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Les clubs sportifs BBM au Cameroun: “Ngadba i biyik bi boda’a” ?

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Le paysage sportif camerounais ces dernières années, est marqué par une absence criarde des équipes historiques de la région Bassa’a-Bati-Mpo’o.  En ce qui est de la discipline reine, des

équipes qui ont autrefois fait les beaux jours du sport en général et du football en particulier dans notre aire géographique tendent à s’effacer peu à peu de la mémoire des gens. Quelqu’un pourrait-il me renseigner sur ce que deviennent AS Babimbi, Sphinx d’Edéa, Pouma football Club, Dihep di Nkam...entre autres? Plus inquiétant encore notre Dynamo de nationale, après avoir pendant de longues années assuré une navette entre la première et la deuxième division du championnat national, semble définitivement inscrit aux abonnés-absents du football camerounais. Ses dernières apparitions remontent à une dizaine d’années dans le championnat national d’élite, et un peu moins dans celui de deuxième division. De mémoire de Bassa’a, jamais dans l’histoire du football ce club, créé avant les indépendances et qui est (même disparu!) un des symboles de l’identité BBM n’avait connu une aussi grande période d’absence sur la scène sportive nationale. Ce triste bilan révèle bien un problème de continuité dans la gestion de nos clubs. Pourtant la nécessité d’avoir les clubs BBM se justifie à plusieurs niveaux dans la mesure où, avec leur disparition disparait ainsi l’un des boosters de notre identité régionale, un moyen de mobilité sociale pour de nombreux jeunes BBM et plus ou moins un pilier de l’économie régionale.

 

Dans un article de Ndjebet Massoussi paru dans le messager[1] le mythique président de notre mythique dynamo, parlant de la gestion des clubs de football pendant les années de gloire des Nkongmondo Boys affirmait :  «A notre époque, c’était une question d’honneur et de l’image de marque de la tribu parce que les équipes s’identifiaient aux tribus et aux régions...». En effet, Dynamo de Douala et toutes ces équipes BBM ont participé à la construction d’une certaine identité BBM. La vie du club se faisait ressentir dans tous les aspects de la vie des populations. À chaque match à domicile, l’effervescence était palpable dès la veille dans les quartiers bassa’a tels que Neu-Bell, Cité SIC, Ndog Bati, Nkongmondo et autres. J’avais à peine cinq ans lorsque mon père m’amena au stade de la réunification pour la première fois voir un match de Dynamo, et comme mon père, plusieurs parents habituaient très tôt leurs enfants à l’amour... j’allais dire au culte de Dynamo car c’était un vrai culte que les BBM vouaient à leur club[2]. Les nombreuses victoires consécutives n’ont fait que renforcer le sentiment d’appartenance des populations à leurs clubs, soudant ainsi une identité commune entre fils et filles BBM. Ceci d’autant plus que lors du découpage administratif du Cameroun les populations BBM n’ont pas été rassemblées au sein d’une seule et même région adminsrative. Pire, le territoire s’est retrouvé à chéval entre trois régions adminstratives (Littoral, Centre et Sud, ajoutté à cela des populations bassa’a qui se trouvent du côté de la région du Sud West). Il est clair qu’un tel découpage n’était pas favorable à un rassemblement spatiale des populations qui aurait abouti à la promotion d’une identité BBM à l’echelle régionale. Dynamo s’est donc revelé comme un élément féderateur qui a reussi le paris de toujours rassembler l’ensemble des fils et filles BBM autour d’un objectif commun, autour de leur club. Aujourd’hui l’image des BBM au Cameroun tire quelques éléments de ce passé glorieux de la dynamo.

 

A équipe mythique, joueurs mythiques également: qui ne se souvient plus des noms tels que Sinkot alias Ndjasso i Bassa’a ou Tchobang «Tchotcho» de regrettée mémoire? En tout cas ceux de ma génération ne sont pas encore prèts à oublier ces joueurs dont le charisme débordait largement le cadre du terrain de football et auxquels de nombreux jeunes footballeurs en herbe voulaient s’identifier. Des joueurs qui, malgré leur statut de stars nationales et internationales sont toujours restés accessibles pour tous. Ce fut peut-être l’époque où les Humers aux vitres fumées n’étaient pas encore à la mode, mais Cette proximité de nos héros a profité à certains jeunes. En effet, nombreux sont ceux qui, entre autre avec les conseils et encadrement de nos héros, ont réussi les carrières internationales et par voie de conséquence amélioré leur statut et celui de leurs proches.

Aujourd’hui le peuple Bassa’a-Bati-Mpo’o est très fier de ses enfants tels Eto’o, Boumtje-Boumtje,[3] Tega,[4] Ngo Nkot[5] et bien d’autres encore qui sont arrivés au soumet de leurs arts  respectifs. Mais la désormais longue absence des clubs BBM au sommet du paysage sportif national, ces écuries locales qui produisaient des talents, qui partageaient autrefois de la liesse chez les fils et filles BBM, laisse un vide que l’on ne saurait ignorer. Plus cette absence se prolonge, plus on s’installe dans une posture nostalgique, telle cette veuve femme dans l’imagerie populaire bassa’a, qui ne vit que dans le passé. Un passé qui fut meublé par les exploits de son défunt époux et dont elle ne cesse de s’en ressasser.

 

 


[1] http://www.wagne.net/messager/messager/1400/pmbous.htm

[2] Voir l’article de Manmut http://www.litenlibassa.com/index.php/gen/chr/75-dynamo-de-douala-ou-lechec-dune-religion-mal-fondee.html

[3] Boumtje-Boumtje est un basketteur professionnel né à Edéa, premier camerounais à avoir été drafté par une équipe de la NBA en 2001et champion d'Allemagne en 2008.

[4] Tega est un coureur cycliste. Vainqueur en 2004 et deuxième en 2011.

[5] Ngo Nkot est une joueuse de volley-ball qui évolue en France.

 

Commentaires  

 
#1 Keshi 04-05-2011 15:18
j'ai lu avec bocou de plaisir et de satisfaction votre article riche en idées .
personnellement , et loin de vouloir parler de votre article, je profite de cette tribune pour dire félicitations aux BBM du monde entier car c'est aujourd'hui ke je découvre ce site même si j'en avais déjà entendu parler
J'en suis fier et bon courage .
 

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