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JEAN BIKOKO ALADIN , LE PAPE DE L’ASSIKO TIRE SA REVERENCE !

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« Femmes de mon pays natal et vous défunts

Hommes vaillants, gens du voyage et enfants

Ceignez vos reins du pagne que rythme l’écho

Et dansez l’Assiko de Jean Aladin Bikoko !

 

Le père de l’Assiko moderne s’en va en terre

Là-bas près d’Eséka, entre mille parterres

Saluez le rythme, le battement, le sublime génie

De celui qui dérouilla nos reins de sa frénésie


Il est mort ce matin à Yaoundé et il survivra

Si tu racontes à tes enfants la danse des Tara

Le pas du pagayeur Malimba de Dizangué à Edéa

Qui réveille les génies enchantés de la Sanaga

 

Il est mort ce matin et dans nos cœurs il revivra

Celui qui grinçait le Hilûn avec tant de maestria

Et qui parlait de l’indigent avec grâces et merci

Dans notre pays livré aux vendeurs de pain rassis »



Ce jeudi 22 juillet 2010, l’Agence Africaine de Presse (APA), nous annonce le retrait de la lumière du monde à notre ami Jean Bikoko Aladin, musicien émérite, pape du rythme assiko. Jean Bikoko Aladin est mort ce jeudi 22 juillet à Yaoundé du Kamerun. Le jour fatidique de l’inscription d’Aladin en nos cœurs et mémoires est venu. A 71 ans , il nous dit le terrible adieu de l’homme qui poursuivait son œuvre quand la mort le happa. La musique était sa vie, et en ses derniers jours, il chantait pour adorer l’Eternel. Il avait perçu dans l’Instant, l’éclair de l’au-delà qui donne au sage sa sérénité ultime. Même pas peur. Il était prêt à mourir parce qu’il n’avait jamais dédaigné de vivre pleinement son temps et ses possibilités.

Voici venue l’heure des retrouvailles d’outre-tombe entre Jean Bikoko Aladin et son fils bien-aimé mort à 17 ans, Jean Bikoko Précieux, décédé quelques mois avant la sortie du dernier disque de l’artiste, si justement intitulé « Kèl ma wo » - en basaa, « Quand je mourrai »-. La mort de cet enfant fut la douleur qui étreignit jusqu’à son dernier soupir, le grand Jean Aladin Bikoko, car Précieux était un virtuose qui féconderait le champ du Père, comme Femi Kuti pour Fela Kuti au Nigeria par exemple. L’enfant mourut, sans crier gare, laissant le Père abasourdi de douleur, presque rendu fou par la dureté du sort. J’ai fait la rencontre individuelle de Jean Bikoko Aladin lors de sa dernière tournée européenne, en 2009, après avoir été bercé et accompagné toute mon enfance durant, par la virtuosité de son jeu de guitare. Une carrière musicale commencée en 1953 et poursuivie avec une cadence de production prolifique, le mettait à l’abri du moindre soupçon d’amateurisme. Son rythme, recherchant le battement vibratoire de la voix humaine, était expression de la force génératrice du Grand Rite Initiatique Basaa du Ngué, dont il possédait les dons sonores, puisqu’il était passé Grand Maître du « Hilûn hi Manganda », « La musique des grandes occasions ».

Sa musique avait par ailleurs épousé les contorsions de l’histoire politique du Kamerun, où il comptait des admirateurs et parfois des amis dans tous les camps, maniant cet art de l’ironie et de la bonhomie qui était si justement le sien. Né dans le terroir du nationalisme upéciste, il en connaissait les tragédies et la grandeur. Ce ne fut pas par hasard qu’il chanta « Hiki Jam Li gwé ngèn » - « Chaque chose a son temps », en référence à dictature sanguinaire d’Ahmadou Ahidjo. Dans le même temps, il chantait pour la paix retrouvée entre les enfants du Kamerun, appelant les upécistes à rejoindre la république qui naissait en faisant la paix des braves. Jean Bikoko avait ses audaces et ses négligences, mais sut rester essentiellement le musicien du peuple, le prince qui appelait « Tout le monde, Samedi soir ! ».


