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Chefferie(traditionnelle) et le Mbombog: pourquoi les Basaa ne respectent pas les Chefs (traditionnels)?

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Pour comprendre l'attitude des fils de Ngog à l'egard de ceux qui sont pompeusement appelés chefs traditionnels dans nos villages alors qu'ils ne sont détenteurs d'aucun pouvoir traditionnel, il faut rentrer dans l'origine de la chefferie au pays Basaa. De prime abord il faut reconnaitre que l'organisation de la société' chez les Basaa ne connait pas la chefferie.

Celui qui gouverne chez les Basaa c'est le Mbombog. Lorsque les colons allemands sont arrivés au Cameroun et particulièrement au pays Basaa à Duala, ils ont rencontré l'hostilité' des patriarches qui n'admettaient aucune transfiguration des traditions Basaa. Face à cette hostilité', les colons allemands vont contourner l'autorité' et la résistance des patriarches qui ne voulaient pas trahir leur peuple, en créant une autorité' fantoche avec généralement les groupes qui étaient des sujets de patriarches. Ces valets et traitres au service des colons, vont devenir des chefs: c'est l'origine de la chefferie au pays Basaa. Ce sont les allemands qui ont crée les premières chefferies au pays Basaa. Comme vous pouvez le constater, il n ya aucune assise traditionnelle dans la création de cette structure. Autrement dit c'est par abus de langage qu'on parle de chefferie traditionnelle au pays Basaa. Il s'agit en fait des auxiliaires d'administration. Certes il y a eu des exceptions comme Mayi-Matip qui était à la fois Mbombog et Chef...

 

Comme on peut le constater, le Basaa, à travers le refus de la reconnaissance de l'autorité du Chef(traditionnel), marque sa contestation de cette imposture de génération en génération. Et comme en plus de cela le valet du colon s'habille comme son maitre, la contestation gagne son ampleur. Les bamilékés ont pu résoudre ce problème dans leur contexte par le biais de l'encadrement des chefs.

 

Le chef traditionnel bamiléké est encadre' par un collège de neufs notables qui détiennent le pouvoir mystique qui donne au chef, une assise traditionnelle. Ce sont ces neufs maitres mystiques(gardiens de la tradition) qui règnent à travers le chef et qui ont le devoir de le tuer si jamais il trahit son peuple ou qu'il ne perpétue pas les valeurs traditionnelles dans la gestion de son pouvoir. Que peuvent faire les Basaa a' propos?

 

Le contexte Basaa est complexe car chaque président de comité de base du parti au pouvoir est un chef (traditionnel):(sa majesté). On va jusqu'a' créer les chefferies pour trois cases. Au-delà de ce désordre l'intégration de la chefferie dans la société Basaa est-une évidence aujourd'hui. Voila' pourquoi il importe de trouver une solution susceptible de donner une assise traditionnelle a' cette entité.

 

Dans cette perspective, j'ai toujours proposé que la solution vienne de la détention du mbog par le chef. Un chef doit être Mbombog pour être respecté au pays Basaa. Comment cela doit se passer ? Lorsqu'un village doit designer son chef, il faut tout d'abord que le futur chef vienne d'une famille (mum mbog), c'est-à-dire une lignée du Mbog. On désignera alors celui qui doit être Mbombog dans cette famille comme chef du village. C'est seulement dans ces conditions que le chef peut avoir une assise traditionnelle et non plus tirer son autorité de la présence du gendarme. Au pays Basaa, le chef ne peut être chef traditionnel et respecté de tous que s'il a l'autorité du Mbog et cesse d'être un agent de renseignement au service de l'administration.

 

Durant la lutte pour l'Indépendance, les chefferies étaient parfois considérées comme les premiers postes de commandement du colon. C'étaient les camps de concentration où on torturait les populations, arrachait les biens des combattants de la Liberté. Aujourd'hui encore on voit les chefferies se transformer en des laboratoires de fraude électorale et de pillage systématique des biens des populations. Combien de chefs n'a-t-on pas vu collaborer avec certaines autorités pour détourner l'argent destiné à la construction d'une salle de clase ou d'une adduction d'eau dans nos villages?

 

Jaloux de leur liberté et de leur fierté les Basaa n'intègrent pas cette imposture dans leur représentation de l'Autorité.

