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Interview : l'ecrivain Daniel Nsegbe (Mutt-lon) nous parle de son roman

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Bonjour A Manké

Bonjour magnan

Depuis quand écrivez-vous ? Et pourquoi le Pseudonyme Mutt-lon ?

J'écris assidûment depuis 1996. Mon pseudo Mutt-Lon signifie "l'homme du terroir" en langue bassa ; je l'ai pris d'une part pour faire simple par rapport à mon patronyme, d'autre part pour coller au type de littérature que je fais, qui se veut de la littérature à sens. Je veux être reconnu et désigné par une sonorité qui renvoit à une langue d'ici.

Parlons-nous un peu de ce roman si original «Ceux qui sortent dans la nuit»; comment est-il né ?

"Ceux qui sortent dans la nuit" est né d'un fantasme qui m'habite depuis l'enfance. En effet je ne cessais de me demander comment vivaient nos ancêtres les africains de jadis, ceux qui n'avaient pas vu l'homme blanc. Et je rêvais de m'insinuer parmi eux, d'évoluer au sein de leur communauté, tout en me demandant si j'avais les moyens de m'adapter à leur mode vie, si je serais reconnu comme un des leurs ou alors s'ils me verraient comme un étranger. C'est donc l'aventure que j'ai imposé à mon héros Alain Nsona, jeune homme contemporain vivant en 2011, qui se retrouve du jour au lendemain projeté dans un village africain en 1705, chargé de retrouver un certain Jam-Libe de qui il est censé apprendre le secret de la dématérialisation des objets. Pour pouvoir entreprendre cet incroyable voyage, j'ai donc, avec la liberté que permet le roman, usé de la sorcellerie comme ficelle. Et le lecteur se retrouve ainsi plongé dans cet univers interlope de la nuit, où ceux que j'ai appelé ewusus disposent de tant de pouvoirs.

Pourquoi écrire sur les « ewusu » dans ce monde où la rationalité semble avoir définitivement triomphé sur le monde de la nuit ?

Je pense que le « ewusus » pourrait constituer la tête de gondole d'une révolution scientifique qui permettrait de redéfinir l'équilibre géopolitique mondial actuel.

Cette Afrique de la nuit pensez vous réellement qu’elle peut encore sortir du tunnel pour éclairer l’humanité de nouveau ?

J'en suis plus que convaincu.

Parlons de Nsona, ce personnage chargé d’aller " arracher " le feu dans le monde de la nuit pour faire briller la Science… Est-ce une vue prophétique qui se dévoile ici sur le rôle historique de l’Afrique de demain ?

Nsona symbolise l'Africain d'aujourd'hui, tellement acculturé qu'il en a perdu son essence et tourne en rond dans une impasse. Il devient ewusu pour des raisons triviales et finit par être réorienté sur un axe prometteur. Comme Nsona, chaque Africain devrait opérer son "voyage retour" pour avoir une chance de sortir de l'impasse.

Au vue de tous les enjeux de reconquête au centre des quelles se retrouve notre continent aujourd’hui, Nsona a t-il la chance de survivre...que faut-il à votre avis pour cela ?

La réponse à cette question est dans les trois précédentes réponses

Sur quoi fondez-vous l'espoir porté sur Nsona et sa Science ?

Je pense que le legs ancestral, que nous négligeons, recèle de suffisamment de ressources scientifiques et spirituelles pour permettre à l'Afrique actuelle de s'affranchir.

 

Vous êtes un africain, camerounais de l’ethnie Basaa. Quel a été l’apport de vos connaissances sur le mbog basaa dans votre livre «Ceux qui sortent dans la nuit»

Je ne sais rien du Mbog, je ne suis pas un initié, juste un rêveur, un mythomane qui se construit des utopies qu'il traduit par des histoires prosaïques. Dans son ensemble mon roman procède d'une démarche fantasmagorique, quand même nourrie par ma connaissance du village.

Qu’est-ce que la littérature vous a apporté après le Prix Ahmadou Kourouma 2014 ?

Le prix Kourouma m'a apporté la reconnaissance, la notoriété et la crédibilité.

De nouveaux projets en perspective ?

Je publierai deux romans en 2015: un en France et un au Cameroun, aux éditons Clé. Nous en reparlerons en temps opportun

Avez-vous sagesse en basaa que vous désirez partager avec les internautes ?

U djeck mikoko, u bèleck bissok

Liten li basaa vous remercie pour votre disponibilité

Le plaisir était pour moi, mon frère

 

Propos recueillis par Senusret Nkohom Wad

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