| Ecrit par Boniface Pem,
le 06-11-2009 15:20
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La civilisation peut être considérée comme l’ensemble du système de réponses apportées par un peuple face aux questions qu’il s’est posé au fil de son histoire et comment ses réponses ont modifié la nature en lui et autour de lui.
Notre intention ici est de lancer une série d’articles dont le but sera de montrer qu’il est suicidaire pour le bassa et l’africain en général, de continuer à utiliser des réponses que d’autre peuples ont apportées à des questions qui n’ont rien à voir avec notre histoire. Nous initierons ici avec un examen de la culture que le bassa fait naitre des réponses qu’il apporte face à la rencontre de la lune, de l’air, des étoiles… La lune Celle-ci est en relation avec le cycle des règles chez la femme. L'expression tehe son (voir la lune) signifie avoir des règles. Le Bassa se questionnant sur la lune répond qu’elle joue un rôle propice dans la conception, elle intervient effectivement dans la conception puisqu'en tablant sur la périodicité de ses règles, la femme bassa sait quels sont les moments favorables au travail de génération. L'influence de la lune s'exerce également sur les semences pour le travail des champs. C'est ainsi qu'on ne plante pas les mbolo (famille des tubercules) sous la pleine lune, la récolte sera mauvaise. Et ce n’est pas un fait de hasard si le bassa appelle le mois « son » car il saisit le rythme da temps a travers le mouvement de la lune. Voilà pourquoi notre calendrier est lunaire. Le soleil La lune et la terre sont soumises au soleil, autrement dit, celui-ci est l'élément mâle et celles-là sont les éléments femelles. Leurs actions concomitants fécondent les semences, entretiennent la vie et la croissance de tous les êtres vivants. La chaleur du soleil mesurée intervient dans leur respiration, c'est-à-dire dans leur croissance. L'eau et le feu sont en effet respectivement les éléments femelle et male dont l’accouplement engendre la vie de l'être. Ce jeu de rôle transparait même dans la désignation respective de l’homme comme mutlom (mulom) et de la femme comme mut nwaa ( mudaa ). En effet nwaa c’est l’espace, la terre , lom de lum, qui embrase, c’est le feu. Les étoiles Le temps des cultures et donc de la génération est annoncé par l'apparition de quelques constellations d'étoiles bien déterminées qui inaugurent l'avènement de la saison sèche. Elles s'appellent ngwen hond (le manche de la hache) et bonba nyuù (orphelins). La première est composée de trios étoiles (les trios rois du baudrier d'Orion) et la seconde se compose de plusieurs étoiles groupées très scintillantes et très petites à l'œil nu (les Pléiades). Au lever de la première, on commence à préparer les manches de hache pour les travaux des champs, en particulier l'abattage des forêts; la seconde symbolise la relation avec le travail qui procure la nourriture aux dépourvus. Les orphelins sont ceux qui manquent du nécessaire vital, de la nourriture. Ces étoiles annoncent le temps de la génération des cultures et invitent au travail des champs. Or le temps, dans son absolu est aussi compris comme mbog, l’ordre des choses tel quelles se sont manifestées à travers les générations d’hommes. L'eau et l'air Ils sont les moyens de transport des esprits qui comme tous les autres êtres font partie du mbog, et sont régit eux aussi par les lois mesurées par Hilolombi (l’ancien des temps, le plus ancien), l’ordonnateur du monde, hek. Les esprits sont nantis du pouvoir divin, du pouvoir de génération selon le récit de mbok tel rapporté par J.Mboui, dans Mbog Liaa. Par exemple avant de monter sur une pirogue qui n'a jamais traversé un cours d'eau, le mbombok procédait au rite dit de malédiction. Il conjurait le mauvais sort en demandant aux esprits présents dans l'eau de préserver la vie de ceux qui parcourront les fleuves sur cette pirogue. Après la mort de l'homme, d'autre part, son esprit traverse le fleuve des morts, ndoa, pour rejoindre le royaume des défunts. Quant à l'air, surtout le vent, il constitue également un moyen de transport privilégié des esprits. Le mbombok qui bénit un enfant accompagne ses paroles de la salive ou d'un autre liquide qu'il crache sur son front ou de l'air qu'il insuffle dans ses narines. Il confère ainsi au bénéficiaire l'esprit de vie, l'esprit de génération, l'esprit de la réussite. Le feu Ce que nous disions du soleil s'applique également au feu. Le mbombok célébrait un rite de bénédiction, c'est à-dire d'imploration lorsqu'un fourneau ne brûlait pas, empêchant ainsi la fabrication des armes de chasse et d'outils pour les travaux des champs. Le feu est le symbole même du pouvoir ou de la force transformatrice. Il existe un grade, le second, dans la hiérarchie des chefs initiés de mbok dont l'emblème est le feu. A ce stade, l'initié achève d'acquérir sa connaissance de mbok, il est devenu véritablement mbombok; il est encore du degré inférieur, mais il sait désormais le mbok dont aucun domaine ne lui reste plus secret, le mbok comme pouvoir de génération. Dieu lui-même est qualifié de nyambe, celui qui réchauffe et réveille. Tous ces éléments exposés interviennent dans le processus de la génération des êtres vivants. Bien que nécessaires, ils peuvent également la compromettre; leur manifestation mesurée et favorable à la génération dépend pour chacun d'eux des esprits particuliers, agents de Hilolombi, le Dieu Créateur,(en bassa nous dirons le dieu ordonnateur,hek) le Vieillard. Le feu et le vent (l'air) assimilés au Dieu Créateur sont des éléments males tandis que la terre trouée , ngok lituba (la grotte) d'où sortent les hommes, et l'eau fécondante sont des éléments femelles. Leur interaction et leur accouplement débouchent sur la génération. Si nous retournons ici à notre préoccupation de départ : peut-on bâtir une génération de la vie sur des réponses venues d’ailleurs et constituants une menace pour nous ? Notre réponse est formelle, non !La nature change, les questions aussi donc par voie de conséquences les réponses aussi. Mais ce qui ne change pas c’est l’éternelle volonté du bassa de toujours marcher debout « mbog makwoo ma yie, mbog kwog mbog nyodag ». Voilà donc comment est inscrit au cœur du mbog un code d’adaptation qui permet au ba mbombog de dire lors d’une modification importante de la coutume : « Ces pratiques, ce sont les secrets de mbok qui les ont décidées » . Adaptation ne peut vouloir dire embrasser ce qui te tue, le mbog doit continuer à défendre la vie…mais comment un mbombog qui a peur d’être excommunié peut il défendre la vie, alors qu’il a choisit lui-même le suicide ? |
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Ecrit par PEM
Ecrit par: ngo bakena (Invité) le 10-11-2009 09:30