






| Interview de Ngo Um alias Asta Jimbe , Reine d’Assiko et prêtresse du koo. (Part I) |
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| Dimanche, 28 Février 2010 05:51 |
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Meyéga a ngond yem.
Présentation : Qui est Asta Jimbe ?
La danse semble t’avoir accompagné toute ta vie. A quel moment ta carrière commence t-elle à intéresser le public ? Lors d’une sortie avec Pierre Didi Tchankounté, j’ai rencontré Manu Dibango. Ce dernier m’a demandé d’interprété «Ami oh» de Bébé Manga. Je suis arrivée à l’impressionner, il m’a donc emmené avec lui. Arrivée en Europe j’intègre des groupes de danse ou j’apprends la discipline et la valorisation des costumes. C’est ce qui m’emmène à créer «villageAstamom» pour les jeunes qui dansent, font de la musique, et de la peinture.
Actualité musicale : Beaucoup d’internautes se demandent ce que vous devenez. Pourriez-vous nous renseigner ? Tu peux me tutoyer, tu sais tu es ma fille donc… Je suis entrain d’essayer de promouvoir le titre «Allez les lions». Ce n’est pas évident parce que je produis et fais moi-même la promotion de mes disques. Sinon, aujourd’hui je dois avouer avoir un peu levé le pied de musique et la danse qui aujourd’hui ne nourrit plus son homme !
Pourquoi s’autoproduire? Ne serait-il pas plus simple de travailler avec des maisons de production ? A l’époque où je débutais, pour être artiste il fallait avoir un véritable don. Les journalistes et les maisons de production allaient vers les artistes. A partir de 1995-1997 la situation s’est compliquée. La vente du sexe a pris le dessus et les artistes les plus sollicités sont sont ceux qui répondent à ces nouveaux critères.
De quoi vit donc Asta ? J’ai crée une association dont le but est d’aider des jeunes camerounais de toute origine à développer des dons en rapport avec l’art et la culture camerounaise. Via cette association je propose aussi des cours de danse et des spectacles. J’ai cédé la présidence de «villageAsta» à Mr Ndjock Um Jacques, qui fait un travail formidable. Cela m’a aussi permit de me consacrer à une activité qui me tiens à cœur.
Ah bon ? De quoi s’agit-il ? Tu sembles être une femme aux multiples facettes. Je fais des recherches, je travaille à améliorer un don qui m’a été transmis, et qui me permet d’aider les gens dans le domaine du bien-être. J’ai crée une entreprise ou je propose des services tels que la voyance et des traitements de certains maux.
Parcours : Que fais tu avant ton arrivée dans la musique ? Comme tous les enfants, j’ai eu une évolution normale.
Comment es-tu arrivée dans le milieu de l’Assiko ? Au village, à Mbodjock (ma mère était Dog-béa). J’allais avec ma grand-mère aux veillées. Il y’avait que la lampe, le tam-tam, la sanza. Les deux maitres dans l’art des chansons, instruments et danses à l’époque était Bilong et Bakang Bà Koû. C’est lors de ces viellées que je découvre l’Assiko et le Djing. Puis au cm2 je a rencontre Minkà, Dikoumé, Jean Bikoko et Lânlân et c’est là qu’il fait de moi la «pérâ-pérâ» du groupe. Ensuite j’intègre le groupe Assiko à Elig-Effa chez mama Ngo Yogo.
Quelles difficultés rencontre-t-on dans ce milieu, de façon générale et plus particulièrement en tant que femme ? La difficulté se situerait plus au niveau de la quasi-impossibilité de nos jours à réussir à vivre de notre art. En tant que femme la vie privée peut se compliquer. En effet, beaucoup d’hommes au Cameroun n’acceptent pas le fait que leur femme puisse s’épanouir hors de leur couple. C’est mon avis en tout cas. Carrière : Tu as été connu grâce à tes aventures, premièrement dans l’animation des meetings politiques, ensuite dans l’accompagnement des lions indomptables lors des grandes compétitions. Quel bilan fais tu de ces expériences ? Mes interventions aux meetings politiques n’ont rien à voir avec mes convictions personnelles. Elles sont justes culturelles. La musique est une mission. Et la politique a besoin de culture pour animer les rencontres. Lorsque je suis conviée, je réponds présente et essaie de faire une bonne prestation. Donner la joie et l’espoir est aussi ma mission. Le RDPC ? s’ils peuvent m’aider ce ne serait pas de refus ! Tu as aussi animé des manifestations du Mbog Liaa. Qu’en as tu retenu ? Il faut dissocier le mbog Liaa de la politique. A ce jour là les Mbombok n’ont pas pu s’exprimer. A quoi sert le Mbog Liaa si c’est pour mettre les politiques en avant. Mon souhait est qu’on ressuscite notre Mbog qui s’est endormi ces dernières années. Ce n’est pas le Mbok qui a besoin de la politique mais bien l’inverse.
