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Boumnyébel, village d’affaires du Nyong et kellé

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boumyebel210 heures, les commerçants venant de plusieurs villages du pays BASSA tels que Eséka, Omog, Mbanda, Maguida, Makaï, Bot Makak arrivent et achalandent leurs étals de fruits. Prunes, oranges, mandarines, ananas, noix de coco se concentrent sur quelques mètres.

Boum Nyebel est un grand carrefour pour plusieurs villages BASSA. Il est situé sur l'axe Yaoundé -Douala, à 38 kilomètres d'Eséka, le chef–lieu du département du Nyong et Kellé et à 16 kilomètres de Ngog Mapubi, son chef-lieu d'arrondissement. Boum Nyebel abrite près de 2 000 personnes dont plusieurs commerçants originaires de l'Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun. Mais, ce petit village en dehors de son péage est un pôle économique à ne pas négliger.

boumyebelS'il y'a quelque chose sur l'axe Yaoundé-Douala qui annonce au voyageur qu'il est à Boum Nyebel, c'est le gésier qui est chanté par les commerçants. Téméraires, ils n'hésitent pas à entrer dans le bus pour servir chaudes aux clients, leurs célèbres brochettes.

Ne vous trompez pas. Boum Nyebel n'a pas une marque déposée de gésier, ni un grand abattoir. Ici, le roi de ce commerce est DOMCHE. Il recrute plusieurs vendeurs à la criée pour aguicher les clients dans les bus. Il achète «ces gésiers de poulet» dit-il, à Douala au prix de 2 500 à 3000 FCFA le kilogramme et les conservent dans les congélateurs à Boum Nyebel.

Témoin les autres commerçants, il est le meilleur dans cette activité car il en est aussi le pionnier. « Je suis arrivé dans ce village en 1991. Je vendais le poulet braisé mais je me suis lancé dans le gésier parce que ça passait vite et c'était plus rentable. Un gésier donne 5 brochettes. Par jour, j'en écoule en moyenne 2 kilogrammes » confie -t-il.

Mandarines, citrons, pamplemousses, mangues, noix de coco, proviennent de plusieurs villages BASSA de la localité. Mais Caroline Eyock confie que dans ce marché, on retrouve aussi des oranges, ananas et prunes provenant d'ailleurs. «Actuellement, nous ne récoltons pas encore les mandarines et les oranges. Pour ne pas en manquer dans nos étalages, nous achetons celles qui proviennent de Makenene et du Nigéria. Actuellement, nous vendons par exemple 15 grosses mandarines à 1500 – 2 000 FCFA mais lorsque c'est la saison dans nos villages, nous les vendons à 1000 FCFA. »

Les noix de coco proviennent des villages environnants de BOUM NYEBEL et de Campo (dans le Sud-Cameroun.) D'ailleurs, on peut voir en se baladant dans les quartiers du village, à Ngog Mapubi et à Makaï, un ou plusieurs cocotiers dressés. Les mangues sont exclusivement celles des villages environnants.

Boumnyebel est un grand lieu d'approvisionnement de banane plantains dans le Centre. Cette culture est prépondérante dans plusieurs villages du Nyong et Kellé. Joseph Bayeglé est un vendeur grossiste de banane plantains. Il fait cette activité depuis 4 ans. « Chaque dimanche, je passe ma commande dans les villages environnants » dit-il. Il ajoute: « Dans les villages, j'achète le régime à 1500 FCFA quand c'est rare, à 1300 FCFA quand c'est abondant. Je le revends à 2 000 – 2 500 FCFA en période de rareté et à 1 800 FCFA, en période d'abondance. »

boumyebel3Ses principaux clients sont des commerçants gabonais ou des commerçants camerounais qui vont revendre ces bananes plantains au Gabon et au marché d'Abang Minko'o (frontière avec le Gabon.)

Spécialité n°4: l'OKok, l'or vert de la localité

Poussant encore sauvagément dans les forêts des pays Bassa, ces petites feuilles sont une perle recherchée par les commerçants venant du Nigéria et d'autres régions du Cameroun.

Des ballots d'okok sont régulièrement collectés auprès des populations par les détaillants localisés à Boum Nyebel, et chargé dans des camions, principalement à destination du Nigéria. Paul Mgani, originaire du Nord-Ouest en a fait son activité principale. Vendeur de brochettes de gésier à son arrivée, il est aujourd'hui vendeur d'Okok.

Chaque semaine, il envoie des motos et des voitures dans les villages environnants (Mbanda, Maguida, Eséka, Makaï, NGog Mapubi, etc) collecter les paquets d'Okok auprès des populations qui les cueillent en brousse. « Je m'entends avec le chef de chaque village pour cueillir les feuilles dans les forêts. Lorsqu'il y a beaucoup d'okok, les prix sont bas. Un ballot peut contenir 75 petits paquets que je vends à 700 FCFA l'unité» confie-t-il avant d'ajouter: «Les Camions viennent faire le ramassage de l'okok chaque lundi, mercredi et samedi pour les envoyer au Nigéria par Idenau (frontière.) Les «bayam sellam» viennent aussi de Douala et Yaoundé se ravitailler.»

 

En période d'abondance, les populations vendent le paquet d'okok à 400 FCFA et en période de rareté, à 700-800 FCFA. « Je vais dans chaque village où je fais des dépôts à 100 000 FCFA pour réserver mes ballots auprès des populations. J'envoie les voitures les chercher le jour du marché de l'okok » indique Paul Mgani. Il précise ensuite: «Il est nécessaire de réserver ses paquets dans les villages parce que les propriétaires des camions vont déjà en brousse négocier directement avec les villageois.»

Bien que les affaires tournent à merveille à BoumNyebel, les commerçants dient ressentir la ménace du marché de Pouma, village voisin, qui prend de l'ampleur et devient jour après jour l'arrêt «obligatoire» des voyageurs.

 

Valery Ngo

Sourece : http://neoindependance.canalblog.com

 

 

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