Descendu pendant une semaine chez son neveu - mon ami Yves Beng, lui-même musicien, à Rouen - il nous fit l’honneur d’une journée musicale mémorable – avec une danseuse d’Assiko venue exprès de Paris - et passa une journée entière en ma compagnie à mon domicile de Mont Saint-Aignan, partageant mon pain du jour et me prodiguant force conseils pour durer et réussir de belles œuvres dans l’existence. Nous passâmes des moments rares. Il s’émerveilla de prendre un petit-déjeuner avec moi dans un Mac Donald. A sa demande, je l’emmenai un autre jour dans des boutiques de chapeliers à St-Sever où j’eus le plaisir de lui offrir un spécimen de son choix. Nous devions nous revoir, de longues interviews et un projet d’ouvrage avaient vu le jour en compagnie de Yves Beng. Nous devons l’accomplir maintenant, plus que jamais, afin qu’autour des chansons de Jean Bikoko Aladin qui sont son legs le plus essentiel à la postérité, gravitent quelques méditations essentielles qui nous rappellent la quête de sens qui fut la sienne.

Salut abrupt et fraternel, mon cher Doyen. Et comme on dit dans notre bonne vieille langue maternelle basaa, « Maké mallam î lon î ba mbombog » ! « Bon voyage aux pays de nos ancêtres » ! Adieu, Jean Bikoko Aladin, que ta barque entourée de fleurs glisse tranquillement sur le fleuve éternel de la vie spirituelle…


Pr. Franklin Nyamsi

Rouen, le 22 juillet 2010.

 

Commentaires  

 
-1 #28 N.A.B 26-07-2010 20:14
Mbombock de l'Assiko aurait plus d'impact que Pape de l'Assiko qu on l admette ou pas!!! Il y a des vérités indiscutables comme celle çi. Bikoko est l' Assiko, l'Assiko est Bikoko. L assiko est Bassa. Le sage, le guide chez le Bassa c est le Mbombock donc cela aurait plus d'impact si Bikoko se donnait se titre. Mais cela n enlève rien à la grandeur du mr qui pour moi restera à jamais le Mbombock de l Assiko n'en déplaise aux papemia............
 
 
-1 #27 26-07-2010 16:28
Pour nos hiboux de l'Intelligence, qui gouvernent dans la Diaspora, démocrates et qui jugent les dirigeants et les artistes Camerounais, nous leurs demandons de venir au pays Investir.Au lieu de tenir des discours d'une époque complètement révolue. Le Communisme,Le capitalisme, les Dictateurs et autres, ces termes ne portent que les germes de l'intolérance et de l'ignorance...Les Radicaux sont morts dans le Maquis...Jean Bikoko vous interpelle...Et même sa mort est une preuve d'Amour, d'un homme à son peuple...Taisons nos querelles, qui nous identifient, comme le dis si bien "bombock B.B."
 
 
-1 #26 26-07-2010 16:17
Un Baobab, nous laisse.Celui qui a toujours voulu être celui qui console l'enfant qui pleure. qui ramène dans sa demeure le pauvre orphelin faible et tremblant sans penser à faire semblant. Aladin, son titre "Les Enfants du Cameroun" je cite:" Enfants du Cameroun, sortez, sortez du maquis. pourquoi, souhaitez vous mourir dans la forêt, alors que nous fêtons la proclomation de l'Indépendance ?Cette douleur me déchire le coeur..." Le Passé n'est pas un Port, avait compris le Grand Aladin.Le Nouveau Maquis se trouve être hors du Cameroun aujourd'hui...notre pays nous interpelle...il a su aimé son pays, même dans la misère...Merci PAPA...
 
