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Profil : Achille MBEMBE

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Achille MBEMBE  est un enfant Nsa’a, fils de Tang MBEMBE Jean et NGO YEBGA Thérèse né en juillet 1957 au Cameroun.

Il passe une grande partie de son enfance à Malandè, petit village de l’arrondissement de Makak (Famille Ndog Bea). Eduqué par des pères dominicains à l’internat, à l’université de Yaoundé, il s’engage dans la Jeunesse estudiantine chrétienne (JEC) où, très rapidement, il aura la responsabilité du journal du mouvement, Au Large.

Ce journal est pour lui et ceux de sa génération, une excellente tribune pour analyser différents aspects de la politique nationale et internationale.

Son engagement dans la JEC le conduit à la découverte du Nord-Cameroun, et de manière générale, à la découverte de son pays, s’intéressant plus particulièrement à la vie des paysans. Avec ses camarades, il participe à des cours d’alphabétisation organisés pour les paysans dans le village de Mokong, non loin de Maroua. Il voyage également en Afrique. Lors d’un voyage en Tanzanie en 1980, il entre en contact avec la pensée du «Mwalimu» Julius Nyerere.

Arrivé à Paris en 1982, Achille MBEMBE poursuit ses études à la Sorbonne. En 1989, il obtient un doctorat en histoire. Par ailleurs, il est titulaire d’un D.E.A en science politique de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP). C’est ici qu’il fait une rencontre intellectuelle majeure: Jean-François BAYART, auteur d’une thèse de doctorat publiée à la fin des années 70 sur le politique au Cameroun. MBEMBE épouse et adopte alors une démarche épistémologique nouvelle, le politique par le bas. Ce choix lui attire aujourd’hui encore les foudres d’une partie de l’intelligentsia camerounaise et africaine.

Il a été professeur d’histoire à l’université de Columbia (New York, Etats Unis) de 1988 à 1991, chercheur à la Brookings Institute à Washington de 1991 à 1992, maître de conférences à l’université de Pennsylvanie de 1992 à 1996, membre du Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique (Codesria) basé à Dakar au Sénégal. Il en sera le secrétaire exécutif de juillet 1996 à janvier 2000.

Plusieurs fois invité comme intervenant dans les universités de Californie, Berkeley en 2001 et Yale en 2003. Il est aujourd'hui Professeur d'histoire et de sciences politiques à l'Université de WITVATERSRAND et directeur de recherche à l’institut de recherches sociales et économiques (WISER) au Witwatersrand à Johannesburg (Afrique du sud). Ses principaux centres d'intérêts sont l'histoire de l'Afrique, la politique africaine et les sciences sociales.


Son engagement pour l’Afrique :

Achille MBEMBE est l’un des intellectuels africains les plus en vue de nos jours.

En 2007 il publie une œuvre théorique : De la postcolonie, un essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine qui est aujourd’hui un ouvrage incontournable étudié dans les meilleures universités du monde. Un ouvrage qui a fait de lui l’un des plus grands théoriciens de la post-colonie, le meilleur de sa génération.

En réaction au discours du président SARKOZY à Dakar en 2007, il publie un texte intitulé L’Afrique de Nicolas Sarkozy où il met en exergue son ignorance de l’Afrique. Au-delà des préjugés racistes de ce discours, MBEMBE met surtout en lumière l’inadéquation de la politique africaine de la France et fustige le mensonge qu’est l’aide au développement.

Le Mpodol au panthéon des hommes épris de liberté.

Ruben UM NYOBE est assassiné le 13 Septembre 1958 à Libél Li Ngoi aux environs de Boumyébél. En même temps et dans les mêmes circonstances, est assassiné Pierre YEM MBACK, époux de Martine NGO YEBGA, sœur de la mère d’Achille MBEMBE. La veuve Martine NGO YEBGA et ses enfants sont pris en charge par sa belle-mère Susana NGO YEM qu’Achille MBEMBE considère comme sa grand-mère.

C’est donc douloureusement que le jeune homme grandit dans un Cameroun où il était interdit de prononcer publiquement le nom de UM NYOBE, de lire ses écrits, de garder chez soi son effigie, ou encore de se souvenir de sa vie, de son enseignement et de son action. Un pays où longtemps après son martyr le régime néocolonialiste installé par Paris n’a eu cesse de faire de la vie sociale et politique une scène de tragi-comédie permanente dont la trame devait soit pervertir le message du regretté résistant, soit alors donner à sa lutte l’image d’une banale entreprise criminelle.

Dans une interview accordée en 2007 A. MBEMBE disait: « Cette tristesse mêlée à la douleur et à l’espérance, j’en fus plusieurs fois le témoin lorsque, par exemple, elle (Susana NGO YEM, Ndlr) se mettait à chanter les chants d’autrefois - les chants d’espérance qui avaient rythmé le cours du mouvement nationaliste de sa formation en 1949 jusqu’à l’entrée dans le maquis en 1955. Certains jours, au détour d’une tâche domestique, je l’entendais chanter toute seule les chants de lamentations. J’imagine qu’Um ayant été privé de funérailles après sa mort et son enterrement à la sauvette au cimetière de la mission presbytérienne d’Eséka en septembre 1958, ces chants servaient à accompagner son ombre et cherchaient à lui ouvrir la voie d’un possible repos, en compensation de l’inqualifiable injustice dont il fut la victime après son trépas. »

Aussi il fait à 16 ans la promesse de sortir Mpôdôl de l’oubli (mpodol = prophète ou porte-parole, nom affectueux donné à Ruben UM NYOBE dans le maquis). Plus tard, MBEMBE publie de nombreux essais et critiques liés à UM NYOBE et au nationalisme camerounais : Le Problème national camerounais en 1982, Écrits sous maquis en 1986, La Naissance du maquis dans le Sud-Cameroun en 1996 (liste non exhaustive).

Homme engagé dont la plastique intellectuelle reste très flexible il traite avec rigueur tous les sujets : du football à la musique (fan de jazz),en passant par les questions de l’identité. Son avis est souvent sollicité par de nombreuses institutions dont récemment le MEDEF français.

D’après Achille MBEMBE : «Un pays qui "s'en fout" de ses morts ne peut pas constituer une Nation.»


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