qui est récemment paru aux Editions l’Harmattan. Quant à savoir pourquoi… disons que c’était sur mon chemin! (Rires)

 

2) Ici à Liten li basa’a nous nous plions au dictat de la coutume. Et elle recommande des présentations selon les règles de la culture. C'est-à-dire en déroulant sa lignée…

 Ane mis mese me ne dzam yen…Me ne ngone y’a Si Afrika. Ngone y’a nnam ba loé na Kamelon. Me ne ngone Beti, ngone Ewondo, ngone Mvog Mbi (Se ki é Mvog Mbi y’abeng tison y’Ongola Ewondo…é ba y’ a mfang nnam ba loé na Nkol Emomodo, a ndzong Akono!) Me ne ngone Ewondo amu me nga bial a dzang, veda ésia wam ane mane Mvele y’a Bumnyébel. Nale o nga tsilane na me ne a nda bod a Poungamel!

 

Traduction? Comme chaque œil qui se pose sur moi peut le voir, je suis une fille de l’Afrique. Originaire de cette terre que l’on appelle aujourd’hui Cameroun. Une fille de la lignée des Seigneurs... une fille Beti, donc ! Une Ewondo du clan Mvog Mbi (je ne parle pas des Mvog Mbi de la belle cité d’Ongola, que l’on appelle encore Yaoundé, mais de ceux du grand village de Nkol Emomodo. Sur la route d’Akono!) J’ai dis que j’étais Ewondo parce que j’ai grandi dans ma famille maternelle, mais comme mon père est un bon Basaa de Boumnyébel, je peux dire sans craindre de me tromper que je suis en famille chez Liten!

 

3) Bon nous sommes aussi ouverts sur le monde (rires). Il convient donc de se présenter afin que tous nos lecteurs puissent vous situer ou vous référencer dans ce monde.

Dans ce monde… je crois que je suis aussi la fille de mon père et de ma mère, donc ce qu’on a dit plus haut reste valable (rires). Ce que je peux rajouter c’est que j’ai passé la moitié de ma vie au Cameroun, et l’autre moitié ici en France où j’ai suivi un cursus littéraire classique jusqu’à la Fac de Langues Etrangères Appliquées. Je vis toujours en région parisienne avec une partie de ma famille.

 

4)«COMME IL ETAIT AU COMMENCEMENT»… hum de quoi parle t-? De quoi s’agit-il ? Par où commence t-on ? (rires)

Commençons par le commencement ! Par Ce qui était et qui est de toute éternité. Par ceux qui sont arrivés les premiers sur cette Terre… Parlons de spiritualité africaine puisque c’est le thème du roman, qui est en réalité un conte initiatique dont le personnage principal est en quête de son être véritable. C’est une jeune africaine, qui dans un contexte occidental, redécouvre peu à peu des aspects de sa spiritualité ancestrale. Elle n’apprend ni dans un livre, ni dans une école, ni dans un temple… C’est en elle-même qu’elle voyage, revisitant ainsi tout ce qu’elle sait (parce qu’on le lui a appris) sur la vie, la mort, l’amour, les hommes, les femmes etc.

 

5) J’ai lu, j’ai voulu décrypter, j’ai tenté de m’y retrouver. Entre le foisonnement d’émotions d’apparences contradictoires qui animent l’héroïne. Pouvons-nous dire qu’elle se soit enfin trouvée?

 Puisque les lecteurs suivent Esther dans son voyage, je serai heureuse que chaque personne qui lit ce roman puisse se forger une opinion personnelle sur la question! (Sourires)

 

 

6) À l’image de l’héroïne, Esther, penses-tu que la jeunesse Africaine soit en quête de quelque chose qu’elle se refuse à assumer par peur de représailles avec soi-même et les autres?

Je ne sais pas si la jeunesse africaine est en quête de quelque chose, mais il me semble que nous sommes en manque de repères adaptés à ce que nous sommes. Je crois que la négrophobie est un poison que nous avons digéré et que nous employons désormais contre nous-mêmes. Le plus difficile est peut-être d’en prendre conscience…

 

7)  Si j’ai bien compris, il s’agit ici d’une quête d’identité. Mais quelle identité, et puis cette quête est-elle propre au seul Africain?

 L’histoire racontée est effectivement une sorte de conte initiatique dont le personnage principal se livre à une véritable introspection. Quelle identité recherche-t-elle ? Elle ne peut le savoir qu’en continuant de chercher et d’avancer sur ce chemin, sans avoir d’idées préconçues et en ayant le courage d’accepter ce qu’elle découvre. Je parle du point de vue d’une africaine, mais quelqu’un m’a fait remarquer (comme tu le fais aujourd’hui) qu’il y a dans la façon dont les personnages questionnent les valeurs de leur temps, une quête de sens qui peut s’appliquer à n’importe quel être humain.

 

8) En parcourant ces pages, j’ai eu cette impression que l’auteure que tu es utilise l’écriture comme un miroir. Un moyen de faire son introspection, mais aussi celle des autres?

Moi je crois que c’est l’écriture qui m’utilise comme un moyen de matérialiser des idées! Je veux dire que la meilleure façon pour moi de comprendre une chose est de l’écrire. Ce n’est pas une passion (en tout cas, pas plus que le fait de parler ou de marcher)… Pour moi l’écriture est un personnage animé. Un précepteur qui ne me laisse même pas le choix de vouloir, ou de ne pas vouloir apprendre !

 

9)Premier ouvrage, accouchement difficile?

Du strict point de vue de l’écriture, au sens créatif du terme… non ! Pas du tout ! En revanche, quand on est une novice dans un univers aussi complexe que celui de l’édition, il y a beaucoup de leçons à apprendre de manière accélérée. Et je rends grâce pour tout ce dont je m’enrichis dans cette expérience.

 

10)Bon de toi à moi: serais-tu plutôt une Sylvia ou une Esther ? (rires)

 Une Sylvia, une Esther, une Guerline, une Nna Biloa… et bien d’autres encore !

On a dit schizophrénie, non? Explorons-la jusqu’au bout!!! (Rires)

 

11) Certains lecteurs désormais au courant de toi voudront certainement être au fait de ton actualité littéraire, que leur conseilles-tu? (où te lire, où suivre ton actualité ?

 Mon éditeur (l’Harmattan) organise une séance de dédicaces vendredi 07 Octobre 2011 de 19heures à 21heures, au 21 bis rue des Ecoles dans le cinquième arrondissement de Paris. Ce sera l’occasion de rencontrer le plus grand nombre de personnes. D’autres rendez-vous sont à venir. Ils seront progressivement publiés sur mon blog: https://otitiekiri.wordpress.com, et sur des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter sous le nom désormais célèbre (d’après Nacrita !) d’Otitié Kiri. (Rires)

 

12) Merçi Otitié Kiri pour ce bel entretien. Comme on dit chez nous en pays Basa’a « U kénéck longué »

 

Merci infiniment de m’avoir reçue. Je reçois à mon tour ces paroles, en ne formulant que des bénédictions à l’égard de Liten li basa'a et de ses lecteurs dans toutes leurs nobles entreprises.

 

 

Nacrita

 

 

 

 

 

Commentaires  

 
#1 N.A.B 04-10-2011 23:36
Vous avez dit voyage initiatique au coeur de vous memes? Otitié l'a fait !
 

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