 
-1 #25 yetna.leba@ 26-07-2010 11:06
Ngo Nsinga je ne te connais pas, mais laisse moi te dire quelque chose: je doute que tu es le niveau de cette discussion car jusque on a pas vu un seul point par toi articulé...
tu parle de Mr Pem comme un qui a commencé à écrire sur LLB? Mais informe toi avant de dire des choses stupides....je prefere lire tous les jours Manmut car moi j'aimerais bien m'exprimer à partir de l'imaginaire des mes ancetres...la croisée des cultures doit signifier apporter sa part d'immaginaire...c'est-à-dire ces heros, ses dieux etc...pas seulement la musique, le bassa ne doit pas reduire sa culture au divertissement. Et là je suis 100% d'accord avec Mr Pem...
Appeller Bikoko le pape de l'assiko...c'est puiser dans l'imaginaire du colon pour se regarder, et ca je l'ai apris de Pem, c'est une extraversion du regard...
 
 
-1 #24 yetna.leba@ 26-07-2010 10:54
Mr Nyamsi voici ce qu'a dit Manmut " Merci pour cette hommage, mais je trouve qu'il est de mauvais goût de calibrer un homme qui toute sa vie s'est battu pour notre culture du terroir de PAPE...sa mémoire doit être associée à notre propre culture, il me semble."...nul part ici il n'est question de Aladin, mais plutot de la " couronne de pape" que d'apres Jeny il s'est auto attribué et que votre article rerevendique...pourquoi le tres immence Bikoko doit t'il etre representé par l'une des figure de tout le malhuer de l'Afrique et des bassa en particulier?
C'est bien de lire avant de critiquer.
 
 
-1 #23 Manmut 26-07-2010 10:40
Ngo Nsinga ce sera la derniere fois que je te reponde...sauf si je lis un article de toi, mais je doute que tu en ais des capacités...moi quand je ne suis pas d'accord avec quelqu'un je donne une contre opinion, prend ton courage...prend le risque d'affirmer quelque chose!
 
 
-1 #22 Manmut 26-07-2010 10:35
quand un africain pour parler de force se reduit à Hercule, pour parler de notoriété morale se réduit au pape, pour parler de dieu se réduit à yéhovah il omtre bien son niveau de culture et son degré d'allienation...fruit de l'école de Mamadou et Binetta!
Maintenant si vous vous qualifiez cette attitude de sous culture, assumez en les responsabilités ...quant à moi, Bikoko est tellement grand que je ne mesurerais pas sa grandeur à la coruption du pape!
 
 
-1 #21 Manmut 26-07-2010 10:28
niveau de culture renvoit-il à une échelle de superiorité et d'infériorité? cela c'est vous qui le dites...vous avez qualifiez Bikoko de Pape...si etre à la croisée des cultures c'est nier l'imaginaire de sa propre culture pour promouvoir celui des la judeochrétienté c'est un concept qui pour moi est bien pauvre.
Maintenant je me souviens pas d'avoir parler du surmon Aladin...
Nsinga quand je vais appeller le Pr. Nyamsi ce soir, on parlera de nos differences de vue sur le metissage culturelle...lui et moi avons animé des journaux tels que Inpacttribune, Vesperal...il faut bien vous informer sur les gens avant de dire n'importe quoi.
 
 
-1 #20 26-07-2010 09:55
Pr Nyamsi, le ver est dans le fruit !!!
Il a pris ses aises sur LLB (à l'acclamation de la rédaction) et referait volontiers le monde à la lumière de son savoir !!!!
 
 
-1 #19 26-07-2010 01:23
Triste, triste triste. Pas de mots. Un grand homme s'en est allé, dur la réalité. J'ai mal, très mal. Il faisait partie de ma vie depuis toujours. Pour moi, tu es et resteras irremplaçable. Repose en paix.
 
 
#18 25-07-2010 16:02
Cher NGUINDJOCK,

J'ai des documents d'Aladin qui témoignent du fait que sa chanson Hiki Jam Li Gwé Ngèn, Yag baoussa ba gwé ngèn, visait directement la dictature d'ahidjo. Par ailleurs, Jean Bikoko a aussi connu des déboires sous la dictature de Paul Biya. Il a été jusqu'à subir un interrogatoire devant les services secrets kamerunais. J'ai les documents qui l'établissent et Jean Bikoko lui-même me l'a dit. Donc, dans mon papier, il n'y a aucune préférence pour Ahidjo ou Biya. Ils ont le même bilan et appartiennent tous à la droite néocoloniale franco-camerounaise! Je les considère tous comme de grands criminels politiques et économiques.Il fallait que je le précise. Merci.
 