 

Hemle Kunde Bapooh Lipot

 


Commentaires  

 
#14 03-11-2011 14:24
Je remercie infiniment l'orateur de cet article qui décline l'exactitude de ce problème. Merci également à celui qui propose que le la désignation d'un chef dit traditionnel doit passer par un rituel du Mbog. Je précise seulement que la chefferie traditionnelle est à l'image de notre pays... C'est à dire à l'image de la corruption. Corruption intellectuelle, morale spirituelle et j'en passe. Même les ba mbombog aujourd'hui sont en majorité à cette image. Respecter les chefs traditionnels chez nous c'est être complice des maux qui minent le pays. Pour moi, chef et certains Mbombog sont tous pareils. c'est notre manière moderne de vivre notre démocratie. Drôle n'est-ce pas???Ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent, mais leurs applications est un combat perdu d'avance. Mais un jour viendra où le peuple basa'a mpô bati se reveillera
 
 
#13 29-10-2011 22:17
Salut sak bayémi,
Assez convaincant et assez bien dit. Plus rien à ajouter sauf qu'il faut donc proposer un projet qui soit cohérent, pertinent et réaliste.
 
 
#12 18-10-2011 14:08
@ Francis Bidjocka
Salut frère ! J’aimerais tout d’abord dire que je suis heureux de te lire à nouveau. Il serait bien que tu te rappelles plus souvent de te connecter à ce merveilleux site dédié à notre peuple, de manière à nous enrichir mutuellement d’idées diverses et nouvelles et ainsi mieux nous armer face aux défis qui sont les nôtres à divers degrés. Parce que « Yi i ngi kônde i ntek bé mal », et aussi « wada a nkol mbada, ibaa a nkol nhôôlak ».
Nous autres, considérons que nous existons parce qu’avant nous d’autres ont existé et nous ont transmis le flambeau de la vie et de sa matrice : le MBOK, source de toute chose. S’attaquer au MBOK, c’est s’attaquer plus qu’à nous. C’est s’en prendre à tous ceux qui nous ont précédés, qui sont avec nous et qui viendront après nous. Nous avons de droit, non, le devoir de défendre et de protéger toutes ces vies. C’est peut-être cela la rébellion dont tu parles, mais que faire d’autre ? Pourquoi devons-nous abandonner ce que nous avons de plus cher sans broncher ? Il s’agit là d’une question existentielle mon cher Bidjocka. Les Basaa se battent parce qu’ils savent trop bien que perdre ce combat là c’est perdre la vie. C’est aussi simple que ça : pas de MBOK, pas de Basaa !
Je ne m’accroche pas au MBOK par fantaisie ou étroitesse d’esprit. Moi, et certainement beaucoup parmi mon peuple Bassa, savent trop bien que nous n’avons pas d’autre choix que de nous accrocher à la vie. Tu sais bien que « Libéé li nyuñ, to ligwéé pos, u nyuñuk ndigi ».
Nous ne sommes ni Allemands, ni Français, ni Anglais, ni aucun autre peuple. Di yé bon ba Basaa. Nous sommes des Basaa. « Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer », voilà un principe bien étranger aux Basaa. Ce modèle a lui-même montré ses limites : n’oublie pas que tous ces pays occidentaux disposent de parlements et de systèmes judiciaires aussi puissants que les « Führer » dont tu parles (USA, France, etc.). C’est dire que même là-bas le pouvoir n’appartient pas à un seul. Depuis fort longtemps, nous avons refusé le pouvoir entre les mains d’un seul individu au sein de notre nation, celles des Bassa-Mpôô-Bati. Chez nous, le pouvoir est collégial. Un Mbombok, aussi élevé dans la hiérarchie du pouvoir soit-il, se réfère obligatoirement au collège des Bambombok quand il faut statuer sur les affaires du peuple.
Le fond du problème. Mbombok est choisi par le peuple (Basaa-Mpôô-Bati) qu’il sert loyalement et auquel il rend des comptes le cas échéant. Le chef version coloniale rend compte au Colon ou à son successeur l’administratio n qui le choisit et dont il est d’ailleurs l’auxiliaire. La seule voie d’accès au Mbok est l’approbation par les siens (lignage et peuple Basaa-Mpôô-Bati) et personne d’autre. Rétablissons la vérité, puisque tel est également ton souhait. Le désordre qu’on observe aujourd’hui, ce sont les Colons et leurs suppôts ici qui l’ont créé. Aujourd’hui les occidentalistes ne savent plus où donner de la tête. Parce que tous ont ignoré le Mbok dans toute sa ténacité. La vérité est que le Mbok ne s’accommode pas d’un pouvoir qui ne sert pas le peuple Basaa. Il n’ya pas de greffe à faire. Même pour des lingots d’or, cela ne se pourra. Cela ne doit et ne peut travestir le Mbok Basaa-Mpôô-Bati. « Ba ntjilil bé Mbok dikét di péé ». Ou on est Mbombok et on se réfère aux ancêtres et au peuple qui nous choisissent et nous rendent efficaces, ou on est « chef traditionnel » et on se réfère à ses maîtres extérieurs au peuple et on est inefficace parmi les Basaa.
Cependant. « Nkwaada : tonjee ; lisaa : tonjee ; ibok : Bambombok ». Je crois que tous les représentants légitimes de notre identité peuvent l’affirmer : chaque chose a une place. Que les suppôts de l’administratio n fassent leur travail. Toutefois, nous devons nous assurer que ceux-ci servent effectivement les fils de chez nous. A ce sujet, je propose qu’au moment de leur désignation, on les soumette à des rites publics dans lesquels ils s’engagent à ne pas trahir les leurs faute de quoi ils paieront de leur vie. Mais que l’on ne les introduise surtout pas dans le Mbok, car ils sont destinés en premier à servir un maître dont les intérêts peuvent diverger des nôtres. De plus ce maître peut être très dangereux. Nous savons que « njéé i niiga bé yôï mabo ».
 
