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BIDJOCKA BI TUM est né vers 1880 à Sendè

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BIDJOCKA BI TUM est né vers 1880 à Sendè. Son père, TUM MAKANG est un mbombog , le patriarche , une sorte de juge–législateur dont la sagesse, l’érudition et l’autorité spirituelle sont indispensables à la régulation et la cohésion de cette société acéphale que constitue l’ethnie Bassa Bati Mpo’o. Du fait de cette noble filiation, le jeune Bidjocka va, au pied de son père, s’enrichir de l’indispensable savoir traditionnel qui le conduira jusqu’au plus hautes sphères de l’initiation dans le Ngué, société secrète dont la fonction première est de faire régner l’ordre et de neutraliser les fauteurs de troubles.

En sa qualité de fils aîné et fort de son courage, il est de tous les déplacements de TUM MAKANG à travers la jungle. C’est au cours d’un de l’un ses voyages que le destin du jeune Bidjocka allait basculer pour le meilleur et pour le pire.

Les circonstances

Dès la pacification du bakokoland, les allemands cherchèrent à travers les chefferies locales à disposer de relais surs et stables pour une meilleure administration du territoire. Seulement, dans cette région bassa bakoko, les allemands sont confrontés à l’organisation originale des sociétés égalitaire gérontocratiques (où l’âge constitue le principal facteur d’autorité). Il s’avère vite aux yeux des colons allemands que ce type d’organisation ne correspond pas à leur système d’administration.

C’est ainsi qu’ils vont décider d’apporter une innovation en proposant à l’assemblée des mbombog de s’accorder sur le choix d’une personnalité qu’ils instituerons comme roi ( chef supérieur).

A l’issue de leur conclave, les mbombog portèrent leur choix sur MBOME A PEP, un de leur illustre pair que les allemands invitèrent à se rendre en Allemagne pour une visite d’imprégnation. De cette excursion, l’histoire retiendra la disparition mystérieuse de MBOME A PEP, vraisemblablement noyé au niveau de la baie de Souelaba.


Le récit de cette tragédie provoqua un émoi tel que les mbombogs décidèrent de ne plus proposer un des leurs à la fonction de chef, soupçonnant quelque subterfuge des allemands afin de s’emparer de leurs secrets. C’est ainsi qu’ils décident de contourner le problème en proposant pour la fonction de chef un jeune, choisi parmi les fils des patriarches présents. Trois jeunes accompagnaient leur père à cette réunion ; il s’agissait de :

  • Mintoumba Njanjee de Yakalak
    - Ngwang Mongo de Yamoongo (Ndog-Moongo)
    - Bidjocka bi Tum de Yabisso (Ndog-bessol)

Les trois postulant sont présentés aux allemands lesquels après une petite enquête, décider de porter leur choix sur BIDJOCKA BI TUM.

Dès lors, le chef Bidjocka, près de quatre ans avant son intronisation officielle, mettra le pied à l’étrier, sillonnant le pays et déployant tout son zèle pour assumer sa lourde mission. Il se montrera particulièrement efficace dans le recrutement des ouvriers pour le portage, la culture des plantations ou les travaux de constructions de routes et notamment du chemin de fer.

Il s’y employa si bien que pour lui rendre hommage, les allemands porteront son nom au fronton de la toute nouvelle gare qui servi de terminus au chemin de fer allemand.

Peu après, à cause d’une rocambolesque histoire de métempsycose supposée d’homme- panthères qui semaient la mort et la terreur parmi les populations, notamment celles accusées de collaboration avec l’ennemi. Il s’en fallut de peu pour que notre chef échappa à la pendaison pour trahison, motif : complicité ou du moins complaisance avec les auteurs de ces tueries. Bidjocka Bi Tum ne dut la vie sauve qu’ à l’intervention appuyée des missionnaires qui se portèrent garants de sa bonne foi et de son innocence, soulignant au passage sa grande contribution à l’œuvre évangélique.

Le chef Bidjocka verra donc sa peine commuée en exil, lequel se déroula dans la ville de Sangmélima via Lolodorf où en souvenir de son passage remarqué, son nom a été donné au village dans lequel il séjourna en passant.Cet exil en pays boulou s’achèvera plus tôt que prévu à la faveur de la première guerre mondiale qui dès 1916 verra la fin de la domination allemande au Cameroun.