 
#17 25-07-2010 15:51
Chers amis,
Je réagis au propos suivant de Manmut PEM, que je trouve excessif et déplacé, au sujet du surnom "Aladin"de Jean Bikoko. Jeny a fait remarquer à Manmut que c'est un surnom que l'artiste s'était choisi. Mais Manmut va plus loin dans sa critique, trop loin à mon sens, puisqu'il prétend que le niveau de culture de l'artiste n'était pas bien haut.Il est malvenu de traiter ici Jean Bikoko Aladin de personnage moins cultivé que toi parce qu'il portait le surnom d'Aladin. Emprunter un surnom à une culture étrangère n'est pas un fait nouveau dans l'histoire des grandes figures culturelles. Par ailleurs, Bikoko a réalisé dans sa musique l'alliage de l'instrumentation traditionnelle Basaa avec l'instrumentation technologique importée d'Occident. Il était au croisement des grandes cultures.
Je ne vois pas pourquoi Manmut peut traiter Jean Bikoko de sous-cultivé, ou infra-cultivé.
LLB devrait être un lieu de mesure et d'humilité dans les prétentions.
 
 
-1 #16 25-07-2010 01:57
Un pan de la culture bassa s'est envolé. Saurons-nous lui rendre un vibrant hommage? Il ne s'agit pas seulement de se rivaliser d'efforts pour organiser la plus grande céremonie à sa memoire. C'est la forme et l'impact est à court terme. Dans le fond et à longue echéance, afin de receuillir et sauvegarder l'héritage legué par l'icone della culture bassa, Jean Aladin BIKOKO, il est urgent, si ce n'est pas encore fait, de réaliser une chose. Laquelle? Implémenter une collection(en plusieurs volumes et en cd) de toutes les oeuvres musicales d'Assiko de JEAN ALADIN. C'est un appel à toute la communauté bassa du Cameroun et de l'extérieur pour la divulgation de l'Assiko. Toutes mes condoléances à toute la famille de JEAN ALADIN BIKOKO. JEAN ALADIN BIKOKO était, est et sera le chantre de la culture bassa. Sommes-nous conscients du vide qu'il va laisser?
 
 
-2 #15 Manmut 24-07-2010 08:48
Jeny, qu'il se soit donner ce nom est une marque de son niveau de culture...LLB je l'ai toujours dit se doit d'impulser un nouvelle élaan culturel et rectifier ce genre d'errement...
Cette extraversion du regard ne nous aide pas....une sommité comme Bikoko devrait qualifier sa propre dimension de pharaonique...mais il est plus simple pour nous de divulguer les modeles culturels coloniaux...
 
 
-1 #14 23-07-2010 16:48
tres touchee par le depart precoce (pour moi) de J BKOKO ALADIN, le pape de l'assiko! que nous reste-il? la releve n'est meme pas assuree, une partie de la culture BASSA s'en va avec ALADIN! PAIX ET REPOS ETERNEL A SON AME!
 
 
-1 #13 23-07-2010 12:37
Speachless... Niambe a sayap Bikoko. Laa hoya be!
 
 
#12 jeny 23-07-2010 11:08
@ Manmut, PAPE, est le nom que Bikoko s'était lui même donne.
 
 
-1 #11 23-07-2010 10:38
I feel Jean Bikoko is not dead. Each time we hear his songs and those younger generations he has groomed to preach the Assiko gospel like him,, his memories will always be with us. all the same, May his soul rest in the Lord. amen
 
 
-1 #10 Manmut 23-07-2010 09:48
Merci pour cette hommage, mais je trouve qu'il est de mauvais goût de calibrer un homme qui toute sa vie s'est battu pour notre culture du terroir de PAPE...sa mémoire doit être associée à notre propre culture, il me semble.
 
 
-1 #9 23-07-2010 08:51
Un ouvrage sur Aladin ; Il n'y aurait pas mieux pour lui rendre hommage.
Merci pour ce temoignage
 

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