 
#11 17-10-2011 20:43
Salut,
désolé d'avoir mis si longtemps à réagir, il m'arrive d'oublier de me connecter sur le site. Je suis un descendant du tout premier chef bassa mpo'o bati qui a inauguré la chefferie dans sa forme actuelle. A ce titre et dans le dynamique de l'organisation des festivités du centenaire de son intronisation, je me dois, à la lumière de recherches exactes, de rétablir une certaine vérité. Le colon allemand à essayer de fonctionner avec le type de gouvernance des mbombogs et ensuite de ce que l'on aura appelé la chefferie des familles. C'est de la complexité des mécanismes de cette administration qui les a amené à en proposer une autre dans le pur style allemand c'est à dire: Ein volk, eine reich, ein führer (un peuple, un empire, un chef). J'invite tous au débat que nos organisons qui est de savoir quelle chefferie voulons nous pour un véritable développement. Il s'agit surtout de ne pas être inerte face aux mutations qui affectent notre société.
Nous avons de vrais problèmes nous les bassa, on se fait distancer dans tous les domaines et nous sommes fiers d'êtres rebelles, mais rebelles à quoi, contre qui et surtout pourquoi et pour qui?
A bientôt
 
 
#10 10-10-2011 00:44
Cher Francis Elokan,
Je suis désolé de vous avoir obligé à dévoiler une certaine partie de votre vie. Et je vous comprends mieux à présent. Vous avez fait le bon choix de vous intéresser à la culture de vos origines: perséverez. Oubliez ma charge première.

Pour votre édification, il serait utile que l'administration de LLB mette à votre disposition les contributions de certains auteurs de ce site ainsi que interviews de certains Bambombog.
 
 
#9 09-10-2011 22:27
Cher frère Njel Lon, je suis abasourdi par la violence inouïe de vos propos contre moi!!! Je suis un jeune homme qui découvre ce site et qui a dû louper quelques wagons d'un train qui a continué d'avancer sans attendre les retardataires, et il est normal qu'il en soit ainsi. Il n'y a donc pas d'irrespect, mais une ignorance. Alors que j'ai toujours vécu en France, J'ai rencontré mes parents biologiques il n'y a pas très longtemps au Cameroun, ayant été adopté par une famille française alors que j'avais environs 18 mois, m'a-t-on dit. Tout ce que je sais de mes origines et de ma culture d'origine est le résultat de mes propres recherches car mon environnement immédiat n'était pas très propice à une ouverture culturelle vers l'Afrique. Je suis désolé de devoir développer un pan de ma vie privée ici mais je m'en suis senti contraint par cet étrange assaut du frère Njel Lon contre moi. Quant à ce que vous appelez avec mépris les "Rejetons des chefferies illégitimes dans la société bassa pure", vous devriez sans doute expliquer ce que vous entendez par là et qui vous visez précisément, car je ne me sens nullement concerné par cela, et je ne crois pas être moins bassa que vous, même si je n'en connais pas encore la langue; je suis ce que je suis, et nul ne peut m'éjecter de ma communauté, pas plus vous qu'un autre. Depuis que je me suis découvert Camerounais, mais bassa en particulier, j'ai trouvé une véritable motivation et une raison d'espérer à me doter d'un équilibre psychologique qui m'a fait défaut jusqu'ici. Puisque vous me donnez tant de conseils et croyez déceler tant de choses dans ce que j'ai écrit, permettez moi de dire, de mon coté, que je crois déceler dans votre attitude beaucoup d'aigreurs et de frustrations contre des gens que vous ne nommez pas, et une envie apparente d'en découdre avec ceux dont vous voulez délivrer un certificat d'illégitimité à la société bassa. Votre attitude, malgré mon envie énorme d'absorber tout ce qui serait de nature à me rapprocher des miens, me donne plutôt, à chaud, envie de fuir ce site, si c'est pour faire ce genre de rencontre où manifestement la haine a semblé présente sur chaque ligne de votre post. Je vous demande donc pardon de m’intéresser aux miens et de poser des questions.