Y assisterais-tu à nouveau ? Bien-sur ! J’irais parce que je suis un ministre de la culture camerounaise. Est-ce grâce à cela que tu auras finalement l’opportunité de voyager en Europe ? Je suis venue en Europe en croyant comme tout le monde y trouver une vie meilleure. J’ai fantasmé ! Je m’en sors avec un bilan positif parce que cela m’a permis de découvrir d’autres moyens de communication que je pourrais désormais mettre au service de ma culture. Et aussi parce que cela m’a permis de renouer avec moi-même, de me souvenir de qui je suis. Tu affirmes également avoir collaboré avec Stevie Wonder. Dans quel cadre cela a-t-il été réalisé. A Munich, j’étais sa choriste, je l’accompagnais à l’époque je me faisais appeler princesse. Il est allé ensuite à Los Angeles. Nous sommes restés en contact puis j’ai rencontré des problèmes d’ordre privé de femme et le contact a été rompu.
Tu vie actuellement à Paris. Peut-on savoir ce que tu y fais ? Y parviens-tu à vivre uniquement de votre art ? Non, à une certaine époque j’étais obligée de faire des petits boulots comme femme de ménage, agent d’hôpitaux, de cantines d’école. Maintenant je vis avec mon entreprise qui fait de la voyance et de la médecine traditionnelle. Je soigne des maux comme des courbatures, des migraines, etc. Assiko : Quelle observation fais-tu de l’Assiko au jour d’aujourd’hui ? L’assiko est plus connue aujourd’hui grâce aux efforts des artistes. Mais ces derniers ne font pas de recherches, ils n’ont pas améliorés les textes et sont devenus vulgaires. Normalement l’Assiko c’est du griotisme. On raconte une histoire en chanson ! Aujourd’hui c’est devenu de la pornographie.
Ceux de la jeune génération ne cherchent pas à apprendre, ils ne cherchent qu’à évincer. So Yémba venait vers moi, l’on a fait les chœurs de Saga Africa. Les autres préfèrent la concurrence à la collaboration pour l’amélioration de leur art. Moi, à l’époque j’allais vers ceux qui savaient mieux que moi. Quel rapport entretiens-tu avec ces jeunes, et le reste des artistes spécialisés dans l’assiko ? Bayok a été formé par moi. Je m’entends bien avec certains comme Tchuck, un très bon musicien qui a pris le temps d’apprendre. Au pays j’ai de bon rapports avec Mbock Jon et Bayiha. Enfin tout se passe très bien avec le doyen Jean Bikoko, qui d’apres moi est un grand griot, un grand artiste.
L’illustre inventeur de l’assiko … Je ne suis pas d’accord avec le terme «inventeur». L‘Assiko est une danse traditionnelle qui se danse depuis la nuit du temps. Elle a été sortie du village, mis en lumière par celui que tu nomme «l’inventeur». I sii koo : en bas du pied.
Que faire pour la démocratiser plus ? Il faut des promoteurs, des moyens financiers, du travail des musiciens. Les seuls à avoir essayés sont Paul Makon et Bitjocka. Il serait appréciable que les camerounais, mais en particulier les bassa achètent les cd. Que chacun joue son rôle : les promoteurs produisent, les chanteurs créent et les fans achètent. Il y a des bars à château rouge gérés par des bassa ou je ne peux même pas poser des affiches. Faut que le bassa promeuve, respecte et valorise sa culture. Selon toi personne ne le fait ? Si. Moi avec VillageAsta, Jacques Nsumbi Méngué ancien journaliste et écrivain dans le cadre de la FEDABA (Fédération des Associations Babimbi de France) qui a fonde l’ecole de basaa de Paris. Roger BellNoun Monha qui est l’auteur des dictionnaires français-bassa et bassa-francais. L’ambassadeur Lejeune Mbella Mbella qui fait beaucoup et n’hésite pas à faire appel à nous des qu’il y a une manifestation culturelle.
Ou trouvez les albums de Asta…………Safari ambiance ?les morceaux comme yeye, mlom wem ? Chez Aladhi Ndiaye au FCA Rue de Deauville Château rouge. Paris 18e. Village Asta Vous êtes membre d’une association nommé Village Asta. Oui, villageAsta a été créé en 2002 au Cameroun à Mom puis en 2004 en France. Notre but est de faire connaître la culture africaine et l’art camerounais en particulier. Nous assurons l’encadrement des jeunes via l’opération village Mom propre au Cameroun. Ici en France nous formons des danseurs. Nous avons d’ailleurs compté parmi nos élèves, la célèbre Mia Fraye.
Vu ce que nous somme parvenus à faire avec peu de moyens, il y aurait vraiment plus d’opportunités avec plus de contribution de la part de chacun. Actuellement nous récoltons des fonds pour un puits.
Avec qui travailles-tu dans le cadre de ce projet ? Conseil général régional de l’Essonne (91) qui nous soutient et avec qui nous avons un contrat, la corporation décentralisée qui a estimé que nous étions une association d’éducation et de développement. Contact : www.villageasta.fr ; 00 33 892222574 Propos recueillis par Nathalie Assen pour litenlibassa.com
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Commentaires
Serait-ce possible d'avoir le contact mail de cette dame s'il vous plaît ?
Cdlt,
Immagine-toi c´est une femme qui met la vie dún peuple a jours donc ça veut dire que le monde a changer. Mais ne baissons pas les bras .
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