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Rencontre avec René Brier Koo Bahanack

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Certains jeunes abandonnent l’école et se plongent corps et âmes dans le sport, se disant qu’ils veulent devenir Samuel ETO’O en deux jours et avoir beaucoup d’argent. D’autres par contre participent et donnent leurs points de vue sur les améliorations à apporter dans la gestion de la question sportive de la ville.

 

LLB : Bonjour Brier. Merci de te présenter à nos internautes.

RBBK : Je suis René Brier BAHANAG KOO, fils de KOO BAKILIS Gilbert et de NGO GOUEM Hélène, je suis originaire du département de la SANAGA MARITIME, dans la région du littoral du Cameroun, plus précisément du village NIÑJE (NDÔG GWEK), dans l’arrondissement de NDOM , BABIMBI III. Je suis né le 10 Août 1980 à EDEA, titulaire d’un DESS en Fiscalité Appliquée. J’ai aussi au cours de mes formations académiques été président d’une association dénommée VIP (Etudiants Volontaires Innovateurs et performants). Aujourd’hui, je suis stagiaire chez VA TECH HYDRO SUISSE SA Succursale au Cameroun. Je pratique le Volley-ball depuis près de huit ans aujourd’hui, ou j’ai gagné pas mal de titre sur le plan national, et participé à plusieurs compétitions internationales notamment au NIGER, en LYBIE, EGYPTE, TUNISIE, MAROC, BAHREIN, ALGERIE etc.

 

LLB : Tu es né et as grandi à d’Edéa. Comment d’après-toi, la gestion du sport a-t-elle évoluée dans cette ville, de ton enfance à nos jours ?

RBBK : La gestion du sport dans cette ville évolue de façon décroissante. À l’époque nous avions une génération qui aimait beaucoup le sport et des ainés qui nous boostaient et nous encadraient au quotidien dans nos études. Mais au jour d’aujourd’hui la nouvelle génération de jeunes se plonge dans une déperdition morale très avancée. Ils se plaisent dans des tabous et pensent qu’ils n’ont pas besoin de conseils. De plus le suivi au niveau des instances en charges des questions sportives est encore à l’état embryonnaire. C’est d’ailleurs ce qui aurait poussé le gouvernement camerounais à travers son ministère des sports à mettre sur pied un conseil d’éthique et les états généraux du sport, pour rentrer dans la formation à la base, et permettre de rehausser le niveau du sport sur toute l’étendue du territoire national. Nous saluons cette initiative car elle commence à produire des résultats.

 

LLB : Pourrais-tu citer des noms de jeunes issus d’Edéa dont le sport aurait changé la vie ?

RBBK : Pour ce qui est des jeunes je pense pour des raisons personnelles ne pas avoir qualité à les citer nommément. Mais il existe une pléthore de jeunes et pour certains leur niveau de vie s’est nettement amélioré. Pour d’autres c’est toujours le statu quo. La majorité pratique le football,  le reste par contre pratique d'autres sports, par exemple : le handball, le volley-ball, le basketball, le karaté, le rugby, etc.

 

LLB : Saurais-tu dire de quelle manière le sport et l’actualité sportive influencent les jeunes de ta ville ?

RBBK : Je dirais d’une façon positive pour certains et négative pour d’autres. Pourquoi ? Bien parce certains jeunes abandonnent l’école et se plongent corps et âmes dans le sport, se disant qu’ils veulent devenir Samuel ETO’O en deux jours et avoir beaucoup d’argent. D’autres par contre participent et donnent leurs points de vue sur les améliorations à apporter dans la gestion de la question sportive de la ville. C’est au moins là l’aspect positif de la chose.

 

LLB : Quand on regarde l’infrastructure sportive de la ville d’Édéa, on constate par exemple l’état de vétusté de l’unique stade municipal de la ville, chef lieu d’un département. As-tu le sentiment qu’aujourd’hui le sport soit une priorité pour ceux qui gèrent ce département ?

RBBK : Pas vraiment comme tu viens de le dire, s’ils s’y intéressaient vraiment nos infrastructures ne seraient pas vétustes dont il y a lieu de voir d’où provient le mal soit du gouvernement, soit des personnes en charge du sport.

LLB : Il est courant de voir les élites et des ressortissants résidant à l’étranger participer au développement de leur ville. Qu’en est-il pour Édéa ?

RBBK : De telles initiatives n’ont pas encore vraiment vu le jour dans notre ville, à ma connaissance.