Fraternellement !
F. Elokan-Berthier
 
 
#8 09-10-2011 16:12
@_Francis Elokan,
Demander que l'on vous explique ce que serait le Mbog et son "sens profond", c'est nous ramener très en arrière sur les débats qui ont déjà eu lieu à ce sujet sur LLB. Mr PEM et bien d'autres nous ont suffisamment édifier à ce sujet. Demander simplement au webmaster s'il veut bien publier à nouveau certains articles pertinents relatifs à votre quête. Encore que je décèle dans votre demande une pointe d'irrespect pour le Mbog.
Vous affirmez d'autre part que la communauté Basaa à l'origine avait à sa tête une personne qui pourrait "s'appeler chef". Si tel est le cas, dites-nous le nom en Basaa de cette autorité. Car il ne suffit pas de supposer encore faut-il se montrer précis.
Permettez-moi de relever encore une confusion dans votre intervention: affirmer que la société traditionnelle Basaa ne connaît pas la chefferie ne signifie nullement que la société Basaa antique était anarchique. Bien au contraire, l'ordre social était régi par des règles claires et préétablies, avec des institutions pour sanctionner leur inobservation.
Cette incapacité des diplômés africains à percevoir le monde, y compris le leur, autrement que sous le prisme occidental est quand même sidérant. Mais peut-être aussi que certains, rejetons des chefferies illégitimes dans la société Basaa pure se désolent-ils de n'avoir pas des sujets qui travailleraient pour leur plantation et recueilleraient leur crachat dans les paumes de leurs mains pour s'enduire le visage avec. Un conseil: changer de communauté et votre voeu sera exaucé.

@_Madawanatara,
La réponse à la question de la fin de votre intervention réside sans nul doute dans l'aliénation culturelle, dans l'idée erronée que le vainqueur a toujours raison, pour tout.
 
 
#7 Madawanatara 09-10-2011 05:30
Oui voilà pourquoi la confusion règne,on ne peut pas servir deux Chefs à la fois,plusieurs Divinités à la fois car ceci constitue une imposture d'abord morale ensuite sociale et spirituelle.
La résistance vient du fait qu'il y a un conflit entre la Tradition qui est l'Identité d'un Peuple et Les nouvelles conceptions de pensées qui aimerait voir interpreter différemment cette Tradition.
Peut-on vraiment empêcher le cours de l'Histoire?
Si l'Instruction au départ inscrite dans le code génétique du Peuple Bassaa par les Ancêtres et sans cesse rappeler par des génératoons de Mbombog de l'Idée du Sens de l'Organisation dont le symbole est l'Araignée et représenté par la Grotte Ngo Lituba.
Pourquoi les Descendants ne s'Organisent pas ? Pourquoi les Descendants suivent différentes Instructions à la fois ?
 