C’est donc sans surprise que l’on retrouve Bidjocka Bi Tum au service de l’administrateur français dès 1917. Il est d’abord nommé assesseur au tribunal coutumier d’Eséka parallèlement à ses fonctions de chef du village BIDJCKA. L’influence et le prestige dont il jouit auprès des populations sont autants d’atouts qui motiveront la France dans sa décision de le rétablir dans ses fonctions de Chef supérieur du grand canton Ndogbessol. Ce retour en grâce va se traduire en terme de tournées, tenues de palabres, campagne de collecte d’impôts ou en nouvelles épousailles entre autres. Seulement le bonheur est éphémère et le succès politique ne tient qu’à peu de choses parmi lesquelles la vigueur et la prudence. C’est cette dernière qualité qui lui fera défaut lorsqu’il donnera son carnet de chef à un marchand pour garantir le paiement différé d’une bouteille de vin rouge. C’était l’erreur de trop selon l’administrateur français qui, informé, y trouvera légèreté et « ivrognerie ». Le chef Bidjocka se verra donc(en 1932) destitué de ses fonctions sans autre forme de procès. Il allait dès lors entamer une longue et rude traversée du désert qui ne prendra fin que six ans plus tard par son installation comme chef d’un canton Ndogbessol considérablement amoindri. Soulagé par son retour en « situation » et assagi par ses différentes épreuves, le Chef Bidjocka va se remettre à l’ouvrage avec un enthousiasme renouvelé puisque qu’à peine deux mois après l’on le retrouve en tournée de prise de contact dans sa circonscription administrative. Il l’interrompt en cours pour se rendre à la fête du 14 juillet qui se déroulait à Eséka en présence des autorités coloniales. C’est de là qu’il partira deux jours plus tards aux alentours du 16 juillet pour se rendre à Bidjocka où les populations l’attendent pour célébrer les festivités à leur tour. Il est accueilli à sa descente de train par des groupes de danse en liesse se trémoussant au rythme saccadé des tamtam et des balafons. Mais Le Chef Bidjocka est plutôt grave, silencieux et observe avec détachement les différentes manifestations de joie. Accompagné de son premier fils, il parcourt machinalement le village, donnant un certain nombre d’instructions. Dans la soirée, il fait appeler son petit frère BIKIM BI TUM et d’autres personnes à qui ils donnent des recommandations. Ensuite, il se lève pour aller faire des selles et appellent ses compagnons qui constatent que l’herbe a brûlé tout autour de cet l’endroit, indiquant par là qu’il avait été victime d’un empoisonnement virulent en mangeant de la kola lors de son séjour à Eséka .Enfin il fait appeler le catéchiste du village, se confesse et reçoit le baptême avant de rendre l’âme le 17 juillet aux alentours de 2 heures du matin, laissant une quarantaine de veuves éplorées et de nombreux orphelins dont le plus âgé n’a que 17 ans.



Commentaires  

 
#2 17-02-2011 13:40
Cher Monsieur,
Je suis au regret de vous annoncer que vous faites erreur sur la personne. Vous confondez Bidjocka Bi Tum dont il est ici question avec un de ses fils qui s'appelait Bidjocka Jacques auquel vous vous referez. Qouiqu'il en soit je crois que l'histoire mérite d'être écrit afin de servir de leçon aux générations suivantes, d'inspirer certains et m^me de prévénir des tragédies.
Toutefois je m'excuse au nom de ma famille du mal qu'elle a pu fairre subir aux autres, quoique nous en ayions payé un lourd tribut.
Bien des choses
 
 
#1 14-11-2010 09:37
ce genre d'eloges ne mérite pas d'etre mis à la disposition du public ne serait ce que pour le respect des familles dont la fameux bijocka a exterminé les siens. vous avez oublié de mentionner que ce meme Bijocka tuait sans pareil. combien de gens; de dignes fils Bassa'a il a noyé? faites encore les recherches bien. bonne compréhension.
 

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