LLB : Tu as été ou es aussi actif dans la vie associative. Des initiatives en faveur du sport ont-elles été prises dans ce domaine ?

RBBK : Pour la petite histoire je fus très actif dans une association de quartier il y a 10 ans. Je venais alors d’obtenir mon Baccalauréat et je m’inscrivais à l’université pour ma 1ère année. Nous étions (par ce que je n’étais seul dans ce cas là) considérés comme des personnes ressources. Mais cette association a été dissoute à cause de la mauvaise gérance des personnes à qui était confiée cette charge. Comme pour dire des initiatives dans le domaine associatif sont nombreuses, mais elles n’atteignent pas toujours leurs objectifs à causes des mentalités rétrogrades des uns et des autres.

LLB : Dans quelles disciplines, pourrait-on aujourd’hui affirmer que la ville d’Édéa ou le département de la Sanaga Maritime hissent haut leurs couleurs ?

RBBK : Volley-ball, j’en suis la preuve. Le handball parce que j’en connais qui y sont aussi internationaux comme moi. Le cyclisme car là aussi il y a des internationaux et enfin, le football où on compte le plus de sportifs et d’internationaux naturellement.

LLB : Comment es-tu toi-même arrivé dans le volley Ball ? Peut-on savoir, comment tu y as évolué ?

RBBK : A l’époque je jouais au basket, puis je me suis reconverti au football et de là un matin quelqu’un dont je tairai le nom parce qu’il aime bien être discret m’a déniché et m’a dit : "je ferai de toi un champion". J’en suis fière et lui aussi car c’est après ces années de dur labeur que l’on voit le fruit du travail.

LLB : Parallèlement à ta carrière sportive à l’internationale, tu poursuivais tes études. Comment es-tu parvenu à gérer les deux avec succès ?

RBBK : C’était vraiment difficile, mais j’ai toujours accordé de la priorité à l’école. Dans les clubs où je suis passé, c’était la condition sine qua none. Aujourd’hui je postule pour une admission en thèse de doctorat d’état et si je suis retenu, je compte continuer dans le même sens.

LLB : Est-ce grâce au sport que tu as finalement pu financer tes études dans une université privé ?

RBBK : Oui sans le sport je ne sais même pas ce que je serais devenu aujourd’hui car le sport c’est ma vie

LLB : Comment envisages-tu ton avenir ?

RBBK : Pour l’instant je pense orienter ma carrière vers mon domaine de formation académique tout en restant actif sur le plan sportif et associatif sur lequel je ne peux me prononcer pour le moment.

LLB : Si l’on te donnait aujourd’hui, la responsabilité du management du sport dans ta ville natale, que ferais-tu pour changer les choses ?

RBBK : Je mettrais sur pied une campagne de sensibilisation des mécènes pour pouvoir doter la ville en infrastructures. Je sensibiliserais aussi les pouvoirs publics afin qu'elles nous aident dans ce sens là. Pour les jeunes, je mettrais sur pieds des programmes sportifs qui cadreraient avec le programme scolaire, leur permettant ainsi d’affiner les deux disciplines (sport et études).

LLB : J'aimerais que tu partages avec nos internautes, un proverbe en langue basaa

RBBK : "U yé u bana libadô, ndi u somb hayan" : c’est quand on a l’étoffe qu’on songe à acheter le fer à repasser. Comme pour dire que sans moyen on ne peut pas rehausser l’image du sport dans notre ville.

LLB : Merci Brier

Merci à toi aussi Lama et courage pour ta campagne, elle est très intéressante.

 

Commentaires  

 
#4 jeny 16-05-2011 17:02
Yo Brier ! Ramène le nous, ce doctorat. Et continues de briller dans tout ce qui tu fais et de faire briller tout ce que tu touche.
 
 
#3 16-05-2011 16:03
bahanag brier ko'o alias le moresmo fût président du vip only autrefois lorsq j'occupais le poste de TPG, beaucoup d'admiration pour lui car très déterminé à la reussite.
courage bro le Sgr est au contrôle
 
 
#2 16-05-2011 14:23
J'aime beaucoup cette interview. Bravo, Brier pour ton parcours sans tâche. Aux bon vieux souvenirs du collège, tu rappelles qu'il existe encore des gens qui ont des valeurs. Bien dans nos coeurs. Merci Lama de nous dénicher ces trésors. Très intéressant sujet.
 
 
#1 16-05-2011 09:53
un exemple pour beaucoup !
 

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