 
#6 07-10-2011 09:27
Qu'est-ce que le Mbog, quelqu'un peut-il m'en donner la définition et le sens profond, svp? D'autre part, comment peut-on affirmer avec tant de certitude que "l'organisation de la société chez les bassa ne connait pas la chefferie"? de quelle société bassa est-il question, celle antérieure à la rencontre des Européens? mais elle était organisée avec à sa tête un patriarche qu'on peut appeler Chef; ce dernier n'était pas nécessairement un Mbombog, mais ne pouvait en aucune façon ignorer l'importance et le rôle joué par ce dernier dans la société en tant que détenteur des secrets et des forces spirituelles transmises de génération en génération et trait d'union entre le peuple et les ancêtres. Les deux pôles de pouvoirs, sans avoir véritablement les mêmes prérogatives, se complétaient dans une harmonie qui a perduré jusqu'à la rencontre des éléments Européens et la corruption spirituelle et philosophique qui en a découlé. Entendons-nous sur les mots: Quand on parle de chef ou chefferie, il est question d'un homme qui est garant des institutions et des traditions d'un peuple, et autour duquel converge un certain nombre d'éléments de stabilisation et de cohésion sociales; je ne peux croire que le peuple bassa, quoi qu'on en dise, n'a pas été capable de se doter de pareilles institutions, sous prétexte qu'il serait réfractaire à l'ordre et à l'autorité. Nous nous voulons descendants de la brillante civilisation égyptienne, une société bien organisée, bien structurée, et nous aurions perdu toutes les valeurs du berceau de notre civilisation? Je pense que c'est sur ces valeurs bien en place mais qui avaient sans doute des fragilités dont on devra analyser les causes que la colonisation a pu trouver des complicités pour noyauter et corrompre nos chefs, avec l'attrait et la fascination de nouveaux éléments de civilisation inconnus jusqu'ici par nous, comme la bible, l'argent sous sa forme actuelle, l'alcool, la richesse matérielle nouvelle, etc.
Je suis aussi d'accord avec les précédents intervenants quant à la puissance de la parole, donc de l'art oratoire. Dans cet exercice, que de conquêtes réussies ici ou là sans verser une seule goute de sang; que de procès gagnés, que de conquêtes féminines, de promesses non tenues(nous sommes en période électorale); l'art oratoire, lorsqu'il est maitrisé, constitue une arme redoutable entre les mains de celui qui s'en sert le mieux.
 
 
#5 06-10-2011 13:15
@_ Sak Bayémi,

Que c'est bien dit, que c'est bien répondu à Francis bidjocka.
J'ai pensé un moment réagir à son post, mais j'ai bien fait de ne pas le faire, car j'aurrai pas été aussi profond que vous.
Nsañ u ba ni wè ni ndap yòñ.
 
 
#4 06-10-2011 11:40
@ Francis Bidjocka
Je crois que tu ne heurterais pas la sensibilité d'honorables basaa-mpo'o-bati car ils doivent forcément savoir que 'nkwel itabé likoñ'.
Comme tu le dis, nos ancêtres ont été vaincus par des gens qui avaient d'autres sources de puissance qu'il conviendrait d'explorer pour en tirer le meilleur (...). Plus loin tu dis 'aucun peuple ne s'est développé avec l'art oratoire'.
J'aimerais te dire pour ma part que je ne partage pas ton point de vue sur ces questions.
1-C’est la misère et le sous développement qui ont emmenés les blancs chez nous, ce qui veut précisément dire qu’il n y avait rien de bon ou presque chez eux et tout ici : ressources HUMAINES (de très bonne qualité) et matérielles. En d’autres termes ils sont venus pour chercher la subsistance avec comme principale arme non pas le fusil dans un premier temps, mais l’art oratoire, pour négocier avec des gens fiers et libres qui ne vivaient alors que selon leurs us et coutumes de paix et de solidarité.
2-C’est l’art oratoire qui a massivement contribué à aliéner nos peuples à travers une arme redoutable surtout quand elle est entre les mains de gens rusés : la bible. 'Ne résiste pas au méchant' - 'si on te frappe à une joue, tend aussi l’autre'.
3-Si nos ancêtres ont été vaincus, cela signifie forcément qu’ils ont dû résister. Avec quoi penses-tu qu’ils ont résisté ? Avec les armes qui étaient les leurs, i.e leur spiritualité, transmise en grande partie par l’art oratoire, qui les commandait plutôt de défendre 'les tombes de leurs pères'. Certainement était-il trop tard, parce que l’aliénation était déjà très avancée chez parmi les masses qui avaient déjà appris à ne pas résister aux méchants : la division.
4-Si nous avions pris en considération notre art oratoire, nous aurions bien assimilés les préceptes les plus clairs qu’il véhicule : 'yoñ sat u nyi, yon u tôgbege' ; 'hiki mut a nyôl lingen jéé'.
5-Sais-tu pourquoi aujourd’hui nous avons l’air complètement perdus ? C’est parce que nous avons recherché les 'bisat' des autres et nous avons voulu nous abreuver dans leurs 'mangen'. Mais ils nous ont refusé toutes ces choses qui sont les leurs. S’ils reviennent aujourd’hui, comme ils l’ont commencé depuis cette année (côte d’ivoire et libye), poussés une fois de plus par la misère, ils ne rencontreront aucune résistance, grâce aux gens comme toi (p-ê majoritaires) qui tiennent à explorer 'd’autres sources de puissance' : démocratie, libéralisme, etc. Bonjour le règne de l’immoralité.
6-Au plus fort du combat, Um et ses camarades ont tiré le meilleur du MBOK que nous ont légué nos pères et ils ont fait ce qui jamais n’avait été fait ailleurs en Afrique noire francophone : affirmer leur dignité. Ils ont fait confiance à leurs propres 'bisat' et se sont sans cesse inspirés dans leurs meilleures 'mangen'. Même les oppresseurs ont reconnu et continuent de reconnaître la valeur intrinsèque de ces hommes héroïques qui devraient plutôt nous inspirer. Malheureusement , le discours et l’art oratoire de l’envahisseur avaient déjà pourri beaucoup parmi nous, tel le ver dans le fruit.
7-Notre mission aujourd’hui, mon frère Francis Bidjocka, consiste à extirper le ver du fruit par la seule voie possible : le retour au MBOK !
 
