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Inconnu de la semaine : nkoma jean moise

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Ces derniers temps en France, l'identité nationale est sur toutes les lèvres. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les immigrés dans ce pays, notamment ceux provenant du continent africains se sentent visés par ce débat aux visées à peine voilées.

C'est dans ce contexte que nous avons rencontrer notre inconnu de la semaine. Il a bien voulu nous parler de lui, nous confier le contexte de son exil en terre française et prodiguer quelques conseils aux plus jeunes..

Monsieur Nkoma Jean Moise né en 1963 à Eseka au Cameroun, d'une mère Ndog Sul(Nyong et Kélé) et d'un père Ndog Gwék (Babimbi III), tous deux instituteurs.

Eyobo, comme l'appelle ses proches, a fait ses études à l'école primaire Sion de la cité Sic à Douala, au collège Saint Michel de Douala, puis au CES de Ndom. Les charges pesant sur la famille, il sera contraint d'abandonner les études au secondaire pour chercher à se battre afin de gagner lui-même son pain quotidien.

Sans qualification dans un contexte économique défavorable, ses activités se réduiront au jeu de dame avec des amis à longueurs de journées au quartier à Douala, dans l'espoir d'être appelé une fois de temps en temps pour un «job». « Vous savez au Cameroun le chaumage prévaut ; même quand on est a la maison on ne le ressent pas trop comme en occident. Je vivais au jour le jour sans d'ambition», admet-il.

En février 2002, il parvient à obtenir un visa en tant que sportif camerounais pour un stage d'athlétisme en Allemagne, bien que ne pratiquant aucun sport. Arrivé à l'aéroport parisiens de Roissy , il disparaît dans la nature. Il n'arrivera jamais en Allemagne.

En France, il est accueillit par la famille et quelques amis, retrouve une autonomie relative grâce à de petits boulots au noir. Au départ, tout se passe pour le mieux pour lui, mais au fil du temps, les comportement vis à vis de sa personnes changent : « Quand tu arrives tu ne t'y connais pas donc tout le monde veux profiter de toi. Mais dès que tu ouvres les yeux c'est le début de la galère. », nous confie t-il.

Malgré tout, il finira par obtenir un titre de séjour, le fameux sésame qui lui permettra d'avoir un emploi fixe. Il n'a pas attendu longtemps après cela pour exprimer sa reconnaissance en consacrant de sont temps à ceux qui qui comme lui dans le passé, ont besoin d'assistance. Il est engagé comme bénévole dans une association nommée école sous l'arbre : « Nous donnons des cours d'alphabétisation dans le 13eme arrondissement de Paris et intervenons souvent dans les associations au Cameroun comme la foire du livre, en essayant de fournir des livres à des universités au Cameroun. Nous essayons aussi de leur fournir des ordinateurs.» . Eyobo est également un membre très actif de la branche parisienne du synode babimbi de l'EPC (Église Presbytérienne Camerounaise).

Avec un peu de recul, Moïse ne trouve pas sa situation en France fameuse, mais admet qu'au moins, désormais, il ne manque de rien pour sa subsistance et se permet même de temps ne temps de venir en aide à ceux qui sont restés au pays.

Quand à savoir ce qu'il conseillerais à ceux qui veulent suivre ses pas, sa réponse est la suivante :il y a 2 paramètres : celui qui fait déjà un petit boulot au pays, je le conseillerais de ne pas s'aventurer. A celui qui ne fait rien, je dirais de s'engager s'il peut venir mais de passer par une voie légale et non de venir comme on dit, a pied .

Par ailleurs, notre sujet regrette que la communauté basaa ou nos compatriotes en général n'aient pas mis en place une structure, comme le font les ressortissants de certains pays d'Afrique de l'ouest, pour accueillir les nouveaux arrivants et les orienter. D'après son observation, la majorité des bassa de France s'impliquent plus dans des associations de village ou de quartier où ils ont grandi et ceux qui ne s'y retrouvent pas la vivent dans leur petit coin.

De son histoire, il aimerais qu'on retienne qu'il ne faut jamais perdre espoir. Quelque soit la situation, il faut toujours se battre jusqu'à la dernière goutte de sang.

Enfin, il n' a pas manqué de remercier LLB de lui avoir permis de partager son expérience, notamment avec les jeunes bassanautes du pays.



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