 
#3 04-10-2011 17:46
Ah la fameuse résistance des bassa! C'est très bien mais arrêtons de plonger la tête dans les nuages à la recherche d'un glorieux passé qui ne reviendra plus si tant est qu'il fut glorieux. malgré toute la puissance des mbombogs et autres ngué ngué dont je suis aussi descendant force est de constater qu'ils ont été vaincu par quelqu'un qui n'avait pas de chasse mouche mais qui avait d'autres sources de puissance qu'il convient d'explorer pour en tirer le meilleur et ne plus risquer de demeurer des éternels contestataires de tout mais sans action concrète. Comme l'a dit un aîné: "aucun peuple ne s'est développé avec l'art oratoire".

J'epère n'avoir pas heurté la sensibilité des honorables bassa bati mpo'o, j'essaie de me montrer réaliste et stratège.
 
 
#2 01-10-2011 11:48
Le peuple Bassaa est indiscutablemen t louable pour sa resistance.Par votre explication,il est justifiable ie non respect des chefferies struturellement etatiques qui n'ont aucun bapteme traditionnel.Cependant,les Bamilekes auxquels vous vous referez ont su a la fois, fusionner la tradition et l'administration pour constituer une chefferie a la fois en symbiose avec les autorites admistratives et les richesses ancestrale,ce qui n'a presque pas affecte leurs us et coutumes contrairement aux Bassaa dont les coutumes sont en nette deliquescence.Un peuple sans sa culture est un ensemble sans identite,en bref un peuple batard.Pour preserver leur grandeur,les Bassaas devraient reogarniser l'autorite tradionnelle garante du pactole ideologique et culturel.
 
 
#1 29-09-2011 18:59
@_Hemle Kunde Bapooh Lipot
Votre explication sur l'origine de la chefferie en pays Basa'a est juste. Et vous montrez bien que que l ebut de la chefferi est de soumettre la communauté, Basa'a en l'espèce. Or tel tel n'est pas le but du Mbog. Cette dernière institution a pour mission, entre autres, de protéger la communauté. Mission que tout Mbombog authentique devrait remplir. Comment voulez, après ce constat, vouloir à tout pris concilier deux institutions aux logiques antagonistes. Par certains au Cameroun l'ont fait, devons abosument les imiter? N'est-ce pas trahir les ancêtres que de proposer te et de soutenir cette mascarade? Vous semblez appuyer votre proposition aussi par la fait que TH. MAYI MATIP a cumulé les deux qualités. En fin de compte, qui ce dernier a t-il véritablement servi, s'il est vrai qu'il serait le traître qui a livré le Mpodol? Sachez que l'on ne peut servir d'égale manière deux maîtres à la fois.
Réunir en une seule personne le statut de chef "traditionnel" et celui de Mbombog est une imposture.
Vous n'avez pas su tirer les seules conséquences qui découlent naturellement de vos prémisses car vous avez perdu de vos la caractère opposé des buts de l'une et l'autre institution.
 

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